Le 21 décembre: attention, danger… de fou-rire.

Posté par leblogdegaudius le 18 décembre 2012

Des vidéos intéressantes pour ceux qui croient que la fin du monde arrive :

Parce que la connaissance doit remplacer la croyance et la superstition.

Les médias relatent que « des gens » se rendent à Bugarach dans l’hypothétique espoir d’échapper à la mort quand « la fin du monde » arrivera.

Des gens, ça fait combien? Trois, ce sont des gens. Une dizaine, ce sont aussi des gens et une centaine aussi. Alors quoi?

On s’apprête à rire des quelques crédules qui se sont laissés conter.

Dans le même temps, voici ce que le film « 2012″ a engrangé comme bénéfices: 769 millions de dollars américains dans le monde. Plus de 4,6 millions d’entrées  en France.

A ceux qui sont allés voir ce film, avez-vous le droit de condamner ceux qui ont cru à cette fable? Si vous y êtes allés, est ce que d’une certaine façon, ce n’est pas parce que, inconsciemment, vous y adhérez?

A ceux qui se prétendent spiritualistes: croyez vous que parce que c’est votre bon plaisir et que vous y croyez, tout d’un coup, le 21 décembre, vous allez vous transformer en demi-dieux?

Des alignements planétaires, il y en a depuis perpétuité et la Terre poursuit sa course bon an mal an depuis des millions d’années. Nombreux sont celles et ceux qui se sont risqués à prophétiser… avec les résultats qu’on connaît.

Oui, le 22 décembre, on pourra pousser un énorme fou-rire, mais il faudra aussi réfléchir et être déterminé à ne plus s’en laisser conter et même, de boycotter à l’avenir ceux qui tenteront de faire des profits juteux en misant sur les peurs des uns et des autres. Une seule devise valable: « fais ce que doit, advienne que pourra ».

A voir aussi là: http://www.blog-rose-croix.fr/20100611a-propos-de-2012/

Et le 22 décembre…

Le canard était toujours vivant (Robert Lamoureux)

… et nous aussi!

Gaudius

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Barbaries

Posté par leblogdegaudius le 14 décembre 2012

Ce matin, au réveil, j’ai entendu quelque chose sur les tortures en Irak, qualifiées de « regrettable » ou quelque chose de ce genre. A ce moment là, Oradour sur Glane, c’est une « boulette de la part des nazis et ce qu’a fait Lindie England, ce sont des gamineries? Et ces enfants morts suite à des mauvais traitements de la part de leurs parents tortionnaires, ils l’avaient cherché?  DE QUI SE MOQUE-T-ON?

Rien ne peut expliquer ni excuser les actes de barbarie et ceux qui s’y livrent ne méritent plus le qualificatif d’être humain. J’estime qu’ils doivent  être bannis de la communauté humaine, mis en quarantaine et leur lieu de résidence doit être signalé, leur identité connue. Je n’ai pas envie de me retrouver voisin d’un barbare qui risque sûrement de récidiver et les quelques bénis-oui-oui qui ont l’excuse et le pardon facile (surtout pour les autres parce quand ça leur arrive…) sont les plus grands complices de ce genre d’atrocité. Appelons un chat un chat, nommons les actes de barbarie par leur nom et les tortionnaires des monstres. Oui, je suis en colère, parce que rien pour moi ne justifie de tels actes et que les coupables et les responsables ne doivent pas échapper à la justice des hommes.

Gaudius

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Les karmateurs.

Posté par leblogdegaudius le 3 décembre 2012

Tout étudiant à la spiritualité fait connaissance de cette loi qu’on appelle le «karma », et qu’on peut aussi intituler « loi de compensation ». On apprend que toute pensée, toute parole et toute action trouvent leur contrepartie, que ce soit en positif ou en négatif. Dans le premier cas, on parle de « crédit karmique » alors que dans le second, on parlera de « dette karmique ».

Or, il apparaît que c’est ce dernier terme qui revient le plus souvent dans les conversations, de salon ou autre et on ne se prive pas pour citer à l’envie les différentes paroles du Bouddha à ce sujet. Et qu’on te guette, et qu’on te suppute pour savoir si ce qui arrive à untel ou unetelle n’est pas d’origine karmique. Et qu’on se demande si les tuiles qu’on reçoit sur la tête ne sont pas d’origine karmique. Et qu’on opine du chef comme de vieilles bigotes en répétant : « c’est le karma ».

Le karma (sous-entendu négatif) devient alors synonyme de punition divine et conforte les paresseux ou les mauvaises langues dans leurs travers : si c’est karmique, c’est qu’on ne peut rien y faire. Si c’est karmique, c’est parce qu’il ou elle l’a bien mérité.

Il n’est jamais venu à l’idée de personne de ceux qui se disent spiritualistes de se demander si ça vaut bien la peine de connaître une loi pour ne pas en tirer les conséquences pour soi-même et essayer de faire preuve de sagesse, de modération et de retenue plutôt que de se laisser aller aux spéculations ou aux jugements téméraires ? Et le karma positif, qu’est ce que vous en faites ? Les moments de bonheur et de joie, vous trouvez ça naturel, et il ne vient pas à l’idée de dire simplement « merci » ?

Arrêtons de nous préoccuper outre mesure du karma, qui de toute façon, s’occupe de nous.  Arrêtons d’en faire une épée de DAMOCLES. Arrêtons de nous comporter en petit comptable de la spiritualité qui calcule que s’il glisse par exemple une petite pièce au mendiant ou s’il rend de menus services, alors il accumulera des points pour son après-vie, tout en redoutant d’être puni par le bon dieu, le petit Jésus, le grand Bouddha ou Saint Truc.  Posons nous  plutôt la question de savoir ce qu’on doit apprendre ou assimiler à travers toute épreuve, QU’ELLE SOIT D’ORIGINE KARMIQUE OU NON. Et demandons- nous si les petits instants de joie, de sérénité, de bonheurs ne sont pas là aussi pour nous tester.  Abandonnons même toute référence au karma et agissons selon notre conscience, pour l’intérêt d’autrui, sans rien en attendre en retour sinon l’honneur d’avoir été utile.

