Un rituel funèbre

Posté par leblogdegaudius le 25 mai 2013

C’est fait.

Aujourd’hui, nous avons rendu un dernier hommage à notre frater Henri lors d’un rituel funèbre. Ceux qui l’ont connu et aimé étaient là, les anciens de Valenciennes ou de Lille, les nouveaux, un membre de la famille…  Nous attendons et discutons avant le début de la cérémonie. Puis c’est l’heure et les conversations cessent immédiatement. Nous pouvons enfin entrer dans le temple où nous sommes accueillis par le sourire chaleureux de Frater Henri, et par le maître officiant.En effet, la photo de notre Frater est en bonne place et y restera tout le temps de la cérémonie. Notre frater avait emprunté la voie rosicrucienne il y a des années et il avait fait de la Rose-Croix le symbole de son travail et de son engagement pour l’avancement de l’humanité. Comme nous tous, il pensait que la mort était une étape, un passage, une transition vers le monde  spirituel et à présent, il vivait dans la lumière, dans un éternel présent. Dès lors, pourquoi cette cérémonie aurait-elle été empreinte de tristesse? De l’émotion, bien sûr, mais douce, positive.. Joyeuse? Y a-t-il un terme pour décrire cette émotion, qui vous fait monter les larmes aux yeux mais sans tristesse aucune, cette émotion faite de gratitude, de respect, d’heureux souvenir, qui fait qu’on est heureux pour notre cher disparu de le savoir présent d’une certaine façon, éternellement présent et qu’il nous suffira d’évoquer son souvenir pour qu’il vienne aussitôt? Comment appeler cela? Faut-il d’ailleurs en faire une définition?  Qu’importe, cette émotion laisse ensuite la place à l’apaisement, et en une courte méditation, nous nous harmonisons et nous communions avec son âme, une  âme qui a rejoint les autres et qui a fusionné avec la Grande Ame Universelle. Ou plutôt qui a réalisé, pris conscience de son unité avec elle. C’est nous qui, incarnés sur le plan terrestre, oublions notre origine divine et que nous sommes reliés à l’Etre, que nous sommes reliés les uns aux autres d’une certaine façon, tout occupés que nous sommes à nous maintenir en vie, à lutter contre l’adversité, à élaborer des projets, à travailler, inventer, rêver; bref, à vivre notre vie humaine soumis aux contingences matérielles. Débarrassé de ces mêmes contingences matérielles, Frater Henri a en quelque sorte retrouvé la mémoire et son état originel. Nous pouvons en avoir un aperçu fugitif lors de nos méditations, ou que nous oublions momentanément notre environnement pour vivre réellement l’instant présent, à réaliser que nous sommes, sans avoir besoin de rajouter quoi que ce soit.

C’est donc sur une notre sereine que cette cérémonie prit fin et que nous sommes retournés dans la salle d’accueil, d’abord encore silencieux et respectueux, puis un peu plus diserts. Autour d’un jus de fruit ou d’un café, nous évoquons ses réalisations, nos rencontres avec lui, son âge, ses petits soucis de santé et son épouse, toujours à ses côtés, un couple bon et heureux. Ah, Frater Henri, que de joie et de bons souvenirs tu laisses derrière toi! Ton exemple nous incite à t’égaler, et nous aspirons, lorsque nous atteindrons ton âge vénérable, à faire preuve de la même sérénité, et à avoir aussi fait oeuvre utile, à faire honneur au symbole de notre Ordre, la Rose-Croix.

Après cette cérémonie, avait lieu le Comité d’Entr’aide Spirituelle, comme un fait exprès, comme si nous étions encouragés par notre Frater à continuer à travailler pour nos frères et soeurs humains. Comment se déroule une cérémonie d’Entraide Spirituelle? Ce sujet a déjà été traité dans mon blog et c’est ici:

http://leblogdegaudius.unblog.fr/2012/11/28/un-rituel-rosicrucien/

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La queste de Sire Olivier de Saint-Omer – 4ème partie

Posté par leblogdegaudius le 4 mai 2013

Mais nos épreuves n’étaient pas terminées, loin de là. Jusqu’à présent, il avait suffit de braver des obstacles qui mettaient le corps en jeu.

Or, le combat qui s’annonçait maintenant était encore plus redoutable que l’autre, puisqu’il s’agissait d’un combat de l’esprit. Notre noble seigneur avait entendu parler d’un terrible sorcier qui vivait au cœur d’une étrange forêt. Il était très puissant et pouvait foudroyer d’un seul regard. Le pacte qu’il avait passé avec le Démon le rendait invincible. Nul, jusqu’à présent n’avait osé l’affronter et seul notre cher Sire Olivier avait décidé d’en finir.

Aussi, avait-il besoin plus que jamais de notre secours, car les forces démoniaques étaient encore plus redoutables que les plus redoutables brigands, comme Philippe le Terrible.

Après nous être recueillis un instant, nous allâmes rejoindre Sire Olivier, qui avait de même fait oraison, un peu à l’écart.

- Chers et loyaux amis, nous dit-il, l’épreuve qui vient s’annonce rude. Jusqu’à présent, vous n’avez pas encore failli et si Dieu veut bien nous prêter vie, c’est ensemble que nous vaincrons; et c’est ensemble que nous atteindrons le but.

Cependant, si l’un de vous doit renoncer, qu’il sache dès à présent qu’il ne lui sera pas tenu rigueur et qu’il aura droit à notre gratitude éternelle. En est-il qui désirent abandonner?

Personne ne répondit. Et qui ne dit mot, c’est qu’il consentait. Notre Sire Olivier en fut ravi et reprit ainsi:

- Soyez tous remerciés de votre indéfectible soutien. A présent, sus au sorcier!

Nous nous enfonçâmes dans la forêt, à la recherche de ce maudit magicien noir. Le décor était fantastique, et au fur et à mesure que nous marchions, les arbres devenaient de plus en plus tordus et rabougris, comme si un mauvais sort leur avait été jeté.

Assurément, c’était là le domaine de Satan, et il fallait bien du courage pour oser l’affronter sans le viatique de la prière. Mais le Seigneur était avec nous et nous serions vainqueurs!

Nous nous retrouvâmes comme par enchantement dans une petite clairière, devant une petite cabane où sortait de la fumée. Assis sous un hêtre tout tordu, une lance dans la main, un être tout aussi chétif et rabougri nous attendait.

Il était vêtu simplement, tout en noir. Avec son crâne dégarni et ses cheveux qui pendaient sur les côtés, il faisait penser à un charognard. Ajoutons à cela qu’il avait le nez proéminent, le menton en avant et que son regard brillait comme escarboucles.

En nous voyant arriver, il se leva et nous salua fort courtoisement.

- Mes nobles seigneurs et gentes dames, soyez les bienvenus dans mon humble domaine. Les visiteurs sont si rares! Grand honneur me faites, mes seigneurs, grand honneur me faites, et vous nobles dames!

Mais je vous en prie, avancez! J’attendais votre venue. Mieux, je l’espérais.

S’adressant à Sire Olivier:

- Voilà donc le très haut, très noble et très vaillant Sire Olivier de Saint-Omer. J’ai suivi tous vos exploits, noble bachelier.

- Comment cela, l’homme?

- Oui, beau Sire. Avec les yeux de l’esprit. Grands exploits avez accompli, en vérité. Dignes d’un grand chevalier. Vous avez su triompher de tous les obstacles et prouver votre valeur. Fort bien, fort bien. Vous êtes bien digne de votre rang.

- Que signifie tout cela?

Il montrait les arbres tordus.

- Ces arbres? Oh, simple caprice de jeunesse. Ils ont obéi à ma seule volonté. Grâce à ma science, j’ai pu me rendre maître des forces d’en bas. La nature n’a plus aucun secret pour moi et j’ai pu atteindre la plus haute connaissance qui soit. Et depuis, j’ai cherché partout un disciple qui soit digne de la recevoir à son tour.

C’est pourquoi, quand j’ai senti votre présence, j’ai su que vous parviendriez jusqu’à moi. Il me suffisait de vous attendre.

- Sorcellerie! Blasphémateur! Suppôt de Satan!

- Oh, noble seigneur, ne croyez pas cela. De méchantes gens vous auront abusés. Les médiocres ne peuvent que salir ce qui les dépasse.

Je sais que votre route ne s’arrêtera pas ici, et je connais le but de votre quête. Mais vous aurez besoin de tous les atouts pour triompher. Il vous faudra commander à la nature pour commander aux autres, et pour être leur providence. Qu’est-ce qu’un seigneur, s’il ne peut assurer aide et protection à ses sujets?

Vous devrez être au dessus du bien et du mal si vous voulez juger sagement. Mais pour cela, vous avez besoin de la connaissance que moi seul consens à vous offrir, puisque tant vous la méritez. Elle demandera de nombreux sacrifices et de nombreux efforts, car il faudra payer le prix. Mais c’est la seule voie si vous désirez vous élever encore.

Sire Olivier était fort troublé et se mit à réfléchir:

- Maîtriser les forces inférieures … Du pain pour les pauvres… La justice pour tous… Me serais-je trompé?

Je croyais trouver un être maléfique et me voilà face à un ermite… Par tous les saints du Paradis, le bonhomme n’est pas commun… Il est presque plaisant, même… Qui sait quelle sagesse il a acquise et par quelles macérations il est passé…

Son regard se perdait dans le vague. Pendant ce temps, le sorcier se rapprochait tout doucement de lui, et semblait le charmer insensiblement. Et nous, ses fidèles compagnons, sentions petit à petit les pensées nous fuir, puis les sensations. Seul un délicieux engourdissement nous saisissait chacun notre tour.

- En vérité, noble sire, reprit-il, c’est la Divine Providence qui vous a envoyé devers moi pour que j’achève votre formation. Obéissons donc à sa volonté, vous et moi. Ne repoussons pas notre destinée. Vous êtes promis à de hautes choses. Ma plus grande gloire aura été de vous aider à vous y préparer, et vous, à y parvenir.

