Bonne et heureuse année 2015

Posté par leblogdegaudius le 1 janvier 2015

Chères et chers ami(e)s,

Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne et heureuse année 2015, pour les vôtres et pour vous mêmes, et vous adresse par la même occasion tous mes voeux de Paix Profonde.

bonne année 2015

Gaudius

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Dinner for one (sketch)

Posté par leblogdegaudius le 29 décembre 2014

Pour terminer l’année sur une note joyeuse, je vous propose ce sketch, « à se bidonner » , comme on dit. Celles et ceux qui étaient à Bruxelles en 2005 , dans un certain théâtre, s’en souviendront sûrement.

Résumé de la saynète:

Une vieille dame anglaise, miss Sophie, veut fêter son quatre-vingt-dixième anniversaire avec ses amis de toujours, Sir Toby, l’amiral von Schneider, Mr Pommeroy et Mr Winterbottom. Probablement sont-ils tous déjà décédés, car c’est son majordome qui va jouer les rôles de toutes ces personnes, et, en particulier, il va vider leurs verres à chaque plat.

Image de prévisualisation YouTube

Passez toutes et tous un joyeux réveillon et un bon nouvel an.

Publié dans Humour | Pas de Commentaire »

Le vent souffle où il veut et quand il veut – Pierre VASSILIU

Posté par leblogdegaudius le 9 décembre 2014

En hommage à ce drôle de zigue, décédé cette année, une chanson méconnue mais d’une grande tendresse et d’une grande humanité.

Image de prévisualisation YouTube

Publié dans Discussion générale | Pas de Commentaire »

L’Alchimie, art de musique – Visite Mystique et Initiatique de la Basilique Notre Dame de Saint-Quentin : comptes-rendus

Posté par leblogdegaudius le 28 novembre 2014

Une de mes correspondantes, Sabrina, s’est montrée intéressée par le sujet de l’Alchimie. Pour répondre à ses interrogations ainsi qu’à celles des autres visiteurs de mon blog, j’ai rédigé un compte-rendu qu’Edmond BOUYER a présenté à Valenciennes. Il se peut qu’il y ait des lacunes, mais j’ai essayé d’être le plus fidèle possible à l’esprit de la conférence:

« Les textes anciens nous disent souvent que Musique et Alchimie sont liées par nature. Certaines représentations artistiques, dessinées, peintes ou sculptées, nous montrent des partitions musicales ou des instruments de musique qui semblent n’avoir aucun rapport avec le sujet. Dès qu’apparaissent ces signes, nous savons que l’interprétation de l’œuvre doit s’orienter vers l’hermétisme.

Mais il y a plus, les Grecs anciens nous ont transmis une expression musicale difficilement explicable aujourd’hui par les meilleurs spécialistes en la matière : « la gamme chromatique ». Qu’est-ce à dire? La traduction nous donne : « la gamme colorée ». Tiens donc ! Comment un son peut-il représenter une couleur ou inversement et cela en toute certitude ?

Mais les temps sont venus, les langues se délient, les cœurs s’ouvrent. Certains auteurs nous parlent, depuis longtemps déjà, des couleurs de l’œuvre et récemment un hermétiste reconnu a poussé la complaisance jusqu’à détailler dans un de ses ouvrages, cette fameuse coction du troisième œuvre où la Pierre en travail « chante »…

Une note par jour, sept jours pour la gamme, un huitième jour pour fermer l’octave. Si nous parvenons à ce point, que se passe-t-il réellement dans le matras de l’œuvre ? »

 

C’est ainsi que se présentait la conférence qu’animait ce samedi 15 novembre, au Grand Hotel de Valenciennes, Edmond Bouyer, conférencier officiel de l’URCI, section Traditions et Philosophies. Pour en savoir davantage, de nombreux participants s’étaient déplacés. Malgré quelques soucis techniques, Edmond Bouyer put délivrer sa conférence.

 

Dans un premier temps, le conférencier explicite le texte de présentation et fait remarquer que lorsque dans certaines sculptures, sur les cathédrales par exemple, on remarque des instruments de musique ou des partitions, il faut y associer l’alchimie. Il explique ensuite qu’on travaille sur le minéral comme sur le végétal et l’animal.

Le Créateur a des noms multiples : l’Un, le Tout, l’Intelligence Universelle, l’Innomable, le Grand Architecte de l’Univers…  Sa création est une création macrocosmique. La manifestation se fait à partir du « Fiat Lux » et opère par densification.

1ère densification : feu  → air → eau → terre

Densification de l’énergie : son → lumière noire → lumière blanche → lumière colorée (ultraviolets, ou « lumière ascendante ») → couleurs de l’arc-en-ciel → infrarouges →chaleur (qui s’étend partout et qui rayonne : la chaleur, pour l’alchimiste, est une substance et tient sa place) → flamme.

Dernière condensation : le nitre, ou salpètre, « fils de l’azote ».

Le conférencier décrit ensuite le Grand Œuvre et explore la voie de l’antimoine. L’antimoine (voir à ce sujet  le «Splendor Solis » http://fr.wikipedia.org/wiki/Splendor_Solis). L’antimoine est aussi appelé la «sibine », ou trisulfure d’antimoine.

Il existe 2 méthodes pour la purification de la sibine :

              la calcination par le feu naturel, de  500° C. à 600°C. Mais on assiste à une diminution de la masse et il reste du trisulfure d’antimoine.

              ou le feu solaire (avec une loupe), avec une augmentation de la masse.