Gaudius

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Toto fait de la spiritualité

Posté par leblogdegaudius le 30 novembre 2012

Source: http://iwen.free.fr/reflexions/toto.htm

Site « L’éveil du coeur » de Kessani et Chris IWEN

Qu’est-ce qu’un Toto ? Il s’agit d’un paisible chevalier qui souhaite « doucement » que le monde devienne un paradis, mais qui a malencontreusement égaré un peu de son intelligence rationnelle en chemin, parfois sans vraiment s’en rendre compte, et quelquefois en revendiquant fièrement ses carences en termes de capacité de raisonnement. Un Toto est quelqu’un d’adorable, mais à qui l’on hésiterait à confier la responsabilité d’une tâche importante qui demanderait rigueur et précision. A côté de cela, un Toto fait un excellent compagnon de jeu, là encore à condition que ce soit un jeu dont les règles ne soient pas complexes, et qui n’ait pas d’enjeu important. Ce qui va suivre n’est pas une attaque contre les Toto, mais juste un petit portrait nécessairement partiel, afin d’aider à mettre en évidence une figure qui se cache souvent sous des conceptions erronées devenues quasiment des idées reçues chez une partie des spiritualistes. Nous tenons à dire aux Toto que nous les aimons tels qu’ils sont. Surtout qu’ils ne changent pas, si l’ensemble de l’humanité intégrait une petite partie (juste ce qu’il faut, pas plus) de l’esprit Toto, les choses iraient nettement mieux sur cette planète.

***

Le chemin de vie de Toto l’a conduit à un moment donné à s’intéresser à la spiritualité, et à se considérer finalement comme un spiritualiste. Avant de s’intéresser à la spiritualité, Toto a rêvé de devenir un jour médecin. Toto a obtenu son bac avec quelques sueurs froides, mais le premier trimestre en première année de la fac de médecine s’est avéré trop difficile. Il a laissé tomber en se disant que de toutes les façons ce qu’on enseignait en fac de médecine c’était totalement n’importe quoi. Après son petit saut en fac de médecine, Toto a eu envie de faire chanteur. Il était convaincu d’avoir une voix exceptionnelle, et d’être naturellement très doué pour le chant. Mais en essayant de concrétiser son nouveau rêve, il s’est rendu compte que faire des répétitions, faire des maquettes, et monter des dossiers pour démarcher des producteurs… c’était bien trop difficile. Toto a fini par se dire que c’était bien suffisant de chanter sous sa douche.

Nono, un ami à Toto, avait lui aussi laissé tombé la fac de médecine. Mais à la différence de Toto, Nono s’était rendu compte qu’il préférait faire de la couture. La confection de beaux vêtements lui plaisait bien plus que l’étude des différents types de pustules. Toto et son ami Nono ont connu bien des virages dans leur cheminement dans la vie sociale, mais à cause de la pression des nécessités de survie, un peu à cause de la pression de la famille et des amis qui les poussaient à assumer leur vie, et aussi un peu à cause de la peur de se retrouver dans la rue sans ressource… à cause de tout cela, ils ont fini par trouver une activité professionnelle. Toto a fini par trouver une place d’assistant magasinier dans une grande surface, et Nono est finalement devenu professeur de biologie dans un collège.

Nono a eu du mal à se trouver une activité professionnelle, parce que peu de choses l’intéressaient parmi toutes celles que le système proposait. Mais les difficultés de Toto avaient une autre origine. Toto était un peu paresseux, et dès qu’une chose lui demandait un certain niveau d’effort, il préférait laisser tomber. C’est avec un sentiment sous-jacent d’irritation que Toto se lève chaque matin pour aller travailler, car il aimerait bien pouvoir se reposer et se détendre sans se soucier de rien. Toto a gardé la nostalgie, à demi inconsciente, de sa vie de petit enfant, une vie dans laquelle il n’avait qu’à jouer et à dormir, et où les parents s’occupaient de tout. Tout était facile, et le seul effort qu’il avait à faire pour obtenir quelque chose était de demander à son père ou à sa mère.

Au fond de lui, un peu inconsciemment, Toto détestait devoir pratiquer une activité professionnelle, et il attendait impatiemment l’horizon de la retraite pour avoir à nouveau une vie facile et pouvoir se dispenser de sortir de son lit. D’une certaine manière, Toto voulait juste être tranquille. Sans trop savoir comment cela se fit exactement, Toto découvrit la spiritualité, et il se sentit attiré par les propos d’un enseignant spirituel qui disait qu’il était possible de réaliser la paix inconditionnelle, un état intérieur de profonde quiétude qui pouvait devenir permanent, et dans lequel la vie était vécue sans souffrance, dans un profond bonheur. Cet enseignant s’appelait Dodo, et lorsqu’on le voyait en conférence, et lorsqu’on le rencontrait en entretien privé, et lorsqu’on le côtoyait un peu pendant un séjour dans son ashram, on ne pouvait que se rendre à l’évidence : Dodo vivait dans un état intérieur de paix profonde que rien d’extérieur ne semblait pouvoir occulter. Dodo écrivait lui-même ses propres livres et ses articles, il pouvait consacrer plusieurs heures par jour pour planifier ses déplacements, donner des entretiens et négocier ses contrats, et en plus de cela il gérait lui-même son ashram qui accueillait parfois des centaines de personnes à certaines périodes. Et malgré cette intense activité digne d’un cadre supérieur, Dodo demeurait dans un état intérieur de paix profonde qui se manifestait par une sorte de bonheur serein et rayonnant.

Toto avait acheté un livre de Dodo, mais il ne parvint pas à dépasser les vingt premières pages, car l’enseignement de Dodo était un peu compliqué, et Toto ne se sentait pas la capacité de saisir les subtilités philosophiques et d’assimiler les explications techniques de cet enseignement. En fait, Toto se fâcha même en parcourant le livre de Dodo, car il se disait que la spiritualité ne devait pas devenir une prise de tête, or l’enseignement de Dodo était une méchante prise de tête… du moins pour Toto. En jetant un regard dédaigneux sur le livre de Dodo, Toto déclara : « Si c’est compliqué, c’est forcément faux. La vérité spirituelle est simple, elle doit pouvoir tenir en une phrase et un enfant de 5 ans devrait pouvoir la comprendre sans le moindre effort ».