Sire Olivier ne bougeait plus et son regard était vague. Le triomphe du sorcier était total, et nous, nous ne pouvions plus rien faire. Il s’adressa à nous en ces termes:

- Et vous, braves compagnons qui avez si bien soutenu Sire Olivier, vous aurez sa destinée en partage. Tout ce qui sera sien sera également vôtre. Et quand il atteindra aux plus hautes récompenses, vous serez là. Et quand on chantera ses hauts faits, pourrez-vous dire également:  »j’étais là ! »

Plus rien ne bougeait. Ah, ce regard pénétrant et envoûtant et cette voix de miel et de velours! Etait-il possible d’échouer aussi lamentablement? J’essayais de bouger et mon regard se posa par hasard sur le sol. Le mauvais avait profité de notre inattention pour tracer des signes magiques, plus efficaces que des lacs, et qui nous empêchaient de nous mouvoir.

Dans peu de temps, le sorcier nous aurait à sa merci. Allait-il faire de nous les esclaves du démon, nous faire rôtir, nous faire bouillir ou tout simplement nous tuer?

Non, il n’était pas possible que cela finisse ainsi, non, non, NON!

Je ne me rendis pas compte que j’avais crié. Mais cela brisa d’un seul coup le charme et réveilla notre cher seigneur, qui était furieux.

- Ah, méchant sorcier! , rugissait-il .Tu voulais me tordre l’âme tout comme tu as tordu ces arbres! Fourbe! Sans mes braves compagnons, j’étais à ta merci et me laissais pétrir comme cire molle! Tu as oublié que notre Seigneur Jésus-Christ est avec moi et me protège de sa grâce. Ton pouvoir maléfique ne peut plus rien contre moi et ta magie est définitivement brisée. Aussi, prépare-toi à mourir!

- Tu te trompes, noble bachelier, je ne désirais que ton bien et t’aider en tout.

- Il suffit! Tu vas payer pour tous tes crimes!

Sire Olivier dégaina aussitôt son épée. Le sorcier prit peur, lâcha sa lance et s’enfuit en hurlant avant qu’on ait pu le rattraper.

Sire Olivier ramassa alors la lance, s’empara d’une cotte de maille qui était suspendue et les confia à un compagnon. Le brave Dominique intervint:

- Pourquoi ne pas l’avoir poursuivi, Monseigneur? C’était chose aisée, à présent que vous avez détruit sa magie.

- C’est pourquoi cela n’était plus nécessaire. Il ne peut plus rien contre personne, à présent. Nous avons triomphé du mal et cela doit nous suffire. Pour le moment, nous devons continuer notre chemin.

- Où irons-nous, Monseigneur?

- Dans une auberge. J’ai grand-faim.

La queste de Sire Olivier de Saint-Omer - 4ème partie dans Les histoires de Gaudius cotte_de_maille_am180-289x3003022116962_1_5_0hllruyh Bien dans Les histoires de Gaudius

Pendant ce temps-là, le Professeur Mars-El faisait des recherches sur une lointaine planète, à la recherche de traces d’humanoïdes. Il avait trouvé, non loin de grottes, des squelettes d’un petit rongeur dont les images ornaient les les murs des grottes, en compagnie d’animaux beaucoup plus imposants, dont les canines dépassaient de la bouche. On avait là la preuve indiscutable d’un culte rendu aux forces de la nature et le Professeur Mars-El avait bien l’intention d’en faire la disputation avec son grand rival, le Docteur Zo-Zot-An.

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Un frater lumineux

Posté par leblogdegaudius le 29 avril 2013

« Frater Lumineux » s’en est allé vers « la plus grande lumière » ce dimanche. Il s’appelait Henri et il avait dépassé les 90 ans.

Son sourire lumineux, sa bonhomie, sa pondération et sa sagesse vont nous manquer. Pourtant, il n’y a pas de tristesse dans son départ. Un peu d’émotion, une douce émotion et de bons souvenirs.

Frater Henri était un membre actif de notre loge et s’il s’était éloigné, il ne nous oubliait pas. Il avait contribué à édifier notre loge ainsi qu’un autre organisme de la région NPC, et c’est grâce au travail et à l’exemple des membres anciens comme lui que nous pouvons continuer à nous réunir. S’ils n’avaient pas été là, nous, les plus jeunes, nous ne serions pas là.

J’éprouve une immense gratitude pour notre frater Henri et un immense respect pour son exemple et j’invite celles et ceux qui l’ont connu à lui adresser , comme je le fais à travers mon blog, ce message fraternel:

« Merci, Frater Henri, frater lumineux, merci pour tout! Entre dans la lumière, rejoins l’Unité, entre dans la Paix

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Affaire CAHUZAC : Les vertueux, les vicieux et les demi-dieux

Posté par leblogdegaudius le 24 avril 2013

Comme tout le monde, j’ai appris qu’après avoir prétendu le contraire, Jérôme CAHUZAC avait fini par avouer qu’il possédait un compte à l’étranger , ce qui est légal, mais non déclaré, ce qui est illégal. La machine judiciaire est dès lors en marche et Jérôme CAHUZAC devra s’expliquer devant la justice et face à sa conscience. J’ai préféré attendre que l’affaire se tasse et que l’ancien député prenne sa décision de ne pas revenir à l’Assemblée Nationale pour rédiger ce petit billet d’humeur.

Ce qui m’a semblé instructif dans cette affaire, ce n’est pas l’affaire elle-même à laquelle je ne saurais donner un avis tranché, mais les réactions qu’elle a suscité : consternation, colère, indignation, ironie, hilarité, jubilation et que sais-je encore ? Dans la classe politique, bien sûr, mais aussi dans mon entourage.  « Tous pourris, tous corrompus, tous accrochés à leur pouvoir ». Et qu’on te parle de la « moralisation de la politique », et qu’on réfléchit sur la transparence des politiques. De grâce, mesdames et messieurs les politiques, restez habillés, et surtout habillés décemment !

Je vis dans un pays formidable, en vérité. Mes compatriotes cultivent les plus hautes vertus possibles et leur rayonnement illumine le monde entier. Personne n’a jamais enfreint les lois, personne n’a jamais menti ni triché ni volé, tout le monde  respecte les limites de vitesse, tout le monde est sobre au volant, tout le monde déclare exactement ce qu’il perçoit comme revenus, je le jure !

Redevenons sérieux. Qui n’a jamais été tenté ?  Qui n’a jamais succombé ? Qui n’a jamais obéi à cette petite voix qui disait « Allez, vas-y coco, qu’est ce que tu risque ? Un peu de courage, ni vu, ni connu ! ». Qui n’a jamais pesté contre les «privilégiés » tout en sollicitant pour lui-même ou pour ses amis ou sa famille une faveur auprès de tel ou tel « puissant » ? Qui n’a jamais barboté sur son lieu de travail une ou deux fournitures ? Qui ne s’est jamais débarrassé de ses ordures ou de ses encombrants en pleine nature ? Qui n’a jamais piqué une petite pointe à 150 km/h sur l’autoroute ? Qui n’a jamais pris de drogue ?  On pourrait développer à l’infini.

Et dans le même temps, on exige de nos politiques, à tous les échelons de la vie publique, exemplarité, vertu et sainteté.Bref, d’être des individus supérieurs, qui nous guideront sur le chemin bordé de roses  qui mènera à des lendemains qui chantent. On a vu des personnages « providentiels », « pères du peuple », auréolés de toutes les gloires et de toutes les vertus à qui on demandait, les yeux embués de larmes, le bonheur qui était dû ; des personnages incarnant la sagesse et l’autorité qui forgeraient « silencieusement mais efficacement le fier levain qui, demain ou après-demain au plus tard, fera germer le grain fécond du ciment victorieux au sein duquel, enfin, sera ficelée, entre les deux mamelles de l’harmonie universelle, la prestigieuse clé de voûte qui ouvrira à deux battants la porte cochère d’un avenir meilleur sur le péristyle d’un monde nouveau. » (Pierre DAC). Pour un peu, on adresserait à ces demi-dieux des prières, comme cela a été fait pour certains dictateurs du passé, on leur demanderait de faire pleuvoir dans les champs, de rendre fécondité et virilité aux personnes stériles ou de guérir les rhumatismes du grand-père.

Un personnage politique n’est pas un héros, ni un demi-dieu, ni un sauveur, ni un «homme providentiel », ni quoi que ce soit. C’est un être humain comme vous et moi, avec ses défauts et ses qualités, les mêmes que les vôtres ou les miennes. On veut moraliser la vie politique ? Cela sous-entend qu’elle ne l’est pas naturellement et qu’il faudrait légiférer pour obliger tout le monde politique à être vertueux. Cela sous-entend aussi qu’un personnage politique amène de là où il vient tout son bagage intellectuel, émotionnel, culturel et spirituel. Cela implique aussi qu’il agisse selon une certaine éthique qui lui aura été enseignée ou qu’il aura intégrée de quelque façon que ce soit. C’est donc de la responsabilité des éducateurs et des formateurs, quels qu’ils soient, de faire en sorte que leur « poulain » soit digne de leur choix. Mais c’est aussi de la responsabilité du personnage politique de ne pas déroger à sa ligne de conduite et de s’interdire tout ce qui pourrait l’en faire dévier. Quand on se consacre à la chose publique, on ne peut plus faire comme les autres, on ne peut plus se permettre tel ou tel écart de conduite si cet écart est particulièrement grave et contrevient à la loi que pourtant on est censé représenter. Se consacrer à la chose publique, c’est être incompris, c’est faire face à l’ingratitude et au mécontentement, c’est exiger beaucoup de soi-même et de son équipe. C’est sacrifier ses intérêts personnels pour les mettre au service de la collectivité et se consacrer à un idéal extrêmement élevé. C’est en quelque sorte se charger d’un énorme fardeau. Sommes-nous tous capables de nous charger aussi de fardeaux semblables, ou bien n’aspirons-nous qu’à un bonheur fait de petites compromissions, de petits intérêts mesquins, d’égoïsmes satisfaits ; bref, à un bonheur de ruminant ? Pouvons-nous exiger de nos représentants ce que nous ne sommes pas capables d’exiger de nous-mêmes ? Et pourtant, nous donnons mandat à des personnes qui nous ressemblent.