Il est nécessaire de rechercher le « feu secret » : le sel composé de nitre et de tartre des tonneaux. A partir du régule d’antimoine ; obtenu par la limaille de fer, la sibine et le sel, on extrait le souffre et le mercure. Chauffé de 40°C à 500 °C., progressivement,  le produit se sépare en matière blanche, le mercure alchimique, et en matière noire, le souffre alchimique. Le travail du souffre devra ensuite s’effectuer avec la rosée récoltée en lune montante, et jusqu’à obtenir de la couleur rouge.

Edmond BOUYER décrit ensuite les 3 œuvres : l’œuvre au noir, l’œuvre au blanc, l’œuvre au rouge. Le même processus se répètera pour les 3 œuvres.

1er œuvre : 1 partie de « noir » pour 2 parties de « blanc », chauffée à 40°C dans l’obscurité, et dans un athanor pendant environ 40 jours, jusqu’à obtention d’un produit noir, puis gris, puis blanc. Ensuite, apparait un cercle jaune autour de la matière blanche qui se développe ensuite vers le centre, jusqu’à devenir rouge. Le processus total dure environ 90 jours, on a obtenu le souffre.

2ème œuvre : on réutilise le mercure du 1er œuvre et on répète l’opération. Le processus dure de 30 à 60 jours.

3ème œuvre : on réutilise le mercure et le sel du 1er œuvre, on répète de nouveau l’opération. Cette fois-ci, la durée totale du processus n’est plus que de 8 jours. On a enfin obtenu la Pierre Philosophale.

Le produit obtenu se révèle acide et toxique. Il doit être ensuite « dulcifié » par l’utilisation de vinaigre de vin chauffé et distillé. Il est pilé et mélangé au vinaigre distillé à trois reprises (le vinaigre distillé ainsi s’est transformé en alcool pur, mis dans un flacon bouché hermétiquement)  Par la dulcification de la Pierre Philosophale, on a obtenu l’Elixir de vie. Lorsqu’elle est fermentée avec de l’argent, elle permet la transmutation des métaux en largent et fermentée avec de l’or, elle permet leur transmutation en or.

Le conférencier insiste sur le désintéressement, puis il explique brièvement que l’élixir sert à l’animal et à l’humain tandis que la pierre ne sert qu’au minéral. Et il y a autant de pierres philosophales qu’il y a d’élément.

 

Retour sur le 3ème œuvre :

Nous avons vu que la matière cuit pendant 8 jours dans son creuset. Et, chaque jour, la pierre « chante » : elle émet une note par jour pendant 100 secondes. Si l’octave est complète, la pierre est réussie, le creuset se fend et la Pierre apparaît. On trouve dans l’ouvrage d’Eugène CANSELIET « L’Alchimie expliquée sur ses textes classiques » cette expérience qu’il mena en mai 1951. Pour cela, il monta un dispositif simple, comme expliqué sur ce schéma :

 expérience de Canseliet                                                                                                                              

Le poids et la température du dispositif sont en constante évolution et sont relevés chaque jour au moment où une note est émise. Il ne la mena que jusqu’au 7ème jour ; il lui manqua la 8ème note pour achever le travail. Le poids de la matière passa de 164,70 g à 291,70 g, soit un gain de 127 g. (or, la matière aurait dû doubler son poids pour atteindre 329,40 g). Le 7ème jour, la « coction » s’arrête sans raison apparente donnant un « enfant mort-né ». Que se passa-t-il ? En fait, il faut pour cela se référer à la « fréquence de Pythagore ».

             

Les fréquences obtenues sont proches de la fréquence musicale.  Dans une expérience réussie, la matière double son  poids initial. Le poids et  la fréquence augmentent  et manifestent   les couleurs.   Or, dans l’expérience ratée de CANSELIET,  on constate un déficit de poids et  de chaleur au 6ème jour. Si on fait le rapport poids initial x la fréquence du la (1,688), on devrait normalement obtenir ceci : 164,90 g x 1,688 = 278,35 g.

tableau rapport note-alchimie

(Note: je n’ai pas réussi à tout noter, mais j’ai essayé de capter l’essentiel)

CANSELIET réussit-il plus tard ? Personne ne peut l’affirmer. Toujours est-il que, même ratée, cette expérience démontre bien que l’Alchimie est un art « musical ».

En guise de conclusion, Edmond BOUYER fit remarquer que la   8ème étape est  le début d’un niveau supérieur. Il rappelle enfin l’importance de la préparation intérieure, car l’Alchimiste doit faire corps avec son œuvre, et être à même, dans son laboratoire, de répéter le travail de la création divine.

Dans le même ordre d’idée, voici le compte-rendu de la visite de la basilique de Saint-Quentin:

  Le dimanche 26 octobre 2014 le Pronaos Lumière a organisé une visite de la Basilique de Saint-Quentin, du point de vue de l’alchimie, partie majeure de la Philosophie Hermétique, laquelle est considérée comme la marque de la Tradition Primordiale au sein de l’ésotérisme occidental.

 

         Intéressés d’abord par la Vierge Noire située dans la nef,  troisième chapelle à gauche, ensuite, par le Chemin Initiatique des Etoiles, tracé sur le sol de la Basilique, comprenant un Labyrinthe très bien conservé, trois Rose des Vents et quelques étoiles.

La suite est ici:

http://www.rose-croix-nord.fr/conferences/CR%20St%20Quentin.htm

 

Publié dans Evénements | 1 Commentaire »

Une visite au Grand Orient : « 3 siècles d’antimaçonnisme »

Posté par leblogdegaudius le 31 octobre 2014

Une fois n’est pas coutume, je vous parlerai, non pas de rosicrucianisme, mais de maçonnisme ou plutôt d’antimaçonnisme.