Toto décida que Dodo était un intello qui se la jouait « éveillé », ou un éveillé qui se laissait encore piéger par son « intellect ». Quoi qu’il en soit, Toto se détourna rapidement de l’enseignement de Dodo, et alla chercher ailleurs. L’enseignement de Dodo n’avait été qu’une pâle illusion sur son chemin, une voie erronée qui avait bien failli le séduire. D’après Toto, la connaissance spirituelle ne devait absolument en aucun cas exiger un effort, du moins cet effort ne devait pas être plus grand que l’effort nécessaire pour comprendre un livre pour enfant de 5 ans. De toutes les façons, Toto décrochait très vite quand il essayait de lire quelque chose, il n’aimait pas les longs textes, et même quand il voulait lire un texte court, il lui suffisait de rencontrer un paragraphe où un argument en suivait un autre et précédait lui-même une déduction.

L’éveil spirituel, c’est-à-dire cet état intérieur de paix inconditionnelle qui rayonnait quelques soient les circonstances et les événements, intéressait toujours Toto, et il essaya de circuler un peu dans le milieu des enseignants spirituels pour trouver une voie. Toto rencontra Lolo, dont l’enseignement était très agréable car il consistait en grande partie en des suites de petites histoires drôles et rafraîchissantes. Les livres de Lolo se rapprochaient plus du genre recueils d’histoires que du genre essai philosophique. Toto fut très heureux de rencontrer cet enseignement. Mais lorsqu’il exprima à Lolo son désir de réaliser l’éveil spirituel, Lolo lui expliqua qu’il fallait pour cela avoir une pratique spirituelle. Dodo concluait aussi ses livres par un appel à avoir une pratique spirituelle, mais Toto n’avait pas eu le temps de s’en rendre compte, car il n’avait pas réussi à lire jusqu’au bout un seul de ses livres. Les histoires de Lolo avaient procuré à Toto tant de plaisir, que ce dernier s’essaya quand même à la pratique spirituelle préconisée par Lolo.

La pratique de Lolo se rapportait en gros au fait de pratiquer la répétition d’un mantra, assis en lotus ou en tailleur dans un endroit plutôt calme, d’une à cinq heures par jour. Le mantra en question était le suivant : « OU YOU YOUYE KEL AFER ». Au bout de trois jours, Toto décida que c’était trop difficile. Il ne voyait pas en quoi cette pratique pouvait le conduire à l’éveil spirituel, et il déclara même : « Si ça demande un effort, alors c’est mauvais. L’éveil spirituel doit être atteint sans effort ». Toto était très satisfait de sa propre déclaration, et il l’érigea en credo mais sans l’appeler ainsi. Les trois jours de tentative de pratique furent pour Toto une vilaine expérience. Non seulement il ne se rendit pas compte qu’il pratiquait de travers la méthode enseignée par Lolo, mais en plus il se détourna de tout ça en se disant que la méthode de Lolo n’avait été qu’une pâle illusion sur son chemin, une voie erronée qui n’amenait que fatigue et irritation.

Quelques mois plus tard après son expérience avec la technique de Lolo, Toto décida que de toutes les façons, pour atteindre l’éveil spirituel on n’avait pas besoin d’un maître. Il se détourna des enseignants spirituels, et découvrit à côté quelque chose qui lui convenait beaucoup mieux : des messagers spirituels. Les messagers spirituels étaient des gens qui canalisaient ou recevaient des enseignements venus des plans invisibles et donnés par des entités invisibles aux identités prestigieuses : l’Absolu Non-Manifesté, Dieu le Père/Mère Créateur de l’Univers, Archanges de Lumière, Maîtres Ascensionnés, Êtres de Lumière, Frères de l’Espace de la 5ième dimension, Commandants Cosmiques, Guides Universels, l’Amicale des Soi Supérieurs, le Club des Monades Supracosmiques, la Terre, le Chat Ascensionné du Voisin, l’Esprit du Chêne de la Cours…

Ces enseignements d’origine patacosmique avaient un côté rutilant qui plaisait beaucoup à Toto, et Toto eut la preuve absolue que tous ces enseignements patacosmiques étaient vrais et totalement fiables le jour où il aperçut un vaisseau de lumière dans le ciel, et où un messager spirituel lui délivra un message personnel provenant du Grand Maître Ascensionné Sananda, plus connu sous le nom de Jésus-Christ. Toto ne comprenait pas la plupart des enseignements patacosmiques, mais il aimait beaucoup lorsque les textes tournaient autour de l’idée selon laquelle tout le monde est déjà éveillé, et que personne n’a besoin d’un maître ou d’un guide. Toto avait souvent des moments de crainte, de peur, de tristesse, de mélancolie, d’angoisse, d’irritation, d’énervement, d’épuisement, d’apathie… mais il se consolait de temps en temps en lisant les beaux enseignements patacosmiques des entités invisibles, et il y trouvait du réconfort et un peu de sérénité. Malgré le caractère transitoire et intermittent de sa sérénité, et malgré le fait que la moindre contrariété extérieure suffisait à dissiper sa superficielle sérénité, Toto se considérait comme quelqu’un d’éveillé spirituellement.

Au bout de quelques années, son aspiration à l’éveil spirituel authentique se manifesta à nouveau, et il prit conscience que la lecture des beaux textes patacosmiques ne l’avait conduit à rien de solide. Il adhérait à toutes sortes d’idées merveilleuses et fantastiques, comme par exemple l’idée selon laquelle l’humanité entière et le reste de la planète allaient ascensionner dans la 5ième dimension très très bientôt, ou encore l’idée selon laquelle lui et d’autres étaient des Maîtres Ascensionnés qui avaient momentanément abandonné leur statut cosmique et leurs pouvoirs surhumains pour s’incarner et venir aider l’humanité dans le processus d’ascension dans la 5ième dimension… Mais, malgré tout le plaisir que ces idées lui apportaient, Toto se rendait compte que l’éveil spirituel n’était toujours pas là…

Timidement, il s’intéressa à nouveau aux enseignants spirituels et aux voies pratiques qu’ils préconisaient. En prenant la peine d’éplucher un peu les annonces publicitaires dans une petite revue spiritualiste, Toto tomba sur Coco. Comme les autres enseignants spirituels, Coco disait que le développement spirituel se faisait à travers une pratique spirituelle. Et la pratique technique proposée par Coco consistait à s’asseoir immobile en tailleur ou en lotus dans un lieu plutôt calme, à respirer en pleine conscience, et à suspendre l’activité du mental-émotionnel. Cette pratique était préconisée pour des durées quotidiennes allant de trois quarts d’heure à trois heures. Tel que Coco le présentait sommairement, il s’agissait de simplement s’asseoir, et de ne rien faire. Mais quand on y regardait de plus près, il fallait bien faire quelque chose : respirer consciemment, et suspendre le mental-émotionnel.