Si nous voulons que la politique soit un art noble, alors c’est nous qui devons l’être, afin que nos représentants soient le reflet de nos plus belles qualités et non de nos plus graves tares. Autrement dit, si nous voulons un monde meilleur, il faut commencer par nous-mêmes, et donc en premier lieu par l’éducation, notre propre éducation.

Pour terminer sur une note d’espoir, je vous propose à toutes et tous, politiques ou simples citoyennes et citoyens, un article du Code de Vie du Rose-Croix :

« Si tu occupes une fonction de pouvoir, ne t’en glorifie pas et ne te laisse pas griser par l’influence qu’elle te permet d’exercer. Ne l’utilise jamais pour obliger quiconque à faire des choses qu’il réprouve ou qui sont injustes, illégales ou immorales. Assumes-la avec humilité, et mets-la au service du bien commun. »

Le terme de « pouvoir » ne s’applique pas seulement au monde politique mais à tous les aspects de la vie.

Affaire CAHUZAC : Les vertueux, les vicieux et les demi-dieux dans Coups de dents aureole-2

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La queste de Sire Olivier de Saint-Omer – 3ème partie

Posté par leblogdegaudius le 6 avril 2013

Or, le lion en question regardait vers la prochaine ruelle, sombre, tortueuse, inquiétante, telle la Cour des Miracles de Paris. En tournant et retournant, elle aboutissait à des souterrains si nombreux et si profonds qu’une armée entière pourrait s’y abriter des années durant sans qu’on puisse la retrouver.

C’est là que se terrait Philippe le Terrible, chef de tous les brigands de la région, et qui en avait fait son fief. La légende veut qu’il ait été chevalier et qu’il ait forfait à l’honneur. Banni par le roi, il s’était réfugié dans ce coupe-gorge d’où il faisait régner depuis la terreur. Même les sergents du roi le craignent et n’osaient investir ses quartiers, plus sûrs que la forteresse la mieux défendue. Avant de s’engager dans ce dédale, Sire Olivier se tourna vers nous:

- Mes amis, un rude combat nous attend. Celui qui vit dans cette tanière est bien l’être le plus féroce et le plus malfaisant que cette terre aie jamais portée. Je crains quelque fourberie du félon, aussi, je vous prie de veiller avec moi à la régularité du combat que nous ne manquerons pas de mener. Et si jamais je devais perdre la vie, promettez-moi de continuer ce que je n’aurai pas pu réaliser.

Dominique, son serviteur prit la parole:

- Monseigneur, en vérité, je crois que tous ici veilleront à leur devoir et ne vous failliront point. S’il le faut, nous occirons le traître si jamais il s’avisait de quelque fourberie à votre égard.

- Grand merci, amis chers et fidèles. fit notre cher et valeureux seigneur. A présent, avançons, mais restons sur nos gardes, car le scélérat nous guette sûrement.

 

Nous suivîmes Sire Olivier dans la ruelle d’Enfer, la bien nommée, craignant qu’à chaque détour, une armée de brigands redoutables nous assaille par surprise sans que nous puissions riposter. S’engager dans ce boyau avait été une lourde erreur, et je faillis le dire à notre sire quand nous aboutîmes à une place dégagée. Là, quelqu’un nous attendait. C’était Philippe le Terrible, ce maudit, bien décidé à nous faire mauvais sort.

- Et bien, mes nobles seigneurs! Je vous trouve bien hardis d’oser vous promener sur mes terres sans m’en avoir demandé la permission. Vous mériteriez le gibet pour un tel affront!

Sire Olivier intervint:

- Il suffit, mauvais chevalier! Nous savons comment vous avez acquis vos biens: par traîtrise et félonie. Vous déshonorez la chevalerie et vous devrez être puni!

- Ces terres, enfant, je les ai conquises de haute lutte et en combat loyal. Elles sont miennes de par le droit du plus fort et de la volonté de Dieu. Nul ne me les contestera sans périr.

- Je suis prêt à mourir pour que justice soit rendue.

- Voyez-vous ce drôle! Il veut tâter de mon épée! Je te ferai voler la tête avant que tu aie pu faire un seul geste. Alors, renonce, pendant qu’il en est encore temps. Et ne crois pas que j’épargnerai tes compagnons. Je ne crains rien ni personne!

- Laisse mes amis en dehors de notre querelle et bats-toi, lâche!

- Un combat singulier? Soit! Je relève le défi. Mais pas ici. A trois lieues d’ici se trouve un endroit dégagé où nul ne nous dérangera. Mais il faut que tes compagnons s’engagent à ne rien tenter, quoiqu’il arrive.

Il se tourna vers nous et nous ordonna:

- Jurez!

Sire Olivier nous regarda et acquiesça. Il nous fallut donc tous jurer.

- Bien, reprit le brigand, j’ai votre parole. Faisons diligence, car je veux rentrer pour souper. Chez moi, bien sûr. Toi, beau bachelier, tu souperas ce soir chez messire Belzébuth.

Le félon enfourcha une monture qu’une de ses âmes damnées lui amena puis partit prestement vers la forêt. Sire Olivier n’eut d’autre recours que de le suivre, accompagné de son fidèle serviteur, nous laissant là avec nos charrettes et nos bagages que nous avions laissés à l’entrée de la ruelle d’Enfer. Il nous fallut rebrousser chemin et sortir de la ville par une autre porte, tant bien que mal, nous hâtant pour ne pas laisser notre sire tout seul.Nous parvînmes après deux bonnes heures dans une petite clairière où nous eûmes la joie de retrouver Sire Olivier en un seul morceau. Au moins, le traître tenait parole. D’ailleurs, il vint nous rejoindre par un autre chemin, seul, arrogant, tellement sûr de sa victoire qu’il n’avait même pas pris la peine de se faire accompagner. Plein de morgue, il s’adressa à notre bon sire en ces termes:

- L’endroit est-il à ta convenance, enfant?

- Certes. Mais pour faire bonne mesure, mes hardis compagnons formeront eux-mêmes l’enceinte. Ainsi combattrons-nous en champ clos. Y es-tu?

- Il suffit! Battons-nous enfin!

Ils se ruèrent l’un sur l’autre, frappant d’estoc et de taille, tenant leur épée à deux mains. Le brigand était d’une force peu commune et de plus, il avait la pratique du combat, ce que, malheureusement, Sire Olivier ne possédait pas bien. Mais il avait pour lui la bravoure, la noblesse d’un cœur généreux et le courage du lion. De plus, Notre Dame la Vierge et tous les anges et les saints du paradis étaient à ses côtés.

Il se battait bravement, vaillamment, mais commençait à perdre pied. Le brigand, lui, semblait de plus en plus fort à chaque coup et Sire Olivier avait du mal à faire front.

Il était prêt de succomber quand il se rappela le doux visage de sa Dame. Celle-ci, toute en prières, l’encourageait de chez elle. Voyant cela, un ange du paradis vint apporter sa prière jusques à notre Seigneur Jésus-Christ qui fit souffler sur lui son esprit et lui restaura toutes ses forces. Cela, c’est la pure vérité. Finalement, Sire Olivier parvint à vaincre le mauvais guerrier et à le désarmer. Celui-ci tenta de faire front bravement et lança un dernier défi :

- Et bien qu’attends-tu? Achève ce que tu as commencé et tue-moi, puisque tu en as le pouvoir. Un peu de courage!

Sire Olivier resta un moment silencieux, puis il reprit :

- Ta vie n’appartient qu’à notre Seigneur. Te tuer ne rendrait pas justice à ceux que tu as outragés. Il faut que tu sois jugé en toute équité. Je ne chercherai donc pas vengeance.Tu m’as demandé de faire preuve de courage, et bien le courage, c’est cela: renoncer à la vengeance pour laisser place à la justice. Et c’est assez causer pour ce jour. Allons, compagnons. Confions-le aux prévôts du roi et continuons notre route.

Il confia l’épée à un des compagnons pour le garder comme trophée, et deux d’entre nous allâmes livrer le félon aux sergents du roi qui se firent un plaisir de l’accueillir en leur hostellerie.

La queste de Sire Olivier de Saint-Omer - 3ème partie dans Les histoires de Gaudius combat-chevalier-232x300

Pendant ce temps là, sur une planète dont on a oublié le nom, une race humanoïde était responsable de la disparition du dernier shepiok mordoré (petit rongeur ressemblant à nos écureuils, mais avec des bajoues). Pour se couvrir et avoir chaud, ils devraient se résoudre désormais à chasser le papouth (mammifère ressemblant vaguement à nos éléphant, mais avec de la fourrure). Un papouth valait 150 shepioks, mais sa peau était plus difficile à tanner et sa fourrure était beaucoup moins douce. Les humanoïdes en question élaboraient déjà d’autres stratégies…

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Comprendre le monde, comprendre l’homme

Posté par leblogdegaudius le 21 mars 2013

Chers amis, j’ai l’honneur de vous présenter un article qu’un correspondant, Paul Moyne, a écrit en réponse aux lettres ouvertes de Serge Toussaint, que j’ai reprises sur mon blog.  Je salue l’érudition de l’auteur et je vous invite sans tarder à prendre connaissance de son article.

Comprendre le monde …

Comprendre le monde, nous voici face à une problématique beaucoup plus complexe que celle pressentie par les scientifiques, les philosophes et les théologiens depuis plus de deux siècles, ne serait-ce que parce que l’univers est un incommensurable ensemble de phénomènes de nature duale ; de ce fait, les réponses apportées aux interrogations qu’il suscite, imposent plus qu’hier, une très grande rigueur conceptuelle et sémantique.

Ainsi et par exemple, pour l’esprit en quête de causes primordiales, la cosmologie doit être considérée non pas comme la science des phénomènes cosmiques comme cela est communément compris, mais comme la science des phénomènes cosmiques reconnus et interprétés en prenant uniquement en compte leur essence physique car il s’avère qu’au monde physique est inexorablement associé un monde transcendant, notamment attesté par l’entité créatrice qui, animant tous les êtres, se reconnaît en l’homme sous le couvert du je (moi, ego, sujet, esprit).