J’ai constaté comme tant d’autres la montée des extrémismes et de l’intolérance. Parmi les cibles choisies, la franc-maçonnerie en a plus que sa part. Il y a des francs-maçons au sein de l’AMORC, qui restent généralement discrets sur leur parcours, mais je ne pense pas qu’ils apprécient le traitement qui est réservé à leurs obédiences.

Quand j’ai appris qu’une conférence serait donnée par des francs-maçons à Lille ce samedi 25 octobre à 17h au Temple de la rue Thiers,  j’ai sauté sur l’occasion et je me suis inscrit par internet quelques jours auparavant. Le thème de la conférence était « 3 siècles d’antimaçonnisme 1738-2014, une source des discours « anti » »  et se déroulerait en 3 parties :

  1. L’antimaçonnisme au XVIIIe siècle, naissance d’un mythe moderne : le complot des francs-maçons par Daniel Morfouace,
  2. L’antimaçonnisme antirépublicain, du XIXe siècle aux persécutions de Vichy par Yves Hivert-Messeca
  3. L’Antimaçonnisme contemporain : résurgences et mutations par Jiri Pragman

Puis c’est Daniel Keller, Grand-Maître actuel du Grand Orient de France, qui conclurait la soirée.

Le jour venu, donc, je me rends rue Thiers à l’heure dite et je me présente à l’entrée. Un rapide contrôle, et on m’invite à monter à l’étage : la conférence aura lieu dans le temple lui-même, et pas dans une salle plus neutre. Mazette ! Ça  n’est pas rien quand même !

Un membre m’invite à m’assoir en priorité sur les sièges du nord. Je ne sais si c’est voulu ou si c’est le hasard, ni si la signification du nord en franc-maçonnerie est identique à celle qu’on trouve dans notre ordre, mais toujours est-il que cela me rappelle « quelque chose ».

Bref, je m’installe, et je regarde le décor : des sculptures et des statues de l’Egypte ancienne ornent les murs et l’orient du temple, avec notamment des sphinx qui gardent un escalier, et des globes ailés sur les murs. A l’orient, des vitraux avec la lune, le soleil et le triangle lumineux tandis qu’à l’occident, je remarque notamment un pentagramme dans lequel est inscrit la lettre G et ce qui me semble être la Grande Ourse.

Jiri Pragman est déjà dans la salle et s’occupera du diaporama. Peu à peu, le temple se remplit, les sièges sont pratiquement tous occupés et j’ai l’impression qu’il y a au moins une centaine de participants. Sans doute beaucoup de francs-maçons car beaucoup se reconnaissent et se saluent ou se font 3 bises. Enfin, les conférenciers et les dignitaires font leur entrée ; parmi eux, Daniel Keller. Le responsable de la loge lilloise souhaite la bienvenue à l’assemblée et précise que le siège du « vénérable » a été utilisé lors du tournage du film « Forces occultes » pendant la 2ème guerre mondiale, après les décrets de Vichy.  Puis les conférenciers interviennent.

En premier lieu, Daniel Morfouace introduit son entretien avec cette citation de Goya : « Le sommeil de la raison engendre des monstres ».

La franc-maçonnerie apparait au XVIIème siècle, au « Siècle des Lumières » et se veut d’inspiration biblique sur des bases opératives. On trouve dans les loges des notables, des nobles et des ecclésiastiques. La franc-maçonnerie reçoit au début un accueil positif

Mais dès 1730, on assiste à des divulgations de statuts et de rituels, souvent le fait de quelques francs-maçons eux-mêmes. L’hostilité apparait vers les années 1740-1750 avec la première condamnation en 1738 du pape Clément XII. La bulle,  » In eminenti apostolatus specula », n’aura que très peu d’effet car elle n’a pas été enregistrée au parlement de l’époque (cette bulle sera reprise par la suite lors du Concordat). 

C’est l’ouvrage de l’abbé Augustin Barruel qui donne le départ, avec son ouvrage « Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme » en 1797.  L’abbé Barruel y expose sa thèse : la Révolution Française a été prévue et préparée par les sociétés secrètes. Il y voit  les complots des philosophes des Lumières, de la franc-maçonnerie « contre les autels et le trône », et la main des Illuminés de Bavière. (Il y fait aussi le distinguo entre la franc-maçonnerie anglaise, « la bonne », et la franc-maçonnerie française).  Le livre remporte un succès immédiat.

Avant de terminer son exposé, Daniel Morfouace révèle que ces thèses ont été parfois revendiquées par les francs-maçons eux-mêmes, et il conclut en déclarant que ce mythe sera porteur par la suite de tout ce qui sera antimoderne et anti-démocratique.

Puis vient le tour d’Yves Hivert-Messeca. Avec rondeur, bonhomie et une pointe d’accent méridional, il aborde l’antimaçonnisme, du XIXème siècle à Vichy. La franc-maçonnerie est immédiatement interdite en Espagne tandis qu’elle devient une franc-maçonnerie d’état en Angleterre, en Suède, en Russie et en France. Il explique que l’antimaçonnisme est en fait la conjonction des anti-lumières et des complotistes.