Toto s’essaya à la technique de Coco, mais au bout de trois jours il laissa tomber. C’était trop dur de rester assis immobile plus de dix minutes, c’était trop dur de respirer consciemment sans discontinuer pendant plus de trois minutes, et c’était impossible de suspendre l’activité du mental-émotionnel pendant plus de quinze secondes. Tout ça demandait un certain effort, et Toto avait décidé que l’éveil spirituel devait se réaliser sans le moindre effort. Il se détourna de Coco, non sans oublier de bien souligner qu’il s’agissait là une fois de plus d’une voie erronée et d’une illusion dangereuse qui avaient failli le détourner de la simple vérité lumineuse. Toto se félicita une nouvelle fois de son discernement. Il décida qu’il serait désormais son propre maître et guide, et il se dit qu’il n’allait plus écouter que son cœur. Et malgré cette décision solennelle, il continua quand même à lire les enseignements patacosmiques…

Et un jour, Toto eut la révélation suprême. Il comprit qu’aucune technique de méditation, et aucune combinaison de techniques d’ailleurs, ne pouvait conduire à l’éveil spirituel. Il n’avait pas à s’asseoir pendant une demi heure ou deux heures pour pratiquer quelque technique de méditation ou quelque forme de prière. La méditation technique ou la prière technique étaient en réalité des obstacles. Il fallait faire de sa vie une méditation et une prière, et non essayer de s’asseoir trois quarts d’heure par jour pour méditer ou pour prier. Il déplora l’ignorance dans laquelle gisaient les gens qui pratiquaient la méditation technique ou la prière technique. Lui, Toto, allait dépasser tout ça, et faire de la méditation et de la prière simplement une sorte de façon de vivre.

Toto eut un peu de mal à comprendre ce que pouvait bien vouloir dire « faire de sa vie une méditation », ou « méditer en vaquant à ses occupations quotidiennes ». Il décida que cela voulait dire faire les choses en totale et pleine conscience, et donc faire les choses en étant totalement et entièrement présent à ce que l’on fait. Mais en essayant de s’y mettre, il constata au bout d’une demi-journée que cela demandait beaucoup d’effort, et que le mental ne cessait de naviguer à gauche et à droite, de s’écarter de l’activité en cours, d’évoquer le passé et d’essayer de planifier le futur. La méditation mode de vie s’avéra encore plus exigeante que la méditation technique, et Toto fut une nouvelle fois déçu car là encore il fallait faire un effort. Dans un ultime accès de lucidité, et dans une ultime explosion de discernement, Toto eut une foudroyante intuition, qu’il exprima de la manière suivante : « Pourquoi vouloir atteindre l’éveil spirituel, il n’y a qu’à vivre la vie comme elle est et accepter les choses comme elles sont, et c’est tout ».

Toto abandonna son aspiration à l’éveil spirituel, et se résigna à vivre dans un état intérieur changeant qui oscillait en général entre gris clair et gris foncé, avec de temps en temps quelques moments de bonheur d’ailleurs obtenus à la faveur d’un beau chèque de papa pour Noël, ou à la faveur du visionnage d’un bon film au cinéma, ou encore à la faveur de la lecture d’un beau texte patacosmique. Toto essayait de savourer ses quelques moments de bonheur, et de se faire une raison lorsque c’était la grisaille… Quand il se retrouva à la retraite, il se sentit soulagé d’un poids qui avait été difficile à porter : le travail, les collègues, les patrons… Le stresse fut remplacé par l’ennui, mais le reste n’avait pas changé, c’était encore les mêmes angoisses, les mêmes tristesses, les mêmes énervements… motivés par des raisons différentes. Toto en vint à penser que l’aspiration à l’éveil spirituel avait été une illusion de plus sur son chemin.

Mais sa rencontre avec Zozo réveilla son aspiration à l’éveil spirituel, et l’enseignement de Zozo fut pour lui une révélation absolument incomparable. Zozo enseignait que méditer, c’était seulement écouter son cœur, et simplement cela. Et Zozo enseignait aussi que l’éveil spirituel, c’était seulement écouter son cœur, et simplement cela. Et Zozo enseignait encore que la spiritualité, c’était seulement se laisser guider par son cœur, et simplement cela. Et on pouvait écouter son cœur et se laisser guider par lui en toute circonstance, quelque soit l’activité. Toto accueillit cet enseignement avec enthousiasme, d’autant plus qu’il correspondait à ce qu’il en était venu à penser. Il s’essaya à écouter son cœur, et il se rendit compte que c’était très facile. Cela ne demandait aucun effort. Il avait trouvé la voie royale de la spiritualité, et tout ce qu’il avait essayé auparavant n’était qu’une pauvre illusion.

Toto aimait à se mettre dans un fauteuil relaxe et à écouter son cœur. Cela signifiait en réalité qu’il se mettait à rêvasser à des choses agréables, qu’il se laissait glisser dans des souvenirs agréables, et qu’il se laissait emporter par des pensées agréables. Tout cela suscitait en lui une émotion agréable… Il se rendit compte qu’il pratiquait ça depuis toujours, sans même en avoir vraiment pris conscience. Depuis son plus jeune âge, il avait des moments de rêverie agréable. Malheureusement, cela ne changeait rien à son état oscillant entre gris clair et gris foncé, et cela ne le rendait pas vraiment plus solide et plus stable d’une manière générale. Son bonheur était toujours aussi évanescent et intermittent, et sa vie était toujours dominée par divers aléas qui lui causaient diverses douleurs et diverses souffrances. La seule satisfaction qu’il retirait vraiment de tout ça, était d’avoir trouvé un enseignement spirituel qui le brossait dans le sens du poil, et qui cautionnait pleinement son refus de faire des efforts.