Les cosmologues avec de seules considérations physico-chimico- mathématiques ne peuvent donc pas exprimer l’univers dans sa totalité (le Tout de l’univers) ; en d’autres termes, leurs théories bien que se voulant globalisantes ignorent le fondamental, le primordial !
Quant aux lois qui « permettent d’exprimer » la dynamique du phénomène de la vie et les comportements des êtres, elles ne sont pas différentes, dans leur nature, de celles : physiques, qui permettent d’exprimer la dynamique universelle.
A ce propos, vous avez noté notre insistance sémantique : qui « permettent d’exprimer », car évidemment, bien que cela ne soit jamais dit, les lois ne sont pas des opérateurs susceptibles de reconnaître, de juger, …, in fine, de décider et d’agir.

Argumentons ces remises en causes de vérités d’époques et de civilisations !

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Il est de fait, l’interprétation des observations cosmiques et de nombreuses expériences physiques, en particulier quantiques, est « conditionnée » par la compréhension du temps ; méditons donc à son propos afin d’en concilier au mieux, les différentes conceptions.

Certes la formalisation de certaines chronologies par le biais d’équations mathématiques, conduit à associer l’espace et le temps, néanmoins pour celui qui ne veut pas ignorer le « primordial », il s’agit d’une funeste confusion des natures (des essences, des ordres) du temps et de l’espace, inhérente au fait que l’espace entre des repères temporels peut être quantifié par des nombres, et confortée par la notion d’espace-temps imaginée par Hermann Minkowski (1864 – 1909) et adoptée par A. Einstein.
Or, une grandeur bien que quantifiée par des nombres, est aussi de par le sens qu’elle exprime, une entité abstraite c’est à dire une entité d’ordre transcendant ; précisons que par nature transcendante nous signifions nature primordiale différente de celle, physique, reconnue au réel sensible c’est-à-dire à ce qui est objectivé, « matérialisé ».

Comment dès lors, concevoir et expliquer l’association du temps à des repères physiques (les aiguilles d’une horloge, par exemple), sachant que les durées sont des intervalles non spatiaux ?
Selon nous, dans sa nature, cette association est semblable à l’union du corps et de l’esprit (du je, moi, ego, sujet) ; il s’agit d’une relation d’implication par le biais d’un domaine transcendant donc universel, ignoré des philosophes et des théologiens, dont le domaine de l’abstraction est une facette singulière, domaine que nous avons baptisé spacimplicatio (contraction des mots latins spatium signifiant étendue incommensurable et implicatio désignant l’acte d’implication).

En conséquence, nous nous gardons des théories qui considèrent qu’il existe différents temps adaptés aux niveaux de complexité du réel : le temps quantique, celui des atomes et des molécules, le temps propre au phénomène de la vie et le temps cosmologique, et de celles qui traitent du cours du temps et de sa flèche.
Inutile également de débattre à propos du temps absolu ; il n’existe qu’un absolu du temps qui évidemment est intemporel !
Quant à l’orientation universelle et univoque des évolutions : du passé vers le futur, et à l’irréversibilité des transformations mise en évidence par la thermodynamique, elles relèvent selon nous, d’une cause primordiale exprimée pas l’universelle, impérieuse et mystérieuse nécessité de sans cesse créer.

Pour toutes ces raisons, le temps s’avère être une potentialité universelle qui après actualisation (« matérialisation ») sous le couvert de durées, ces mystérieux intervalles qui ne sont pas de l’espace comme nous le disions précédemment, permet d’intégrer les évolutions dans des chronologies, quelles qu’elles soient.
Il s’agit donc d’une compréhension révolutionnaire qui permet entre autres, de mieux comprendre l’instantanéité et la simultanéité de certaines interactions, telle l’action instantanée à distance caractéristique de l’attraction gravitationnelle.

En outre, bien que leur perception soit de caractère relatif et subjectif, comme le montrèrent pour la première fois, les équations de transformation de H. A.Lorentz (1853, 1928), les durées ont un « réalisme » adapté aux nécessités qu’impliquent les évolutions, un réalisme qui pour être exprimé, appelle des logiques non conventionnelles remettant en causes des a priori millénaires intéressant la philosophie et la théologie.

Quant au « relatif » et au « subjectif », ils s’imposent comme d’inexorables contraintes universelles et de ce fait, toutes les connaissances et toutes les vérités sont de caractère relatif et subjectif, et sont d’époques et de civilisations,
et s’il s’avère qu’elles sont de fausses vérités, elles n’en sont pas moins des auras qui éclairèrent et éclairent encore les cheminements intellectuels.

L’introspection du domaine de l’abstraction est également riche d’enseignements essentiels pour la compréhension du monde, en particulier, elle atteste d’une vie spirituelle hors du temps et propre à l’ensemble des êtres.
En effet, ce domaine est intemporel puisque nous pouvons évoluer du passé au futur et du futur au passé tout en jugeant constamment dans le moment présent qui n’a pas de durée, et que par exemple, les chats et les chiens rêvent, tandis que les rapaces fondent non pas sur leurs proies, mais sur des points virtuels situés au croisement de trajectoires anticipées, les leurs et celles de leurs futures victimes.

Or et hélas, cette vie spirituelle et les virtualités cérébrales corrélatives n’ont jamais vraiment été objets de débats.
Même saint Augustin sensible à l’au-delà et à l’éternité :
« Je sais qu’il n’y aurait ni, si rien ne se passait, temps passé, ni, si rien n’advenait, temps futur, ni, si rien n’existait, temps présent, …
Quant à un présent, toujours présent, qui ne s’en aille point en un passé, ce ne serait plus du temps, ce serait l’éternité. » (cf. Confessions – Livre XI, 14),
n’imagina jamais, pas plus que Descartes, que le je (moi, ego, sujet), l’esprit, les concepts, les idées, …, et toutes les « virtualités » qui participent à la connaissance, sont de nature transcendante.

*

Ces quelques analyses qui, pour la plupart, sont des remises en causes fondamentales d‘a priori millénaires, nous ont évidemment conduits à reconsidérer nombre d’actuelles théories scientifiques, d’autant plus que les comportements physiques des micro et macro-mondes dans lesquels nous évoluons et ceux qui, au niveau quantique de notre intériorité, nous enracinent dans l’univers, sont exprimés par des formulations mathématiques différentes ; or tous ces mondes « obéissent » aux mêmes sollicitations primordiales.
De quelles sollicitations s’agit-il ?

Considérons par exemple, la sollicitation de gravité c’est à dire la force de gravité, commune à tous les objets massiques (dotés de masse) ; curieusement, elle n’est exprimée que par des « objets mathématiques » comme les vecteurs et les nombres.
Autrement dit, les scientifiques n’en ont qu’une compréhension géométrique dans le cadre de solutions à différentes équations plus ou moins relativistes où l’espace-temps joue un rôle essentiel.
De ce fait, et désormais convaincus que tout commença après un mystérieux Big-bang, notamment le temps et l’espace, les physiciens dans leur immense majorité, ignorent superbement ce qui est à l’état potentiel, c’est à dire ce qui est en attente de d’actualisation, de matérialisation.
Or la sollicitation de gravité, comme toutes les forces physiques (et psychiques), est avant tout un moyen potentiel, une potentialité qui, adaptée aux niveaux de complexité de la matière, permet d’en assurer la cohérence et les dynamiques évolutives, et si au niveau quantique, elle s’avère extrêmement faible, elle n’en est pas moins l’expression d’un état singulier de l’énergie physique, parmi de multiples autres.

Soulignons en outre à propos des comportements au niveau quantique, l’ambigüité fâcheuse propre à toutes les théories qui tentent de les exprimer : les quantités (longueurs, surfaces, volumes, …) sont reconnues comme des « opérateurs géométriques » donnant ainsi des « pouvoirs » à toutes sortes de solutions d’équations mathématiques.
Ceci se traduit au gré de l’imagination des quantistes, ces explorateurs de l’infiniment petit, par des notions sans cesse plus ésotériques et souvent irréalistes : flèche du temps, écume de spin, feuille d’univers, antiparticules, antimatière, antimonde, multivers, …
Gaston Bachelard (1884 – 1962) raillait d’ailleurs cette propension à paramétrer lorsqu’il parlait de : « travailler du paramètre », expression que nous étendons volontiers à d’autres activités : « travailler du concept » pour les philosophes ignorant les causes primordiales et « travailler du discours » pour les politiques, …, avec comme toile de fond le « travail du chapeau » des illuminés.
Demeurons donc réalistes !

Intéressons-nous plus particulièrement à la « relation » entre l’énergie et la matière ; celle-ci fut postulée par A. Einstein en 1905, par le biais de la fameuse équation univoque : E = mc², suite à des spéculations mathématiques prenant en compte les travaux de H. A. Lorentz.
Hélas, cette équation qui exclut tout retour de la matière à son état primordial d’énergie, conditionne à tel point les logiques scientifiques actuelles, que les cosmologues ne parlent jamais de la démassification de la matière, toujours satisfaits, semble-t-il, par la théorie du bigbang.
Mais alors, comment l’univers peut-il être de toute éternité, sans qu’il y ait en permanence recyclage de matières cosmiques ?

Par bonheur nous savons désormais, que le cosmos recèle d’immenses zones où les corps célestes disparaissent à jamais, sans laisser de traces.
Que pouvons-nous raisonnablement dire à propos des ces trous noirs, dénommés ainsi par les astrophysiciens puisque aucun rayonnement ne s’en échappe en raison de l’intensité de leur champ gravitationnel, mais néanmoins attestés par les quantités importantes de rayonnements (rayons X, …) émis par les matières cosmiques portées à des températures extrêmes, avant d’être « englouties » ?
Les scientifiques les caractérisent par un « horizon des événements » qui traduit l’impossibilité de percevoir objectivement, les phénomènes qui s’y déroulent ; à vrai dire, la notion de zone d’influence, permet de mieux exprimer l’importance des masses en cours d’anéantissement.
Il existe ainsi plusieurs « sortes » de trous noirs selon qu’ils font suite à l’effondrement gravitationnel d’une étoile (trou noir stellaire) ou qu’ils évoluent à l’intérieur de galaxies avec des zones d’influences pouvant atteindre plusieurs milliards de systèmes solaires (trous noirs galactiques).
Entre ces deux échelles de grandeur, il est également logique de penser qu’il existe des trous noirs ayant des zones d’influence intermédiaires, voire, nous pouvons imaginer des trous noirs primordiaux (quantiques) qui peuvent être, en partie, argumentés à l’aide de supputations fondées sur la thermodynamique quantique.