Viennent les années 1870 en France. Du fait de la guerre, il y aura beaucoup de départs qui seront compensés par l’arrivée de nouveaux membres qui étaient républicains. La franc-maçonnerie française se transforme. Du côté catholique, on assiste aussi à la venue des antirépublicains. Apparaissent alors des ouvrages d’auteurs dont celui de Mgr de Ségur, petit-fils de la comtesse, (intitulé tout simplement « les francs-maçons) connait un succès immédiat. Puis ce furent l’affaire Dreyfus, l’affaire des fiches (général André : 1900-1904)  et la loi 1905. Mais c’est l’affaire Dreyfus qui coagule l’antisémitisme et l’antimaçonnisme : c’est la naissance de l’anti-judéo-maçonnisme, théorisé par des ex maçons comme Léo Taxil et Jules Doinel. La gauche n’est pas en reste, puisqu’on assiste là aussi à l’apparition d’un antimaçonnisme de gauche, notamment en Italie et en Russie (3ème internationale, Trotsky).

Durant la 1ère guerre mondiale, l’antimaçonnisme tend à diminuer d’ampleur mais il reparait dans les années 1930. Tous les totalitarismes, rouge comme noir, interdisent la franc-maçonnerie. Suite à  l’affaire Stavisky, en 1934, 4 députés demandent l’interdiction de la franc-maçonnerie en France. Le vote a lieu avec 370 voix contre à gauche, 80 pour et 112 abstentions. Du fait de la radiation de certains francs-maçons, les effectifs chutent de 8 000 membres.

En 1940, le régime de Vichy interdit la franc-maçonnerie. Le summum se situe en 1943 dans toute l’Europe. Seuls 5 pays européens seulement autorisent la franc-maçonnerie : le Royaume Uni, l’Irlande, l’Islande, la Suisse et la Suède. Ce sera le générale De Gaulle qui, en rétablissant la légitimité républicaine, dans l’ordonnance du 9 août 1944, abrogera les lois anti-juifs et antimaçonniques de Vichy (il aura déjà auparavant promulgué une ordonnance  à Alger, le 15 décembre 1943).

Jiri Pragman, dans la 3ème partie de la soirée, aborde l’antimaçonnisme contemporain. Aux manettes de son diaporama, il montre que les antimaçonniques font un usage énorme de l’image : c’est une anti maçonnerie décomplexée, voire même haineuse, où on retrouve certains catholiques extrémistes, des militants d’extrême droite et des militants d’extrême gauche (les francs-maçons sont toujours qualifiés de « sans-Dieu » et de « libertins »). Les catholiques extrémistes et l’extrême droite accusent la franc-maçonnerie d’être à l’origine de « lois mortifères », on leur attribue de nouveau l’origine de la Révolution Française ; (notamment chez les manifestants opposés au vote de la loi sur « le mariage pour tous »), on évoque les « hauts grades », on assiste à l’apparition des injures, de tags et de banderoles dans n’importe quelle circonstance…

Certains protestants évangéliques ne sont pas en reste et eux aussi utilisent beaucoup d’images, comme celle du « Baphomet », certains responsables organisent des « séminaires de délivrance », ou propagent des rumeurs  comme la pédocriminalité, les sacrifices humains ou des meurtres.

Chez certains musulmans aussi l’antimaçonnisme est apparu : la charte du Hamas en parle ; on associe également l’antimaçonnisme avec le sionisme, on réutilise le «Protocole des Sages de Sion », réputé faux. Les conflits du Moyen-Orient attisent aussi l’antimaçonnisme.

Certains auteurs s’amusent à trouver des symboles «maçonniques » presque partout. Les réseaux sociaux sont beaucoup utilisés. Il ne faut pas non plus oublier le rôle de la presse dans les affaires traitant de « pouvoirs » et de « réseaux », ni les interventions des déçus et des renégats.

Face à tout cela, Jiri Pragman insiste sur l’importance du démontage. Dans son ouvrage, « l’antimaçonnisme actuel », il s’interroge :

 

 «  La situation est-elle grave? Sans doute mais le problème n’est pas limité à la franc-maçonnerie. Ne serait-ce pas une affaire d’instruction? Après observation de l’antimaçonnisme, à côté d’actions d’extériorisation de la maçonnerie, de la diffusion d’une information pédagogique et scientifique sur la maçonnerie, ne faudrait-il pas de manière plus générale favoriser l’éducation aux médias, particu­lièrement aux e-médias?

Les maçons et leurs obédiences ne pourront, eux, faire l’impasse sur une réflexion. Faudra-t-il vivre caché pour vivre heureux et s’en aller vers une maçon­nerie plus secrète que discrète? Ou faudra- t- il gérer autrement la communication et se poser la question des différentes formes d’extériorisation?

Faudrait-t-il créer un observatoire de l’antimaçonnisme et développer une branche de la maçonnologie consacrée à cet antimaçonnisme tel qu’il se diffuse aujourd’hui?

Les chantiers sont ouverts… »

 

En conclusion, Daniel Keller insiste sur la lutte contre ce genre de comportement fanatique et en appelle à la lutte pour la lutte et le maintien de la république. C’est dans ce sens qu’il prend, en quelque sorte, son bâton de pèlerin et qu’il interviendra par la suite dans d’autres villes de France sur ce même thème.

(N.B. : je n’ai pas pris note de toutes les déclarations de Daniel Keller, parce que mon attention s’était quelque peu relâchée après tout ce temps. Je n’ai pas non plus voulu faire un copié-collé des articles de presse pour « remplir » mon article. Je m’en excuse auprès de lui pour cette lacune.)