Quelques mois plus tard, Toto se lassa du « seulement écouter son cœur », et il découvrit encore mieux comme enseignement : il suffit d’aimer et c’est tout, et alors on ascensionnera dans la 5ième dimension et on deviendra un Maître Cosmique. Cet enseignement ne venait pas d’un enseignant spirituel. C’était une voix que Toto avait entendue dans son cœur, et qui le lui avait dit. Toto se laissa convaincre de prendre de temps en temps un moment pour envoyer de l’amour à l’univers. Toto prenait un quart d’heure… par semaine, pour visualiser un flot d’amour s’écoulant de son cœur et se répandant sur l’univers. Et à côté de ça, il allait sur des forums pour mettre des émoticônes avec plein de cœurs, et pour faire des interventions où il ne manquait presque jamais de dire qu’il aimait l’univers et l’humanité, et qu’il envoyait un puissant flot d’amour cosmique à tous. Tout ça était merveilleux, et Toto savait qu’il était enfin sur la bonne voie.

Quand il passait dans la rue et voyait un mendiant assis à même le trottoir et demandant un peu d’argent et un peu d’attention, Toto passait son chemin, non sans avoir envoyé au mendiant un puissant rayon d’amour universel. Quand il voyait à la télé le téléthon qui demandait de l’argent pour venir en aide à la recherche médicale scientifique, Toto se gardait bien d’envoyer un peu de sou, mais son puissant rayon d’amour inconditionnel s’envolait en un éclair et allait vers tous les malades de la planète. Quand il voyait son voisin revenir avec une jambe et un bras dans le plâtre, Toto lui disait simplement bonjour, puis il lui envoyait son rayon surpuissant d’amour illimité. Quand il passait dans une rue et voyait un jeune couple avec un enfant essayer de se débrouiller seul pour vider un camion de déménagement, Toto continuait son chemin en prenant bien soin de leur envoyer son rayon immense d’amour fraternel. Toto aimait l’univers, mais il trouvait que ce n’était pas la peine de se bouger pour essayer d’aider son prochain, surtout quand ce dernier se trouvait dans une situation difficile, et surtout quand cette aide aurait demandé de lui un effort. Aimer devait se faire sans effort, telle était la philosophie de Toto.

Selon Toto, les scientifiques qui travaillaient plusieurs dizaines d’heures par semaine, à longueur d’années, pour essayer de trouver des remèdes, ou encore des travailleurs humanitaires qui se dépensaient avec passion et intensité pour essayer de venir en aide à des populations sinistrées ou miséreuses, ou encore des militants pacifistes qui n’hésitaient pas à manifester des heures sous la neige pour essayer de faire annuler des décisions de guerre, ou encore des bénévoles qui s’investissaient avec application dans des associations caritatives pour essayer de venir en aide aux gens démunis ou aux gens malades ou aux gens handicapés… selon Toto, tous ces gens qui déployaient une intense activité pour essayer de changer les choses, étaient à la limite des demeurés, ou du moins des imbéciles, qui n’avaient pas encore compris qu’il n’y avait pas d’effort à faire, qu’il suffisait de rester assis dans son fauteuil relaxe et d’envoyer à l’univers un flot d’amour bleu. Et tous ces gens qui pratiquaient avec discipline des techniques de méditation afin de réaliser un jour l’éveil spirituel, étaient encore plus stupides que les autres.

Pour Toto, l’amour c’était envoyer un large rayon d’amour océanique à l’univers, et tout ça presque sans le moindre effort. L’amour, ça ne devait surtout pas se manifester par des activités concrètes. Dans ses plus grands moments d’indulgence, Toto pouvait admettre que le bénévole qui consacrait quelques jours par semaines à une association caritative, ait peut-être un peu d’amour… mais le scientifique qui faisait des recherches dans son labo pour trouver des remèdes, ne pouvait être que dans l’illusion du mental, et en aucun cas dans l’amour. Quant au méditant qui se concentrait essentiellement sur sa pratique, il pouvait encore moins prétendre à l’amour que les autres. Toto aimait l’univers sans effort, et très vite il abandonna même son quart d’heure hebdomadaire de visualisation d’envoi de flot d’amour, c’était trop contraignant. Il aimait à chaque instant de la journée… ou du moins il visualisait à l’occasion un flot d’amour doré, essentiellement quand il traversait un petit moment de bonheur, car en période de gris foncé ce n’était même pas la peine d’y songer…

Ainsi se déroula la spiritualité de Toto. Au soir de sa vie, il se confirma à lui-même l’idée que l’éveil spirituel était une chimère, et que le bonheur inconditionnel était une utopie. Le bonheur ne pouvait être qu’un mince filet d’eau claire au milieu d’un océan de gris clair et de gris foncé. Un jour, son petit-neveu, le petit-fils de son frère, vint le voir. Le jeune garçon lui fit part de son intérêt naissant pour l’éveil spirituel. Mais Toto lui dit simplement : « Mon petit, j’ai tout essayé et je peux te confirmer qu’aucune voie ne mène à l’éveil spirituel, l’éveil spirituel est une chimère, tu ferais mieux d’éviter de perdre ton temps ». Et à la suite de ces paroles, comme pour faire la démonstration de ce qu’il disait, Toto raconta à son petit-neveu son long parcours au milieu du pays chimérique de la spiritualité.

***

Que pouvons-nous dire en conclusion de ce portrait de Toto ? Le Toto de cette histoire n’aimait pas faire des efforts, et pour lui, faire un effort était synonyme de souffrir. Toto était atteint d’une maladie spirituelle très pernicieuse : la paresse spirituelle. La personne qui est atteinte de paresse spirituelle aura irrésistiblement tendance à développer une vision de la spiritualité où l’on doit s’éveiller ou ascensionner sans effort, le moindre signe d’effort étant interprété comme une entrave au développement spirituel, et le moindre enseignement invitant à l’effort spirituel étant perçu comme une voie erronée, voire dangereuse. En réalité, le paresseux spirituel est avant tout un paresseux tout court, et il est déjà pas mal embêté dans la vie de tous les jours que les choses ne soient pas accessibles sans un petit effort. Il aimerait par exemple apprendre une langue étrangère, mais ça ne lui fait pas plaisir de devoir fournir un effort pour assimiler le vocabulaire et les règles. Il aimerait par exemple s’acheter une maison, mais ça l’embête beaucoup que ce ne soit pas gratuit et qu’il faille trouver de l’argent pour cela. Il aimerait savoir jouer de la guitare, mais c’est vraiment trop dur. Le peu de choses et de connaissances qu’il a acquises, il les a acquises le plus souvent à « reculons », en pestant plus ou moins en silence.