En outre, le fait qu’à l’intérieur des trous noirs, les matières cosmiques perdent leur spécificité (leur identité) et que les évènements quantiques eux-aussi perdent leurs individualités, leurs particularismes au fur et à mesure qu’ils s’ »amenuisent », donne à croire au « réalisme » d’un état homogène où l’énergie n’a ni caractères, ni dimensions.
Bien que cet état homogène ne soit pas « accessible », voire exprimable par des spéculations mathématiques et des formulations physicochimiques, nous postulons son existence et considérons qu’il s’agit de la source primordiale des énergies : l’Energie universelle, dont les scientifiques parlent, tout en l’ignorant dans leurs théories !

Pour toutes ces raisons, convaincus que l’univers est un incommensurable et éternel ensemble, à jamais inachevé, de créations et de « renouvellements » incessants, nous ré exprimons le postulat d’Einstein, par la formule réversible : E ↔ mc² signifiant ainsi que la dynamique universelle présuppose à la fois,
– de permanentes et diverses massifications de l’Energie universelle conduisant aux particules, atomes et molécules,
– et de constantes démassifications de matières cosmiques avec retour à leur état primordial d’Energie universelle.

Ainsi, selon nous, l’univers s’avère entre autres infini et éternel de par l’Energie universelle, c’est à dire de par une Energie physique sans dimension et intemporelle qui, par le biais de mystérieux processus de massification et de démassification, permet les différents états sans cesse renouvelés de la matière.
Dès lors, nous comprenons mieux pourquoi l’univers n’est pas homogène ; néanmoins et il convient de le préciser, ses inhomogénéités ne sont pas les fruits de lois mais des faits corrélatifs de processus comme le sont les fluctuations dans le rayonnement cosmique de fond.

Nous voici donc fort éloignés des théories actuelles qui tentent de nous convaincre que la création de l’univers eut lieu il y a quelque 13,7 milliards d’années après un mystérieux Big-bang ; néanmoins, nous admettons volontiers qu’un pan du cosmos commença à se constituer à cette époque suite à un petit bang et à d’extraordinaires nucléosynthèses.
Quant à l’origine primordiale, à la source éternelle des phénomènes, en l’occurrence des multiples bangs, elle demeure absente des cogitations scientifiques, philosophiques, et théologiques ; il est vrai, par des logiques classiques ou strictement scientifiques, on ne peut guère rendre compte d’une source qui jaillirait de nulle part, et encore moins, d’une source qui serait d’ordre transcendant !
Précisons également à propos des logiques en général, qu’elles sont les expressions des liens transcendants qui permettent d’assurer la cohérence des concepts, des référentiels, des idées, des théories, …, des représentations du réel qui meublent le domaine de l’abstraction (il s’agit d’une définition originale).

Ajoutons pour l’avoir maintes fois constaté, que le concept : cogito et ses déclinaisons (par exemple cogitations), « dérangent » énormément l’intelligentsia ne serait-ce que parce que lorsque l’on cogite, lorsque l’on pense une réalité, quelle qu’elle soit, soi-même ou le monde, cette activité d’entendement présuppose évidemment, que l’on soit hors de soi-même et du monde pour en juger, c’est-à-dire que l’on évolue dans un domaine transcendant ; or ce domaine, celui de l’abstraction, n’a jamais été objet de débats sérieux.
A vrai dire, de nos jours la notion de transcendance et ce qu’elle implique, sont quasiment tabou !

Vous l’avez noté, nous employons l’expression : l’on pense une réalité car :
« …. il faut éviter l’équivoque du mot pensée, lequel on peut prendre pour la chose qui pense, et aussi pour l’action de cette chose. »(cf. Descartes – Méditations métaphysiques, Lettre à M. Clerselier),
un flou sémantique très courant et fort ancien ; Aristote ne voyait-il pas dans la logique « la pensée de la Pensée » ?

Dès lors, quid de l’opérateur maître du temps et du sens, qui se reconnaît sous le couvert du « on » (je, ego, sujet, esprit) sachant que les origines de l’univers sont paradoxalement dans et hors du réel ?, quid de cet opérateur en charge du monde et des êtres, qui ne peut être qu’unique et omniprésent et qui montre que les événements n’arrivent pas de façon totalement aléatoire (principe anthropique) ?
En effet, comment par exemple, ignorer que notre corps est en permanence reconstruit en respectant des chronologies rigoureuses, par des renouvellements de cellules et d’incessants échanges de particules quantiques cosmiques, vecteurs et mémoires de sens ?

*

Bref historique.
Rappelons-le, une fois encore, par leurs théories les physiciens tentèrent et tentent encore de comprendre le rôle et l’impact de l’espace et du temps dans les comportements évolutifs du cosmos.

Il y eut notamment,
– Alexandre Friedmann avec sa proposition (en 1927) d’univers dynamique à courbure négative et à densité de matière variable dans le temps,
– Georges Lemaître convaincu (en 1927) que l’univers est en expansion constamment accélérée,
– et Edwin Hubble (1929) confortant cette expansion suite à des observations du cosmos.

Puis vint le besoin de rattacher les dynamiques cosmiques et quantiques ; Georges Lemaître (1931) envisagera cette interdépendance de manière originale, arguant d’a priori pour le moins simplistes ; citons :
« Si nous remontons le cours du temps, nous devons trouver toujours moins de quanta, jusqu’à ce que nous trouvions toute l’énergie de l’univers concentrée en un petit nombre, ou même en un seul quantum. Mais, dans les phénomènes atomiques, les notions d’espace et de temps ne sont que des notions statistiques ; elles s’estompent lorsqu’on les applique à des phénomènes qui ne mettent en jeu que quelques quanta … Si cette suggestion est correcte, le début du monde a eu lieu un peu avant celui de l’espace et du temps. ».
Simplistes en effet, car lorsque les durées sont reconnues comme des intervalles non spatiaux, ce qu’elles sont, le temps ne peut être considéré comme une notion statistique mais comme une potentialité d’ordre transcendant qui après « actualisation » dans des durées, permet d’intégrer les évolutions dans des chronologies,
une potentialité donc éternelle et hors de l’espace.

La voie était alors ouverte pour de nouvelles théorisations à propos de l’origine du monde, en particulier celles qui tentaient et tentent encore de nous faire croire que l’univers est issu d’un Big-bang.
Que retenir de ces cheminements ?

A cours des années 1950, Thomas Gold (US), Hermann Bondi et Fred Hoyle (GB) imaginèrent un univers éternel doté d’un champ de création à énergie négative d’où jaillissent les particules qui participent à l’expansion du cosmos ; sans qu’elle soit clairement exprimée, l’idée de création quantique allait faire école.
Ainsi, convaincus que tous les éléments chimiques proviennent de domaines stellaires extrêmement chauds, Ralph Alpher et Robert Hermann tentèrent de rendre compte de la formation des noyaux légers (deutérium, hélium et lithium) à partir d’ensembles de particules nucléaires, et s’interrogèrent à propos des éventuels « vestiges » laissés par ces synthèses cosmiques ; leurs calculs les conduisirent alors à envisager l’existence d’un rayonnement fossile à une température d’environ 5 K.

A la même époque, durant les années 1960, Robert Dicke et James Peebles suite à des spéculations mathématiques, envisagèrent des univers oscillatoires (expansion- contraction) sans toutefois arguer de démassification des matières cosmiques, comme nous le proposons.
Quant à Arno Penzias et Robert Wilson après avoir construit un radiomètre spécifique, ils détectèrent et mesurèrent (en 1964/1965) un bruit cosmique de fond qui s’avéra être un(le) rayonnement fossile.
Mais était-il unique ?

Il faudra attendre 1992, pour que John C. Mather et George F. Smoot (Nobel de Physique 2006), montrent à l’aide du satellite Cobe, que ce rayonnement provient de plusieurs directions avec semble-t-il, la même intensité, ce qui incitera la NASA à lancer le 30 juin 2001, la sonde WMAP (Wilkinson Microwave Anisotropy Probe) ; celle-ci au cours des années qui suivirent et jusqu’en 2011, permettra :
– de confirmer les fluctuations du rayonnement cosmique de fond,
– d’attester d’un l’âge de l’univers : 13,75 milliards d’années,
– et de quantifier la composition du cosmos : 4 % de matière ordinaire, 22 % de matière sombre et de 74 % d’une énigmatique forme d’énergie qui serait responsable de l’accélération de l’expansion.

Prenant en compte toutes ces observations et convaincus que la dynamique évolutive de l’univers présuppose, comme nous l’avons argumenté :
– des massifications d’énergie,
– de l’énergie non massifiée (pure) pour assurer la cohérence des objets cosmiques et les mouvoir,
– la démassification permanente de matières,
nous considérons donc l’univers comme ayant toujours connu, tout à la fois, d’incommensurables explosions et des myriades de domaines extrêmement chauds (milliards de degrés) permettant les nucléosynthèses.
En revanche, nous rejetons, avec assurance,
– l‘idée selon laquelle toute l’énergie inhérente à l’univers fut concentrée en un seul point et en un « instant » qui aurait précédé l’apparition de l’espace et du temps,
– les théories où des pouvoirs créateurs sont attribués à des opérateurs mathématiques, telle la théorie des cordes, où des ondes sont censées produire des objets quantiques.

Quant à l’énigmatique forme d’énergie mise en évidence par la sonde WMAP, nous admettons volontiers quelle puisse être à l’origine de l’accélération de l’expansion du cosmos, plus exactement, à l’origine de l’accélération de l’expansion de certains pans de l’univers, et c’est notamment pourquoi nous ne parlons pas,
– d’énergie du vide mais des énergies qui « sont » dans le vide,
– d’univers primordial mais d’états primordiaux de l’univers, nuances !

Mais alors,
pourquoi, de toute éternité, y a-t-il de l’énergie et de la matière, plutôt que rien ?,
pourquoi, relativement, n’y a-t-il qu’une très petite quantité d’Energie universelle qui devient matière ?