 

Après ces dernières paroles, les organisateurs proposèrent le pot de l’amitié en « salle humide ». Le lent reflux de la foule vers les agapes me laissa le temps de mieux admirer les portraits et les documents accrochés ici et là. Au milieu de la foule, j’essaie de me glisser afin de jeter un petit coup d’œil. Dans une vitrine sont exposés des sautoirs, et sur les murs, des affiches un peu partout. La bibliothèque est grande.

 

J’avise un conférencier, Yves Hivert-Masseca,  et je lui pose la question que je n’ai pas eu le temps de poser dans le temple. Nous discutons bien et un jeune homme, sans doute un franc-maçon se joint bientôt à nous. Le conférencier relate des incidents qui sont arrivés à certains membres, mais pondère ses propos en disant qu’il ne faut pas y voir systématiquement des actes antimaçonniques là où il y a des actes de voyous. Il confirme que même si la situation actuelle est inquiétante, on n’en est pas pour autant revenu aux années 1930. En ce qui concerne l’avenir, il semble dubitatif et envisage la fin du modèle occidental et patriarcal. Des femmes assistent également à la conversation tandis que la salle se vide petit à petit.

 

Soudain, mon estomac se rappelle à moi. Il est temps de prendre congé. Chipant au passage une poignée de cacahuètes salées, je remercie le responsable pour l’accueil simple et la qualité des entretiens, puis je file dare-dare au restau-rapide du coin (vous savez, celui avec le clown et les lettres jaunes).

 

Je suis content de ma soirée, et j’ai apprécié l’érudition des intervenants. Et à présent, je pose cette question : cette lutte contre toutes les formes d’obscurantisme et de fanatisme doit-elle être laissée aux seuls francs-maçons ou bien est-elle l’affaire de tous ? En ce qui me concerne, c’est oui. Le combat à mener est celui pour l’intelligence et la pédagogie. Face aux attaques qu’ils subissent, c’est tout à l’honneur des francs-maçons du GODF, en la personne de leur Grand-Maître,  de réagir et de ne pas laisser le champ libre aux fanatiques. Et j’ajouterai même : il était temps !

Temple maçonnique lille

Gaudius

P.S.: si un membre ou un conférencier relevait des erreurs, des oublis ou des contresens, je l’invite à me le faire savoir et à apporter toutes les corrections dans le sens voulu.

Publié dans Evénements | Pas de Commentaire »

Prière, que je t’aime!

Posté par leblogdegaudius le 2 octobre 2014

Je vous présente ma nouvelle vidéo, que j’ai faite sur un poème d’un mystique rosicrucien anonyme. Bonne écoute à toutes et tous!

Image de prévisualisation YouTube

Publié dans Vidéos de GAUDIUS | 2 Commentaires »

La gauche impotente

Posté par leblogdegaudius le 10 septembre 2014

Une semaine dure pour le gouvernement actuel, et qui révèle dans quel état se trouve la gauche « social-libérale », « social-démocrate », « responsable », « moderne » : mal en point.

L’ex-compagne du président (non, on ne peut pas lui attribuer le qualificatif de « première dame », parce qu’ils n’ont jamais été mariés) exhale ses souffrances et ses rancœurs dans un brûlot destiné à « montrer le vrai visage » de son ex. Voilà qui réjouira les lecteurs de la presse people et les responsables de l’opposition. Et qu’on pleurniche sur la « désacralisation de la fonction ». Mais qui c’est-y qui a commencé, hein ? Mais passons.

Un secrétaire d’état, Thomas  THEVENOUD, oublie non seulement de payer ses impôts, mais aussi son loyer, alléguant d’une certaine « phobie ». Cela dit, il n’a pas menti, il n’a pas volé ! Non, le problème est ailleurs : il souffre d’un syndrome préoccupant : le CHÉPLUS. Cela affecte la mémoire immédiate et à long terme. Pourtant, je suis sûr que le petit Bernard a bien retenu l’exemple parental. Imaginons cette conversation entre son père et lui :

-          « Dis, papa, qu’est-ce que tu fais ?

-          Comme tu le vois, fiston. Je remplis ma déclaration de revenus.

-          Pourquoi ?

-          Parce qu’il faut payer des impôts.

-          C’est quoi, des impôts ?

-          C’est des sous qu’on donne à l’état.

-          Et pourquoi on doit donner des sous à l’état ?

-          Vois-tu, mon petit Thomas, ça sert à payer ta maitresse d’école, par exemple, ou les policiers, ou le docteur qui t’a soigné à l’hôpital, par exemple.

-          Je n’aime pas l’hôpital, na !

-          Je sais, fils, je sais.

-          Mais… tu as déjà donné des sous à l’état, l’année passée !

-          Oui, mais il faut recommencer.

-          Et tu fais ça… tous les ans ?

-          Oui, fils, tous les ans. »

Imaginons que  le petit Thomas  n’ait pas reposé la question, parce qu’il avait sûrement intégré cette notion. Un tel oubli ne peut être assurément que d’origine pathologique. Le CHÉPLUS a aussi une influence sur le comportement : il provoque des phobies incontrôlables, ici, une « phobie administrative ». J’imagine les réactions atterrées des électeurs de Saône et Loire : « Hé, maman, on a élu un malade ! ». Jérôme CAHUZAC souffrait-il de ce même mal ?

Comble de malchance, le gouvernement et le président sont de plus en plus impopulaires : on leur reproche leur absence de résultats, leur manque de fermeté, leur manque de vision à long terme… à la hauteur des attentes déçues. Mais cela fait des années que la « gauche moderne » déçoit régulièrement. Pour faire simple, on attends toujours d’elle qu’elle favorise la justice sociale, qu’elle impulse et guide les changements nécessaires au bon fonctionnement de la société, qu’elle reste branchée sur les plus hautes aspirations légitimes du peuple, qu’elle ait une vision à long terme et qu’elle sache mobiliser les énergies et les enthousiasmes.