Quand le Toto paresseux arrive à la spiritualité, il aimerait pour une fois pouvoir obtenir quelque chose d’important sans avoir à fournir d’effort. Il aimerait pouvoir réaliser l’éveil spirituel sans effort. L’idée de veiller à ne pas se laisser dominer par ses instincts et ses penchants primaires, de devoir assimiler des connaissances parfois complexes, respecter des lois assez spécifiques et pratiquer avec discipline une technique de méditation ou de prière, et tout ça pour atteindre l’éveil spirituel, cette idée lui est quasiment insupportable. Il aimerait pouvoir se passer de tout ça, car : en entendant « effort », il ne peut s’empêcher de comprendre « souffrance » ; en entendant « connaissances complexes », il ne peut s’empêcher de comprendre « maux de tête » ; en entendant « pratique disciplinée », il ne peut s’empêcher de comprendre « acharnement épuisant ». Le Toto paresseux est neurologiquement incapable de comprendre qu’un intense travail spirituel puisse se faire avec grand plaisir. Et cette incapacité l’empêche de voir ce qu’il en est de l’éveil spirituel : un état intérieur que l’on réalise en faisant un travail spirituel aussi assidu que possible. Le Toto arguera qu’il existe des gens qui se sont établis dans l’éveil spirituel sans jamais avoir fourni le moindre travail spirituel. Malheureusement, avec le Toto, il est impossible d’expliquer ce qu’il en est réellement de ces apparents « éveil sans travail spirituel ». Pourquoi cela est-il impossible ? Parce qu’un Toto décroche dès la troisième articulation de raisonnement, et sa paresse, qui inclut aussi une paresse intellectuelle, l’empêchera de suivre les explications et d’en comprendre les déductions. Tout ce que désire le Toto, ce n’est pas comprendre les subtilités et les complexités de la science spirituelle, c’est se conforter dans l’idée qu’il n’y a pas d’effort à faire.

Kessani et Chris Iwen.