*

Ce nouvel éclairage ainsi jeté sur la compréhension du cosmos, conduit, évidemment, à reconsidérer la notion d’absolu, et à parler plutôt de sources primordiales des phénomènes, car nous pouvons désormais argumenter le « réalisme » de deux « sources » intemporelles ayant des relations avec le réel, à savoir,
– la source primordiale, d’ordre physique, attestée par l’Energie universelle,
– et la source primordiale, d’ordre transcendant, dont émerge l’entité créatrice qui, en charge du monde et animant les êtres, se reconnaît en l’homme sous le couvert du je (moi, ego, sujet, esprit).
Confortons ce point de vue révolutionnaire qui concerne la philosophie et la théologie, en analysant succinctement les processus et phénomènes qui caractérisent la matière vivante.

Qu’il y ait mémorisation et transfert de directives à effets biologiques dans la matière animée, nul ne le conteste désormais, encore faut-il savoir ce que ces mémorisations et ces transferts de « sens » présupposent, dès lors que les particules, les atomes et les molécules ne sont pas en contact étroit mais séparés par le vide quantique !
Là aussi les scientifiques (les biologistes) se satisfont de suppositions réductrices et même simplistes, dépendant de situations ; ils imaginent par exemple, des foultitudes de petits opérateurs (pouvoirs), au gré des phénomènes observés, que ce soit les processus nécessaires à l’émergence de la vie, ceux qui permirent et permettent l’évolution des espèces et des individus, sans oublier les processus intéressant la survie (reproduction, métabolisme, homéostasie, … la programmation génétique de la mort : apoptose, …), les processus physicochimiques propres aux gènes, …

Parmi ces opérateurs citons le cerveau reconnu maître à penser, les organes du corps (cœur, foie,…), les cellules libérant des messagers qui agissent, les ribosomes qui traduisent en séquences protéiques, …, les gènes homéotiques qui codent des protéines dont le rôle est de contrôler d’autres gènes …
Or il ne peut y avoir de multiples opérateurs au sein d’un être, qui reconnaissent, jugent en prenant en compte des repères de valeur communs à l’ensemble du phénomène de la vie (en particulier les repères temporels), …, qui décident et agissent,
et ce ne sont pas des lois qui ont ce pouvoir !
Un seul opérateur oui, mais que pouvons-nous raisonnablement ajouter qui « conforte » notre compréhension de l’univers, celle d’un monde avec une dualité de pouvoirs : physique et transcendant ?

Les incessantes activités inhérentes au domaine de l’abstraction des êtres, quels qu’ils soient, sont sans nul doute, celles qui attestent avec la plus grande certitude, l’implication permanente, dans le monde, d’une entité créatrice d’ordre transcendant, ne serait-ce que parce que c’est dans ce domaine que s’élaborent les directives à effets biophysiques nécessaires à la dynamique évolutive et comportementale des individus.

Ainsi, par le biais de telles activités les abeilles peuvent transmettre la « situation » de zones de nourriture à l’aide de danses, les fourmis peuvent faire connaître leurs cheminements par des molécules olfactives, …, les animaux supérieurs peuvent manifester leur attachement par des attitudes, le bébé homme peut signaler sa présence par des cris et des gestes simples, l’enfant peut employer des mots et de petites phrases, l’adolescent, après avoir « digéré » toutes les complexités de sa langue, peut faire des discours, …et le savant peut imaginer de subtiles théories.

De tels faits montrent également que cette entité créatrice (ce pouvoir transcendant) s’exprime différemment en et par chaque être, en particulier par le moyen de langages adaptés aux niveaux de complexité,
depuis le langage génétique, cet extraordinaires processus de mémorisation et de transfert du « sens », …, jusqu’aux langages ésotériques des scientifiques du XXI siècle.

L’analyse comparative de ces langages est d’ailleurs riche d’enseignements ; ainsi, le langage génétique nécessite l’interprétation permanente (la reconnaissance constante), de fréquences et d’amplitudes d’ondes électromagnétiques, vecteurs primordiaux du sens, qui sont inexorablement associées aux constituants de l’ADN,
plus exactement, l’interprétation des interférences de celles-ci,
interférences qui sont fonction de positions spatiales et de nano distances,
à l’instar du langage humain qui nécessite l’interprétation de la position des lettres dans le mot, des mots dans la phrase et des phrases dans le discours.
Observons à ce propos que contrairement à ce qui est constamment ressassé, les biologistes n’ont pas décodé le langage génétiques ; ils ne peuvent que spécifier et représenter dans l’espace, les structures moléculaires qui permettent sa mémorisation et sa transmission (en particulier, les structures de l’ADN).

Qu’en est-il dès lors de cette entité qui ne peut s’exprimer qu’en et par le biais de phénomènes et de processus, en particulier biophysiques ?
N’est-ce point une entité créatrice qui, bien que d’ordre transcendant et maître du sens, est cependant non omnipotente ?
Par exemple, ne sommes-nous pas contraints d’œuvrer pour savoir et de chercher pour savoir davantage ?

Nous en sommes convaincus et postulons que ce furent des développements fiables de capacités mémoire résultant de complexifications de molécules carbonées, qui,
conduisant à des accroissements substantiels d’informations et d’organisations de processus dans de la matière inerte spécifique contenant ces molécules et de l’eau,
permirent l’apparition de la vie,
et de ce fait, prônons avec assurance :
Cogito ergo mundus vivit (je pense donc le monde vit).
Descartes nous comprendra aisément !

Ainsi, l’émergence de la vie nécessita à la fois,
– la concomitance de myriades de facteurs et de processus physicochimiques alors que chacun d’entre eux dépendait de situations environnementales changeantes,
– et de multiples facultés d’ordre transcendant (de nature transcendante) permettant l’utilisation permanente du sens.
Ces constats qui montrent à l’évidence, comme nous l’avons précédemment argumenté, qu’il n’y a pas de rupture structurelle et « opérationnelle » entre les matières inerte et vivante, nous conduisent alors à reconnaître le sens comme un moyen primordial de création omniprésent dans l’univers,
et à rejeter l’un des a priori les plus erronés admis par l’immense majorité de l’intelligentsia, selon lequel l’utilisation du sens dans toute l’acception de ce concept, est propre au seul phénomène de la vie.

Faut-il rappeler que des bactéries totalement déshydratées, même après de longs séjours à très basse température, reprennent vie dès qu’elles sont replongées dans leur milieu naturel ?
Déshydratées, elles sont en effet des ensembles inertes de molécules carbonées (de la matière inerte) qui ont néanmoins des possibilités (des potentialités) de développement,
des potentialités que l’eau à l’état liquide et des directives à effets biologiques permettent d’actualiser (de matérialiser).

Des expériences récentes, et qui se poursuivent, jettent également un éclairage révolutionnaire sur la dynamique évolutive des mondes du vivant et de l’inerte ; selon des expérience effectuées en 2012 par le professeur Luc Montagnier (Nobel), l’on peut désormais « reconstituer » des éléments de structures biologiques, en l’occurrence des fragments d’ADN, par le biais d’ondes électromagnétiques « extraites » d’autres structures biologiques servant de références, montrant dès lors et en particulier, qu’il y a du « sens » dans la matière inerte, et que des ondes électromagnétiques en sont les vecteurs primordiaux puisque ce sont les seules à pouvoir traverser le vide quantique séparant les particules, atomes et molécules.

L’univers et sa dynamique ne sont donc pas les fruits de lois et de principes mais les aboutissements d’impérieuses et incessantes activités de création impliquant des massifications de l’Energie universelle et démassifications des matières cosmiques,
des activités qui comportent entre autres, de permanentes tentatives de complexification de la matière, notamment de la matière carbonée.
Sachant que le cosmos recèle, pour le moins 10 puissance 23 planètes, il est alors raisonnable de croire que des êtres aussi complexes que l’homme, de toute éternité, ont existé, existent et existeront dans l’univers.

Mais alors, pourquoi l’homme ?
N’est-ce point parce que vecteur exceptionnel de sens, du fait de sa complexité et de son enracinement quantique, il participe et est nécessaire à la conduite du monde ?!
Nous le croyons volontiers, d’autant plus que,
– l’homme est incité à rechercher sans cesse plus de connaissances, notamment par le biais de processus psychiques, ce qui génère des créations mentales d’ordre transcendant,
– et qu’il y a de permanents transferts d’informations et de directives entre le niveau d’entendement conscient et les niveaux d’entendement intériorisés, et ce jusqu’au niveau quantique, fondement de l’univers, par le biais d’ondes électromagnétiques vecteurs primordiaux du sens.

Paul Moyne
http://www.paulmoyne.com

N B – Les théories correspondantes concernant le « temps », l’ »apparition de la vie », le « langage génétique » et la « démassification des matières cosmiques » sont déposées à l’Académie des sciences, à Paris, sous plis cachetés.

Qu’ajouter d’autre, sinon, chapeau, et un grand merci.

Gaudius.

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Gaudius en plein New-Age

Posté par leblogdegaudius le 9 mars 2013

Avant de m’affilier à l’Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix, je ne savais rien de ce mouvement de pensée: le Nouvel Age. Ce sont mes discussions avec les uns et les autres qui m’ont « ouvert » à ces nouveaux horizons. On admirait des peintures lumineuses, d’inspiration spiritualiste, on écoutait des textes d’une haute portée mystique  ou on méditait sur de la musique harmonieuse, douce, apaisante, une musique faite pour vous aider à vous relaxer et à vous régénérer.

 

Et puis il y avait les auteurs, les magazines, les livres, les conférences, bref, tout un bouillonnement culturel, toute une effervescence. Tout pétillait, tout brillait, tout enchantait, car nous abordions l’ère du Verseau, qui amènerait enfin cette paix et cette fraternité universelle dont nous rêvions tous, nous serions tous « initiés à nous-mêmes », nous allions voir les cieux s’entr’ouvrir, nous allions accéder à de hauts niveau de conscience, nous allions rencontrer des      Maîtres et bientôt, nous tutoierions les étoiles.