Contrairement à la droite, symbole de stabilité qui peut vite dériver vers l’immobilisme, le contentement, la satisfaction repue, on veut que la gauche incarne le mouvement, le changement, l’imagination, voire le petit grain de folie nécessaire. C’est pourquoi une gauche « raisonnable » est une gauche malade, surtout depuis le tournant libéral de 1983. Le mal s’est aggravé en 1992 et on finit par se demander si la gauche « moderne » « social-démocrate », « social-libérale », est bien en état de gouverner une nation et si elle ne ferait pas mieux de renoncer à une tache au-dessus de ses forces étant donné qu’elle est incapable de s’opposer aux dérives de la finance, de traiter d’égal à égal avec ses partenaires, de parler d’une voix ferme à ses adversaires, de favoriser l’émergence de nouvelles idées, de préparer un avenir autre que celui de serf soumis à la férule des grandes banques. Les prédécesseurs, la droite libérale, « décomplexée » et « remusclée » avaient donné l’image désastreuse de l’arrogance et de la servilité face aux forces de l’argent. Naturellement, pouvait-on dire, d’où le divorce des centristes avec cette droite-là.

La gauche a déçu, et on n’attend pas grand-chose de la droite. Entre l’arrogance et l’impotence, quel choix autre que l’abstention ou les extrêmes ? L’abstention, autrement dit la résignation, et les extrêmes, sources de désordres et annonciateurs de situations pires encore (parce qu’après le désordre généré, un « ordre » dictatorial s’installe le plus souvent, pour ne pas dire toujours). Peut-être faudrait-il faire des piqûres de rappel à l’un et l’autre camp et leur remettre en mémoire la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, la constitution d’avant 2007, et surtout leur demander pourquoi ils ont choisi la politique, autrement dit de se mettre au service de la nation. De la nation et non au service d’une autre, ou d’un groupe d’autre, ou d’une quelconque oligarchie.

Quel citoyen, quelle figure emblématique, quelle voix assez forte battra le rappel ? Sans doute, à titre individuel, existe-t-il des politiques de bonne volonté mais d’un point de vue collectif ? Qui donnera enfin des explications claires ? D’un côté, on affirme que la mondialisation, c’est bien et que le repli, c’est mal et de l’autre côté,  qu’il faut reprendre ses billes et lutter contre la mondialisation. Pendant des années, on a dit que l’inflation, c’était mal, qu’on devait lutter contre elle et qu’il fallait de la rigueur, pour s’entendre dire maintenant que l’inflation aurait plus d’avantages qu’on ne pensait et que la rigueur, ce n’est pas bon. Pendant des années, on a demandé au citoyen de « se serrer la ceinture » pour favoriser l’essor et le développement des entreprises, les travailleurs ont consenti à des sacrifices en espérant contribuer à la redresse économique et ils ne voient toujours rien venir. Pourquoi toujours demander plus et encore plus s’il n’y a pas l’amorce d’une relance ?

On dit que malgré tout, notre nation possède de nombreux atouts et que nous aurions tort de nous plaindre. Des atouts, certes, mais alors lesquels ? Sur quoi faut-il tabler et que devons-nous abandonner ou changer ? Et surtout, quels projets, quel programme, quelle vision d’avenir ? Concrètement, quel sera le visage de la nation en 2050 ? Les politiques pourraient peut-être reprendre un langage plus clair et voir à long terme ? Chacune, chacun, aspire à manifester le meilleur d’elle-même ou de lui-même et espère être bien éclairé par ceux qui ont la charge des affaires de l’état. C’est quand la confiance et l’espoir sont trahis que tout peut devenir dangereux.

C’est surtout le manque de perspective qui plombe le moral de nos semblables : ne pas savoir où on se dirige fait présager du pire, et c’est comme ça que la confiance reste en berne. Sans clarté, sans confiance, sans vision d’avenir, les citoyens auront toujours l’impression d’être abusés soit par des arrogants, soit par des incompétents. Sans clarté, sans confiance, sans vision d’avenir, les citoyens finissent par voir le monde comme extrêmement dangereux, aspirent au repli, et finissent par se diviser entre eux. La cohésion n’existe plus, il n’y a plus que des adversaires ou des ennemis, parce qu’on ne voit plus l’intérêt de vivre ensemble et de se fréquenter. Dès lors, les politiques deviennent inutiles car de cité, il n’y en a plus, il n’y a plus que des grottes et des cavernes.

Tout le monde sent que « quelque chose » couve, qui attend de se manifester. Qu’en sortira-t-il ? Je repose donc la question : quelle femme ou quel homme, politique, écrivain, philosophe, penseur… est ou serait capable de dire leur fait aux arrogants et aux impotents ? Qui ou quel groupe est  ou serait capable de dire clairement les choses et remobiliser les énergies et les bonnes volontés ? Le temps presse!

malade

Gaudius

M.A.J. du 11/10/2014:

Jean-Pierre CHEVENEMENT, illustre mieux que je ne saurais dire comment «  »L’action de la gauche a participé au désarroi français »

http://www.chevenement.fr/L-action-de-la-gauche-a-participe-au-desarroi-francais_a1653.html

Publié dans Coups de dents | Pas de Commentaire »

La Nuit Obscure – Je meurs de ne pas mourir- Sylvie BUISSET

Posté par leblogdegaudius le 1 septembre 2014

En ce début de rentrée d’année scolaire, je vous propose une nouvelle vidéo sur un texte de Thérèse d’Avila développé par Jean de la Croix, sur le thème de la Nuit Obscure. La Nuit Obscure est une épreuve que les mystiques traversent. Thérèse d’Avila et Jean de la Croix en ont parlé dans leurs écrits. Ce diaporama est l’illustration d’un texte de Thérèse d’Avila, développé par Jean de la Croix et admirablement servi par la voix cristalline de Sylvie BUISSET.