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Le super mystique

Posté par leblogdegaudius le 28 novembre 2012

« J’ai désiré faire le bien mais   je n’ai pas désiré faire du bruit  car j’ai senti que le bruit ne faisait pas de bien   et que le bien ne faisait pas de bruit. »   (Louis-Claude de Saint-Martin).   Le sujet présenté dans ces pages est issu de l’observation de plusieurs comportements, condensés et synthétisés   Il nous est arrivé, au cours de notre cheminement, de rencontrer , dans un groupe spiritualiste particulier  ou ailleurs, un type de personnage haut en couleur, et qui aura retenu, pour un temps au moins, notre attention. Si ce n’est déjà fait, cela arrivera sûrement un jour, Je veux parler du « super mystique ».   L’apparence: Au premier abord, le super mystique présente bien: jovialité, chaleur humaine, sens de l’accueil et large sourire nous le rendent tout de suite sympathique. Ensuite, à mesure que nous le connaissons mieux, nous nous apercevons qu’il est doté d’un brillant intellect, qu’il possède une grande culture et qu’il peut parler facilement de n’importe quel sujet ésotérique. Et puis, les expériences qu’il a faites laissent à penser que c’est un être déjà très évolué du point de vue spirituel.   Il est généralement très entouré d’autres personnes et le petit groupe qu’ils forment, très soudé, semble animé de l’esprit de fraternité qu’on s’attend à trouver dans notre recherche.  D’ailleurs, ne font-ils pas tous  preuve d’un dynamisme étonnant, et ne s’impliquent-ils pas à fond dans la bonne marche de l’association ? Pour un peu, on ne verrait qu’eux.   Au milieu de tout ce petit monde qui bouge et qui s’active, notre super mystique apparaît comme « l’âme du groupe »; un peu comme le grand frère idéal, un peu comme le conseiller spirituel de tous, rayonnant de lumière, de bonté et de sagesse.   Et bien ne nous fions pas aux apparences, car ce genre de personnage est la caricature vivante du vrai mystique. Tout se passe comme s’il jouait un rôle, comme s’il était toujours en représentation, attentif seulement à l’effet qu’il peut produire sur son interlocuteur. Quelqu’un comme lui ne sera jamais seul, même s’il veut bien faire croire le contraire, car il a trop besoin du regard et de l’approbation de son prochain.   Les relations: Il sera un des premiers, sinon le premier à prendre en charge un nouveau venu et à l’intégrer dans son groupe, surtout si c’est un jeune membre encore inexpérimenté et plein d’enthousiasme. En effet, le super mystique aime les néophytes parce que des esprits neufs et épris d’absolu sont un public de choix pour lui.   Comme il pense toujours « utile » et comme il est observateur et fin psychologue, il étudiera de loin la personne dont il a, pour une raison ou pour une autre, besoin, sans que celle-ci s’en doute; puis il commencera une tactique d’approche, basée sur la flatterie et la séduction, destinée à s’attacher celui ou celle qui servira le mieux ses desseins. Il posera alors des questions apparemment anodines, mais qui lui permettront de mieux « cibler » son interlocuteur, s’enquerra de sa santé, de son moral et de ses besoins et lui rendra, à l’occasion, de menus services « à charge de revanche ».   S’il a affaire à un naïf, il l’émerveillera par des histoires et des événements « fantastiques ». Si c’est un vaniteux, il saura efficacement le mettre en valeur. S’il a affaire à un esseulé, qui cherche avant tout à meubler sa solitude, il saura le bercer et le réconforter par de belles paroles qui le rassureront sur lui-même; et s’il a devant lui un frivole, il l’entraînera dans des sorties et de grandes rigolades autour de « grandes bouffes » (important, le côté convivial!) tandis qu’un intellectuel se verra prêter livres, cassettes, articles de presse, revues, CD et DVD pour sa culture générale.   Quoi qu’il en soit, il se débrouillera toujours pour faire agir tel ou tel à son profit, tout en affirmant bien sa différence et en établissant, subtilement, un rapport d’autorité; d’instructeur à disciple. C’est ainsi, par exemple, qu’il assurera à son nouvel ami (comme il l’a fait pour les autres), le plus sérieusement du monde: « Tu n’es pas comme les autres, toi: tu as « quelque chose » en toi ». La personne à qui s’adresse ce compliment sera flattée qu’un être aussi exceptionnel aie pu discerner les germes de la grandeur en lui et le distinguer du lot (par contre, à ceux qui ont cessé de lui être utiles ou dont il ne veut pas s’encombrer, il fera comprendre par des gestes ou attitudes qu’ils sont des indésirables, et qu’ils feraient mieux d’aller voir ailleurs).     Et puisqu’il est « un qui sait », il faut lui faire confiance quand il assure à son disciple que ceux qu’il a connu autrefois; ses anciens amis, sont des mineurs sur le plan spirituel et qu’ils peuvent représenter pour lui un obstacle et une gêne considérable pour son évolution.   Pour mieux asseoir son emprise sur les esprits, il prétendra avoir connu ses amis actuels dans une incarnation antérieure: une telle aura été sa mère, un tel aura été son frère; tous se connaissaient déjà et, « comme il n’y a pas de hasard », tout le monde se sera retrouvé. Il fera également une brillante démonstration de ses facultés supérieures, notamment en fixant intensément son vis-à-vis de façon à bien voir son aura. Ou bien alors, il se tiendra figé, presque tétanisé, car il sera en communication télépathique avec quelqu’un. Qui? Mystère… Mais il est sûr que tout le monde sera édifié.   Bien entendu, tout le petit groupe d’amis s’invite mutuellement pour de grandes soirées, lors de discussions animées et interminables. Peut-être même partiront ils en expédition ensemble, ou en vacances « mystiques », sur l’instigation de notre super mystique qui, décidément, ne manque pas de bonnes idées; car il n’y a rien de tel que des activités communes pour renforcer des liens déjà existants.   Ses hobbies: Quels sont les sujets de prédilection d’un super mystique? Avant tout, ce seront des sujets hautement spéculatifs, car le côté pratique ne l’intéresse absolument pas. Il excellera dans des arts divinatoires comme l’astrologie (« karmique », entre autres), la numérologie (pour connaître ses cycles de vie), le tarot « initiatique »…   Les anciennes civilisations n’auront aucun secret pour lui: Lémurie, Atlantide, les druides et le celtisme, les cathares (parce qu’il aura été tour à tour atlante, druide ou cathare). L’Orient, qui a vu naître tant de maîtres spirituels, le fascinera. Il finira par en découvrir un à travers ses lectures sur la Grande Loge Blanche ou sur Shambhala* (Ah, Shambhala! Quel merveilleux Eurodisney pour voyageurs de l’astral en goguette!), auquel cas il le fera connaître autour de lui. Peut-être même se découvrira-t-il une vocation de conférencier et, dans ce cas, il compilera tous les ouvrages possibles, partira en pèlerinage, visitera les « hauts lieux vibratoires ». Pour les besoins de sa thèse, il en découvrira sans doute de nouveaux. Tout ceci lui permettra de présenter un sujet bien ficelé avec brio.   La façon dont il aborde tous ces sujets laisse à penser qu’ils ont été soumis à ses réflexions et à ses méditations. Est-il inspiré? Pas du tout, il a une excellente mémoire et ne fait que reprendre avec des mots à lui des phrases d’auteur, voire des paragraphes entiers, qui lui auront paru plaisants.   La santé et le moral: A première vue, on pourrait croire que pour le super mystique, tout est pour le mieux. Détrompons-nous, car il traverse de dures épreuves, comme seuls des êtres comme lui peuvent en supporter. Il souffre, et personne n’en sait rien, mis à part quelques intimes, qui compatissent sincèrement. Mais après tout, ces épreuves, ce sont les Maîtres qui les envoient pour le faire avancer davantage encore. Qu’il subisse quelques aléas, comme tout un chacun, et il saura les convertir en « épreuves initiatiques » ou en signes d’élection. Il est malade? Non, il se « purifie ». Des ennuis matériels? Pas de danger, cela veut dire qu’il est guidé et protégé. Il adoptera un régime alimentaire fantaisiste, car il aura lu que consommer telle sorte d’aliment était le reflet de tel stade d’avancement spirituel (lui, bien sûr, se situe dans les hauts degrés).   