 

Mais pour cela, il fallait travailler sur soi même, il fallait lâcher prise, il fallait s’ouvrir à l’Amour divin, il fallait accueillir le Christ Cosmique en soi, il fallait oser et explorer ses possibilités infinies,  il fallait….Jamais on n’avait tant parlé d’effort, de travail, d’œuvre, tout en faisant comprendre dans le même temps que les choses se faisaient « d’elles-mêmes » et qu’il fallait rester en « accueil », « réceptif », « domestiquer son égo » (quand il ne s’agissait pas tout simplement de l’anéantir) car c’était lui qui était l’obstacle, le mauvais génie, l’ombre qui nous empêchait de voir la lumière.

 

Dans le petit groupe que je fréquentais, les discussions allaient bon train. Les enseignements rosicruciens y avaient leur plus grande part, bien sûr, mais on parlait aussi parfois jusqu’à des heures avancées des Avatars et des Maîtres, certains adoptant d’ailleurs une mentalité SPA ( « je c herche un maître »), de la Grande Loge Blanche, nous commentions les derniers exploits de cosmonautes de l’astral, nous parlions des hauts lieux, nous discutions chakras et kundalini, énergies, vibrations, nature, elfes et élémentaux, , cristaux, astrologie, tarots ou numérologie « karmiques » ou « initiatiques »  (le best, pas les superstitions pour le tout-venant).

 

Tout de même, ça me paraissait un peu compliqué et un peu fumeux, mais je suivais le groupe, en attendant de me faire une idée plus exacte de la chose. Ce n’est pas que je négligeais mes monographies mais voulant rester relativement ouvert, et convaincu avec et par d’autres que nous n’avions pas le monopole de la spiritualité, j’absorbais tout sans discernement. Croyant faire des pas de géant, je noircissais mes carnets de « révélations »,  d’ «inspirations », je me mettais à employer des termes pompeux et ampoulés, ne me rendant même pas compte que je ne faisais que répéter comme un perroquet ce que j’avais lu ou entendu ici ou là. C’est comme çà que fonctionne le New-Age : sans discernement de notre part ,on apprend à mettre le masque du spiritualiste alors que la démarche rosicrucienne nous apprend à nous révéler tels que nous sommes, mais ça, je l’ai compris bien plus tard.

 

Les choses faisant leur effet, j’ai vu petit à petit éclater le petit groupe es-New-Age que je suivais ; dans le même temps, je me prenais de monumentales baffes qui ont eu au moins pour mérite de me ramener sur terre et à plus de raison. Dans un premier temps, une immense colère vis-à-vis de ma crédulité, vis-à-vis aussi des autres, qui m’avaient trompé… Non, ils ne m’avaient pas trompé,  JE m’étais trompé tout seul comme un grand. Et puis, avec le temps, je me suis dit que ces personnes auront été d’une grande aide pour moi, ne serait-ce que pour avoir montré ce qu’il ne fallait surtout pas faire. Chacun est parti de son côté, chacun a choisi une autre route, je les ai vus s’éloigner, un peu triste quand même, mais décidé à respecter leur choix, j’ai accepté leur décision. Puissent-ils au moins avoir retrouvé un peu de bon sens, c’est tout le mal que je leur souhaite.

 

Méthodiquement, j’ai fait le tri dans mes lectures, j’ai jeté quelques livres inutiles, les cassettes sont au fond d’un tiroir, pas prêtes de ressurgir (je crois me souvenir que j’ai réenregistré par-dessus certaines) et je suis beaucoup plus dubitatif  vis-à-vis des belles déclarations , des « révélations cosmiques »ou des lectures faciles, celles qui vous font faire de beaux rêves et rien de plus.

 

Et pourtant, le New Age que j’ai connu n’avait rien de commun avec celui de maintenant. J’en ai eu la certitude quand on a commencé à parler des anges et de la kabbale. J’ai vu qu’il n’y avait alors plus d’espoir et que ces doctrines proposées ne pouvaient que séduire des rêveurs ou des esprits indolents.

 

J’ai tiré un trait, je suis passé à autre chose ou plutôt, j’ai abordé les choses avec plus de prudence, de circonspection même. Il m’arrive d’avoir la dent dure et d’être ironique, parce que je ne veux plus m’en laisser conter comme avant et les affirmations gratuites, ne reposant sur rien de tangible, mais au goût du jour, la façon d’énoncer des vérités spirituelles premières en hochant la tête comme des bigotes ont le don de m’exaspérer et parfois, je ne peux m’empêcher de me faire l’avocat du diable, rien que pour créer un choc salutaire chez l’interlocuteur.

 

Relative intolérance ? Peut-être. Sûrement, même.

 

Je ne sais rien de toutes ces révélations, de tous ces plans, de tous ces avatars, mais ce que je sais, c’est qu’un chemin spirituel n’est pas facile ET N’ A PAS A L’ETRE. La facilité, c’est la paresse, et on ne progresse pas en « laissant faire ». C’est notre propre travail qui nous forme, et pas de belles paroles. Au moins, au sein de l’AMORC, le travail ne manque pas et c’est tant mieux comme ça.

Gaudius

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La queste de Sire Olivier de Saint-Omer – 2ème partie

Posté par leblogdegaudius le 3 mars 2013

Mais l’heure du repas approchait et chez certains, messire Gaster se rappelait à leur attention. Nous entamâmes sans plus tarder les rôtis et les pâtés, ainsi que le bon pain de froment que nous avions emporté dans nos bagages, sans oublier de dire les grâces, et fîmes honneur aux barriques de vin qu’un compagnon eut la bonne idée d’emmener.

Phébus dardait ses rayons sur nous tandis qu’un oiselet guilleret nous régalait l’ouïe de sa mélodie enchanteresse. En vérité, nous étions bien, et notre repas bien garni commençait à faire ses effets. Déjà, certains dormaient benoîtement et se mettaient à ronfler. Mais l’heure s’avançait et il fallait reprendre la route.

L’un de nous demanda:

- Noble sire Olivier, n’est-il pas grand temps de repartir? Il nous faut trouver ce lion qui nous mettra sur la voie.

- C’est bien conseillé, compagnon, concéda notre sire. Allons, remettons-nous en chemin!

- Mais où est ce lion dont la dame nous a parlé?

- Te souviens-tu de l’énigme?

- Aller à la place du Roi. Au palais, donc. Mais y trouverons des lions? Notre Sire n’aime que les chiens. Peut-être sous le trône, qui sait? Il y a bien des lions sculptés, mais jamais on ne nous laissera commettre un tel sacrilège!

- Ta raison t’égare, mon bon. Place du Roi, c’est Place Royale. Quant au lion parlant que nous y trouverons, et bien… Advienne que pourra!

 

Péniblement, lourdement, nous nous remîmes donc en route. Après avoir fait bien du chemin, nous arrivâmes devant une fontaine. Voilà qui serait bien pour faire boire les chevaux. Devant elle se trouvait une femme, qui semblait attendre on ne sait quoi ou qui. Elle était richement parée et ne se gênait pas pour dévoiler ses « avantages ». Bien des yeux s’allumèrent, car nous avions compris ce qu’elle faisait ordinairement. Lorsqu’elle aperçut Sire Olivier, elle fit la plus gracieuse des révérences.

- Bonjour à vous, gentil bachelier, dit-elle dans un grand sourire. Belle journée, en vérité. Désirez-vous vous délasser? Je connais un endroit fort agréable, ma foi, ou de belles dames se feraient grande joie de vous accorder tout ce que vous désirez. Et si moi-même, je puis vous être agréable…

Sire Olivier ne répondit pas, car il était fort troublé. On l’aurait été à moins devant si charmant tableau. Mâtin la belle fille!

Notre Sire Olivier avait été formé à la dure école des armes et il avait trempé son corps et son esprit à toutes disciplines. Rarement avait-il eu l’occasion de goûter aux délices de la vie. On raconte même qu’il n’avait jamais connu femme ou pucelle. Et voilà qu’une fille folieuse lui tombait tel un cadeau du ciel. Grand prodige, en vérité. Allait-il enfin succomber? La donzelle avait un je-ne-sais-quoi qui chavirait l’âme et les sens.

La belle se faisait plus insistante:

- Allons, noble sire, vous n’allez pas faire l’affront de refuser mon hospitalité! Ma maison est accueillante et mes gens fort dévoués envers les braves et nobles soldats. Dites un mot, parlez, par la grâce de Dieu!

Après un moment, Sire Olivier prit une grande respiration:

- Dame, soyez remerciée pour votre hospitalité. Mais je ne puis accepter ce que vous m’offrez si … généreusement. En vérité, ce serait grandement offenser le Seigneur que d’offenser dame ou pucelle. Je devine qu’on vous a contrainte à exercer ce vilain métier. Parlez sans crainte, dites qui vous force. Au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, je châtierai les coupables et vous rendrai votre honneur!

Dès lors, la belle changea complètement d’attitude. Comme par magie, d’autres vêtements la recouvrirent, lui donnant allure plus noble.

- Doux Sire, lui dit-elle enfin, point n’aurez besoin d’en arriver là, car ce que vous voyez là n’est qu’apparences et masques, et vous avez bien passé l’épreuve. Vous avez su domestiquer vos appétits sensuels et faire preuve de chasteté.

Vous avez prouvé que vous étiez digne de votre titre. En vérité, votre noblesse et votre grandeur d’âme m’ont touchée à ce point que je désire être à vous et à nul autre.

- Noble Dame, votre offre me trouble plus encore, mais je dois encore refuser. J’ai fait serment de ne point prendre épouse et de me consacrer à notre Seigneur et à Notre-Dame, Madame Marie.

J’en ai le cœur tout navré car j’éprouve pour vous un sentiment qui ne vient pas de la chair. Mon esprit en est tout exalté, comme si je touchais à la suprême félicité.

- Ce sont nos âmes qui ont communié. Et ce dont vous parlez s’appelle l’Amour. Un amour épuré, sincère et vrai. Un de ces amours terrestres qui touche à l’Amour Céleste.

- Dame, je vous serai fidèle à jamais. Mais je dois également respecter mon serment. Aussi, pourquoi ne pas nous lier par le serment du sang? Nous serons plus proches que frère et sœur, et nous resterons tous deux purs.

- Qu’il en soit ainsi!