Image de prévisualisation YouTube

Bonne écoute à toutes et à tous!

Gaudius

Publié dans Vidéos de GAUDIUS | Pas de Commentaire »

Le corbeau – Edgar Allan POE- Traduction de Stéphane MALLARME

Posté par leblogdegaudius le 14 août 2014

J’aimerais vous faire partager une vidéo sur un poème d’Edgar Allan Poe: « Le corbeau ». C’est un magnifique travail élaboré par Fred DAREVIL. Laissez-vous imprégner par l’ambiance sonore, et porter par les mots, l’intonation, le débit, plongez dans les affres d’une âme tourmentée si bien rendues par une voix inspirée. (si vous êtes intéressés par d’autres vidéos de ce style, je vous mets le lien de sa chaîne: http://www.youtube.com/user/FredDarevil)

Image de prévisualisation YouTube

Vous pouvez également suivre la traduction de Stéphane MALLARME ci-dessous

Une fois, par un minuit lugubre, tandis que je m’appesantissais, faible et fatigué, sur maint curieux et bizarre volume de savoir oublié — tandis que je dodelinais la tête, somnolant presque : soudain se fit un heurt, comme de quelqu’un frappant doucement, frappant à la porte de ma chambre — cela seul et rien de plus.

Ah ! Distinctement je me souviens que c’était en le glacial Décembre : et chaque tison, mourant isolé, ouvrageait son spectre sur le sol. Ardemment je souhaitais le jour — vainement j’avais cherché d’emprunter à mes livres un sursis au chagrin — au chagrin de la Lénore perdue — de la rare et rayonnante jeune fille que les anges nomment Lénore : — de nom pour elle ici, non, jamais plus !

Et de la soie l’incertain et triste bruissement en chaque rideau purpural me traversait — m’emplissait de fantastiques terreurs pas senties encore : si bien que, pour calmer le battement de mon cœur, je demeurais maintenant à répéter « C’est quelque visiteur qui sollicite l’entrée, à la porte de ma chambre — quelque visiteur qui sollicite l’entrée, à la porte de ma chambre ; c’est cela et rien de plus. »

Mon âme devint subitement plus forte et, n’hésitant davantage « Monsieur, dis-je, ou Madame, j’implore véritablement votre pardon ; mais le fait est que je somnolais et vous vîntes si doucement frapper, et si faiblement vous vîntes heurter, heurter à la porte de ma chambre, que j’étais à peine sûr de vous avoir entendu. » — Ici j’ouvris, grande, la porte : les ténèbres et rien de plus.

Loin dans l’ombre regardant, je me tins longtemps à douter, m’étonner et craindre, à rêver des rêves qu’aucun mortel n’avait osé rêver encore ; mais le silence ne se rompit point et la quiétude ne donna de signe : et le seul mot qui se dit, fut le mot chuchoté « Lénore ! » Je le chuchotai — et un écho murmura de retour le mot « Lénore ! » — purement cela et rien de plus.

Rentrant dans la chambre, toute mon âme en feu, j’entendis bientôt un heurt en quelque sorte plus fort qu’auparavant. « Sûrement, dis-je, sûrement c’est quelque chose à la persienne de ma fenêtre. Voyons donc ce qu’il y a et explorons ce mystère — que mon cœur se calme un moment et explore ce mystère ; c’est le vent et rien de plus. »

Au large je poussai le volet ; quand, avec maints enjouement et agitation d’ailes, entra un majestueux Corbeau des saints jours de jadis. Il ne fit pas la moindre révérence, il ne s’arrêta ni n’hésita un instant : mais, avec une mine de lord ou de lady, se percha au-dessus de la porte de ma chambre — se percha sur un buste de Pallas juste au-dessus de la porte de ma chambre — se percha, siégea et rien de plus.

Alors cet oiseau d’ébène induisant ma triste imagination au sourire, par le grave et sévère décorum de la contenance qu’il eut : « Quoique ta crête soit chenue et rase, non ! Dis-je, tu n’es pas pour sûr un poltron, spectral, lugubre et ancien Corbeau, errant loin du rivage de Nuit — dis-moi quel est ton nom seigneurial au rivage plutonien de Nuit. » Le Corbeau dit : « Jamais plus. »

Je m’émerveillai fort d’entendre ce disgracieux volatile s’énoncer aussi clairement, quoique sa réponse n’eût que peu de sens et peu d’à propos ; car on ne peut s’empêcher de convenir que nul homme vivant n’eut encore l’heur de voir un oiseau au-dessus de la porte de sa chambre — un oiseau ou toute autre bête sur le buste sculpté, au-dessus de la porte de sa chambre, avec un nom tel que : « Jamais plus. »

Mais le Corbeau, perché solitairement sur ce buste placide, parla ce seul mot comme si, son âme, en ce seul mot, il la répandait. Je ne proférai donc rien de plus : il n’agita donc pas de plume — jusqu’à ce que je fis à peine davantage que marmotter « D’autres amis déjà ont pris leur vol — demain il me laissera comme mes Espérances déjà ont pris leur vol. » Alors l’oiseau dit : « Jamais plus. »

Tressaillant au calme rompu par une réplique si bien parlée : « Sans doute, dis-je, ce qu’il profère est tout son fonds et son bagage, pris à quelque malheureux maître que l’impitoyable Désastre suivit de près et de très près suivit jusqu’à ce que ses chansons comportassent un unique refrain ; jusqu’à ce que les chants funèbres de son Espérance comportassent le mélancolique refrain de « Jamais — jamais plus. »

Le Corbeau induisant toute ma triste âme encore au sourire, je roulai soudain un siège à coussins en face de l’oiseau et du buste et de la porte ; et m’enfonçant dans le velours, je me pris à enchaîner songerie à songerie, pensant à ce que cet augural oiseau de jadis — à ce que ce sombre, disgracieux, sinistre, maigre et augural oiseau de jadis signifiait en croassant : « Jamais plus. »

Cela, je m’assis occupé à le conjecturer, mais n’adressant pas une syllabe à l’oiseau dont les yeux de feu brûlaient, maintenant, au fond de mon sein ; cela et plus encore, je m’assis pour le deviner, ma tête reposant à l’aise sur la housse de velours des coussins que dévorait la lumière de la lampe, housse violette de velours dévoré par la lumière de la lampe qu’Elle ne pressera plus, ah ! Jamais plus.

L’air, me sembla-t-il, devint alors plus dense, parfumé selon un encensoir invisible balancé par les Séraphins dont le pied, dans sa chute, tintait sur l’étoffe du parquet. « Misérable, m’écriai-je, ton Dieu t’a prêté — il t’a envoyé, par ces anges, le répit — le répit et le népenthès dans ta mémoire de Lénore ! Bois ! Oh ! Bois ce bon népenthès et oublie cette Lénore perdue ! » Le Corbeau dit : « Jamais plus ! »

« Prophète, dis-je, être de malheur ! Prophète, oui, oiseau ou démon ! Que si le Tentateur t’envoya ou la tempête t’échoua vers ces bords, désolé et encore tout indompté, vers cette déserte terre enchantée — vers ce logis par l’horreur hanté : dis-moi véritablement, je t’implore ! Y a-t-il du baume en Judée ? — dis-moi, je t’implore. » Le Corbeau dit : « Jamais plus ! »

« Prophète, dis je, être de malheur ! Prophète, oui, oiseau ou démon ! Par les Cieux sur nous épars — et le Dieu que nous adorons tous deux — dis à cette âme de chagrin chargée si, dans le distant Eden, elle doit embrasser une jeune fille sanctifiée que les anges nomment Lénore — embrasser une rare et rayonnante jeune fille que les anges nomment Lénore. » Le Corbeau dit : « Jamais plus ! »

« Que ce mot soit le signal de notre séparation, oiseau ou malin esprit, » hurlai-je, en me dressant. « Recule en la tempête et le rivage plutonien de Nuit ! Ne laisse pas une plume noire ici comme un gage du mensonge qu’a proféré ton âme. Laisse inviolé mon abandon ! Quitte le buste au-dessus de ma porte ! Ôte ton bec de mon cœur et jette ta forme loin de ma porte ! » Le Corbeau dit : « Jamais plus ! »

Et le Corbeau, sans voleter, siège encore — siège encore sur le buste pallide de Pallas, juste au-dessus de la porte de ma chambre, et ses yeux ont toute la semblance des yeux d’un démon qui rêve, et la lumière de la lampe, ruisselant sur lui, projette son ombre à terre : et mon âme, de cette ombre qui gît flottante à terre, ne s’élèvera — jamais plus !

corbeau

Publié dans Discussion générale | 4 Commentaires »

Vous avez dit: « illusion »? (histoire drôle)

Posté par leblogdegaudius le 8 août 2014

Un homme était en recherche de vérité et il s’était intéressé à toutes les traditions et toutes les philosophies possibles, et il était tombé sur cette grande vérité: « Le monde n’est qu’une illusion ».

Riche de ce nouveau savoir, il imposait à qui voulait l’entendre cette grande et noble vérité: « Le monde n’est qu’une illusion ». Il savait démonter à merveille les mécanismes mentaux de ses interlocuteurs et leur prouver par A + B, avec citations à l’appui, qu’ils étaient dans l’illusion la plus totale, que leurs conceptions n’étaient qu’illusion et qu’eux-mêmes, si on voulait bien creuser un petit peu… Rien ni personne ne pouvait le contredire et il était devenu un maître en matière de « briseur d’illusions ».

Or, un jour, alors qu’il se promenait dans la rue, il avisa un poteau. Tout de suite, son mental se mit en route: ce qu’il voyait n’était qu’illusions, il ne fallait pas s’attacher à la forme. Toujours plongé dans ses pensées, il se dirigeait bravement vers le poteau, et… BING! Il tomba, à moitié assommé.

On l’aida à se relever, et il s’assit sur un banc non loin de là pour reprendre ses esprits. Encore tout étourdi, il se demandait ce qui avait bien pu se passer. Il entendit alors dans sa tête une petite voix, un peu narquoise, qui lui dit:

« Soit tu n’as pas foi en ce que tu dis, soit ta prétention d’être sans illusions est elle-même une illusion ».

illusion_Spinning

Gaudius

Publié dans Humour | Pas de Commentaire »

123456...11
 

My review 1st |
Just'in |
Mespetitespensees.com |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Gabyblogusa
| Becomemydream
| Raviromar