Et ainsi fut fait. Sire Olivier et la Darne s’entaillèrent chacun le doigt et mélangèrent leur sang. Puis elle lui demanda d’attendre un moment et rentra dans une petite maisonnette, bien coquette et bien proprette. Elle en ressortit, portant un heaume et des jambières, ainsi qu’une épée qu’elle remit à notre Sire.

- C’était l »épée de mon père. Il a combattu vaillamment toutes les forces du mal et me l’a remise pour l’offrir au chevalier qui serait digne d’elle. Elle vous aidera à débarrasser notre bonne ville d’un brigand qui infeste nos rues et nous rend la vie dure.

-Madame, je jure de me montrer toujours digne d’elle et de votre confiance. Mais avant de repartir, je dois trouver un lion qui me mettra sur la voie. Où le trouverai-je?

La Dame l’emmena devant un lion de bronze, de l’autre côté de la fontaine.

- Voici votre lion, beau bachelier. Interrogez-le.

Comme notre sire n’y entendait goutte, elle reprit:

- Vous avez dompté votre lion intérieur, pour devenir vous-même un lion. Sa force et son courage vous sont acquises pour le bien d’autrui.

Mais il y a d’autres lions dans cette vie, et qui se terrent dans leur tanière. Le brigand dont je vous ai parlé est de ceux-là. Allez, et faites bonne justice. Le lion vous montre le chemin.

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Pendant ce temps là,sur la planète Tatawinn, Luke Whitesoccer avait une explication orageuse avec son coach, Dark Kador:

- Luke, je suis ton père!

- Même pas vrai! Ma mère me l’aurait dit!

-Mais, Luke…

- Nan! D’ailleurs, j’en mettrais ma main à couper!

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Une interview de Serge TOUSSAINT sur ADO BFM

Posté par leblogdegaudius le 28 février 2013

ADO FM : Bob vous dit toute la vérité

http://www.blog-rose-croix.fr/wp-content/themes/bizco/themify/img.php?src=http://www.blog-rose-croix.fr/wp-content/uploads/2013/02/ado-fm-15-02-13.jpg&w=800&h=

Disponible aussi sur le blog de Serge TOUSSAINT.

Une écoute grand public, un entretien simple et bon enfant.

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La paix commence tout petit

Posté par leblogdegaudius le 23 février 2013

J’ai à de nombreuses reprises évoqué le thème de la paix, repris également par notre Grand Maître Serge Toussaint sur son blog ou dans les articles de la revue Rose-Croix, et je me suis demandé pourquoi, malgré nos efforts et nos voeux, nous avions tant de mal à en faire une réalité vivante. L’homme est il vraiment un loup pour l’homme, l’homme est il foncièrement violent, et n’y a-t-il que peu d’espoir?

J’en étais à ces réflexions quand je suis tombé sur le site d’Olivier MAUREL,à propos de la violence éducative.

http://www.oveo.org/index.php?option=com_content&view=article&id=81:journee-internationale-de-la-paix-21-septembre&catid=36:textes-fondamentaux&Itemid=50

J’ai été réjoui de constater que, fondamentalement, tout petit, nous avons tous les éléments pour faire de nous des artisans de paix et que c’est une éducation mal comprise qui peut l’empêcher d’aboutir. Je vous livre l’article tel quel:

Les bases de la paix existent déjà chez l’enfant

Par Olivier Maurel, président de l’Observatoire de la Violence éducative ordinaire (OVEO).

A l’occasion de la Journée internationale de la Paix du 21 septembre 2008, il est bon de réfléchir à l’une des phrases du préambule constitutif de l’UNESCO : « Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix. »

Belle formule apparemment, mais qui dissimule deux réalités fondamentales.

La première, c’est que les « défenses de la paix » n’ont pas à être « élevées » dans l’esprit des hommes, parce qu’elles s’y trouvent déjà dès leur naissance – tout simplement parce que nous sommes des animaux sociaux programmés en quelque sorte pour vivre ensemble.

La première de ces défenses s’appelle l’attachement. L’enfant naît avec, en place dans son cerveau, tout un système inné qui le porte à chercher à s’attacher à sa mère, puis à tous les êtres humains qui lui manifestent de l’intérêt et qui le protègent. Ce système, vital pour lui, répond au fait que l’organisme de l’enfant, qui naît prématuré, « sait » en quelque sorte qu’il ne peut survivre s’il n’est pas pris en charge par des adultes. Par tout un ensemble de comportements – pleurs, regards, bras tendus, sourires -, le bébé cherche à s’attacher des adultes. Cet attachement initial, quand il se passe bien, est une solide base, un prototype pour les relations futures de l’enfant, qui acquiert ainsi confiance en lui, puisqu’il a réussi à ce qu’on s’occupe de lui, et confiance dans les autres, puisqu’il voit qu’ils s’intéressent à lui et le protègent. Or, ces relations de confiance sont les bases de la paix.

Le nouveau-né porte également en lui un autre système, tout aussi vital, qui lui permet de partager les émotions des autres. A son stade le plus élémentaire, c’est ce système qui fait que, quand un bébé pleure dans une maternité, tous les autres bébés se mettent à pleurer. C’est le même système qui, dans le monde animal, fait qu’au cri d’alarme et à l’envol d’un oiseau pouvant faire supposer un danger, tous les autres oiseaux s’envolent. A un stade plus élaboré, ce système permet d’interpréter les émotions des autres à partir de leurs mimiques ou de leur comportement, et donc de déceler une menace ou une invite à la relation. Ce système est enfin et surtout la base de la compassion et de l’humanité en tant que valeur morale. Il nous fait partager les émotions des autres, comprendre leur souffrance et donc, s’il a pu se développer normalement, éviter de les faire souffrir, parce qu’en les faisant souffrir nous souffrons avec eux. Des êtres humains chez qui l’empathie a pu se développer sont incapables de blesser, de tuer, et à plus forte raison de torturer un de leurs semblables. Inversement, leur empathie les pousse à aider, à secourir les autres.

Troisième système et troisième base potentielle de la paix : l’imitation. Les enfants sont des imitateurs-nés. Ils portent, nous portons tous dans nos cerveaux des neurones qu’on a appelés « neurones-miroirs », qui enregistrent tous les comportements que nous voyons et nous préparent à les reproduire. Cette imitation n’est pas volontaire, elle est automatique. Pour l’enfant, tous les comportements auxquels il assiste sont des incitations à l’imitation. S’il a la chance d’avoir autour de lui des adultes qui vivent en harmonie et qui, lorsque des conflits se produisent entre eux, savent les résoudre sans violence, il va lui aussi porter ce savoir inscrit dans son système nerveux et être capable spontanément de relations harmonieuses et de réconciliation.

Ainsi, lorsque ces trois bases de la paix pourront s’ancrer solidement, dès leur enfance, dans les esprits de la majorité des adultes d’une société, la société deviendra capable de résoudre intelligemment les conflits quand il s’en présentera, parce que ces adultes connaîtront la valeur du lien entre les personnes, qu’ils éprouveront de la compassion à l’égard des autres, et qu’ils auront acquis les comportements nécessaires à la résolution des conflits.

Mais la belle formule de l’UNESCO dissimule une deuxième réalité : si l’on se croit obligé d’ »élever » dans l’esprit des hommes les « défenses de la paix », c’est que les défenses innées de la paix qui s’y trouvaient ont été altérées, voire détruites, par le mode d’éducation le plus universellement répandu, à savoir la violence, les punitions corporelles et les humiliations.

Quand on frappe un enfant, on pervertit sa volonté d’attachement en y introduisant la violence. On lui apprend qu’il est normal de frapper ceux qu’on aime. Et à plus forte raison, bien sûr, ceux qu’on n’aime pas. Et voilà détruite non seulement l’une des plus solides défenses de la paix, mais aussi le principe le plus basique de la morale : « Ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu’on te fasse », principe qu’on devra ensuite réinculquer laborieusement à l’enfant et dont on se désolera qu’il ne le pratique pas comme il devrait.

Quand on frappe un enfant ou qu’on lui inflige d’autres punitions douloureuses, on l’oblige à se blinder contre la souffrance pour arriver à « tenir le coup ». C’est ce qu’a réussi à faire l’enfant qui répond à une claque ou à une fessée par un « Même pas mal ! » Mais le malheur, c’est qu’en se blindant ainsi contre ses propres sensations, ses propres émotions, on devient également insensible aux émotions des autres et capable de leur faire subir n’importe quel traitement sans plus rien éprouver, d’où la capacité de torturer l’un de ses semblables. Et voilà détruite l’empathie, la seconde des plus solides défenses de la paix.

Enfin, quand on frappe un enfant, la première chose qu’on lui apprend, ce n’est pas à être sage ou à bien faire ses devoirs, mais à frapper, parce que ses neurones-miroirs ont enregistré automatiquement le geste de l’adulte modèle. Et voilà non seulement détruite l’une des défenses de la paix, l’imitation de comportements de réconciliation, mais installés dans les comportements de l’enfant les gestes mêmes de la violence, dotés en plus du prestige du comportement de l’adulte. Être adulte, c’est être du côté du manche.

Autrement dit, avant de songer à « élever les défenses de la paix dans l’esprit des hommes », il est urgent de renoncer à des pratiques éducatives qui détruisent les capacités innées des enfants à devenir des hommes de paix. Je propose donc une correction de la formule du préambule de l’UNESCO : « Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes quand ils n’ont pas été respectés dans leur enfance, c’est par le respect des enfants et des bases de la paix dont ils sont porteurs qu’on rendra la paix possible. »

Je vous recommande aussi ces articles en relation avec ce thème:

http://www.oveo.org/index.php?option=com_content&view=article&id=344:sept-choses-que-les-parents-doivent-savoir-a-propos-des-pleurs-du-bebe&catid=51:pour-aller-plus-loin&Itemid=65

http://www.oveo.org/index.php?option=com_content&view=article&id=343:non-lempathie-ne-rend-pas-les-bebes-capricieux-&catid=51:pour-aller-plus-loin&Itemid=65

Comme quoi, l’information n’est jamais inutile et que « c’est de l’ignorance, et de l’ignorance seulement que l’homme doit être délivré ».

Lisez, faites lire et circuler.

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