Pour ce qui est du moral, c’est une autre histoire. On le sent distant, absent, inquiet, préoccupé; bref, « mal dans ses baskets ». Peut-être même se plaindra-t-il amèrement de sa solitude, lui toujours si entouré. Les autres, ils ne le comprennent pas! Seuls de trop rares amis parmi ceux qu’il connaît essaient de le faire, et trouvent de ce fait grâce à ses yeux. S’est-il demandé si le problème ne venait pas plutôt de lui? Non, c’est de leur faute. Ils n’ont qu’à faire un effort. Si on le plaisante un peu, ou si on lui fait une légère remarque même justifiée, il ne boudera pas, loin de là. Il sera simplement « blessé », et préférera se retirer, prendre un peu de recul pour, assure-t-il, se retrouver, méditer et réfléchir.   Quand le masque tombe: Avec une telle existence en dents de scie, on comprend que le super mystique ne puisse tenir bien longtemps. On le verra changer petit à petit. Le masque qu’il porte se craquellera, se fissurera, fondra et tombera en lambeaux, révélant un peu plus à chaque fois de sa vraie personnalité. Lui, qui prônait sans cesse la tolérance, la fraternité, l’amour du prochain, n’aura plus que dégoût et mépris pour le reste de ces pauvres mortels matérialistes qui ne vivent pas comme il le faut.   Il fréquentera moins l’association où il s’était inscrit, déplorera que tel ou tel sujet ne soit pas inclus dans les discussions (comme par hasard, ce seront les sujets qui lui tiennent à cœur), se montrera plus critique et, en somme, oubliera peu à peu ce qu’il aura appris. Bien entendu, il est inutile de préciser qu’on ne l’a jamais vu et qu’on ne le verra jamais pousser le balai, laver la vaisselle ou planter un clou, parce qu’il a déjà assez donné de son temps qu’il laisse cela aux autres plus qualifiés, qu’il a d’autres choses en tête, et qu’il se garde disponible pour d’autres fonctions (plus « culturelles » ou plus « spirituelles »; donc, plus nobles. Question de hiérarchie de service).   Il ne verra pas non plus l’intérêt de pratiquer telle ou telle expérience, car ses facultés à lui sont déjà développées. Son oratoire? Pas besoin de s’y rendre pour aller méditer, puisqu’il l’a dans la tête, et qu’il l’emmène partout avec lui. Ses initiations? Elles sont « cosmiques » (il est en train de passer la seconde ou la troisième, il ne sait plus; mais en tout cas, cela le fera avancer.   Un beau jour, il décidera qu’il est temps pour lui de passer dans une classe supérieure. Après tout, des associations spiritualistes, il y en a aussi d’autres, et il faut bien connaître d’autres expériences.   Mais rassurons-nous, il restera toujours mystique « dans son cœur », même s’il doit quitter ses amis et ses frères un jour… ce qui ne saurait tarder, car le voilà déçu! En effet, il n’a pas cessé de faire remarquer qu’il n’y avait pas de fraternité au sein de l’association, que rien n’était fait pour arranger les choses, qu’on ne faisait que gérer les situations, et que les responsables n’avaient pas fait leur devoir!   En route pour de nouvelles aventures. Et puis, finalement, on ne le verra plus du tout. On saura bien plus tard qu’il a démissionné et qu’il est parti ailleurs. Vers quelles chimères? Lui seul le sait. Peut-être est-il en train de préparer un livre (400 pages au moins) où, « dans un style à la fois agréable et émouvant, il nous relate son itinéraire initiatique et nous invite à le suivre dans sa queste spirituelle ».   On croira qu’il est parti brusquement, sur un coup de tête, alors que sa décision était mûrement réfléchie et prise depuis longtemps. D’ailleurs, il avait préparé les esprits à un départ plus ou moins lointain, parce que s’en aller comme ça, sans prévenir, cela aurait bouleversé pas mal de choses. Et puis, « on » avait encore besoin de lui. Mais à présent, « on » a besoin de lui « ailleurs », alors il faut savoir prendre des décisions courageuses et trancher dans le vif, pour le bien de tous comme pour le sien propre.   Son passage n’aura été pour lui, somme toute, qu’un agréable passe-temps, un aimable divertissement, un apport de plus dans sa culture générale avant d’aller faire ses emplettes ailleurs. Bienheureux ceux qu’il n’entraînera pas à sa suite.   Tout ceci explique que les super mystiques ne fassent parfois qu’un passage éclair dans les groupes qu’ils fréquentent. Ils arrivent du fond de la nuit, brillent un moment donné au firmament, puis s’éloignent dans la nuit obscure. Voilà, en gros,  ce que l’on pouvait entendre derrière le vocable de « super mystique.   Que faire ? A présent que nous nous sommes bien amusés, réfléchissons un peu. Ce super mystique, qui ou que nous rappelle-t-il? Qu’éveille-t-il en nous?Et que faire si, un jour, nous en croisons un? Quelle doit être notre attitude à son égard? Il n’y a pas de recette miracle qui permette de nous en prémunir à coup sûr, mais il existe des outils simples, à commencer par le bon sens ; le discernement et les remises en question perpétuelles qui permettent à chacun de ne pas s’en laisser si facilement conter.   Devons nous rire du spectacle qui nous est offert? Dans un premier temps; peut-être, et encore, avec assez de recul. Mais nous devons avant tout faire preuve de compassion et de fermeté à la fois.   Fermeté, car on ne peut le laisser agir en toute impunité. Un tel être est suffisamment dangereux, non pour ce qu’il est, mais pour ce qu’il fait ou risque de faire à autrui, surtout à de jeunes membres inexpérimentés. Les anciens se doivent d’intervenir non contre l’homme, mais contre le comportement. Ils ont tous les moyens d’aider les nouveaux  à faire preuve de discernement par des remarques judicieuses, par des questions posées au bon moment, et surtout, par l’authenticité de leur rayonnement et par leur bon exemple.   Et qu’on ne vienne pas dire que ça n’est pas notre affaire, qu’on ne peut intervenir sous peine d’un choc en retour, qu’il s’agit là d’un « phénomène de destinée karmique », que ça n’est pas si terrible et que les jeunes doivent aussi faire leurs expériences. Ne pas vouloir agir dans ce cas de figure ci s’apparente à de la « neutralité bienveillante » et ce genre de neutralité bienveillante là a pour salaire le mal.   Les jeunes membres, eux, ont à se rappeler sans cesse qu’il est nécessaire de se poser des questions afin de rester « un vivant point d’interrogation »; que tout ce qui brille n’est pas or; que le meilleur instructeur qu’ils puissent jamais rencontrer n’est autre que a voix de leur conscience, leur propre Maître Intérieur; et surtout, qu’il n’existe pas de raccourci en matière de mysticisme. Faire preuve de fermeté, dans ce cas de figure, c’est également faire preuve de patience et de persévérance. Nous devons également faire preuve de compassion envers ce malheureux, car, en vérité, c’est un être profondément écartelé entre l’image qu’il veut donner de lui-même et ce que lui murmure son Être Intérieur.   S’il singe les meilleurs aspects de la nature humaine, au lieu d’en découvrir l’authentique saveur, c’est qu’il n’a eu confiance ni en les enseignements qu’il aura reçus,  ni en l’aide réelle que pouvait lui apporter son prochain, ni, hélas, en lui-même, alors qu’une meilleure utilisation de son libre-arbitre et de ses capacités de réflexion lui aurait évité bien des tribulations. Son enfer, il se l’est créé lui-même. Pourtant, il en accuse les autres. Dans nos relations avec lui, sachons rester courtois, et; tout en maintenant une attitude de fermeté, entourons-le de nos plus belles pensées. Et pour cela, rien de  tel que d’appliquer ce que nous avons appris de nos propres expériences intérieures et de nos méditations.  Lui, il ne sait pas, il ne sait plus, il n’a jamais su…   Et puis, laissons-le face à sa conscience et respectons son libre-arbitre. Nous devons faire notre devoir jusqu’au bout, mais ne pas aller au delà, car le reste ne nous appartient pas. Un être peut, à un moment donné de son évolution, préférer la pénombre à la lumière, surtout s’il a eu le choix. C’est son affaire, non la notre.   Il faut peut-être beaucoup d’amour pour laisser partir quelqu’un alors que notre cœur souhaite qu’il reste, mais nous devons obéir à une voix beaucoup plus puissante que nos propres désirs. Rien n’est définitif, après tout, et peut-être le reverrons-nous ailleurs, plus tard, dans une autre vie, après bien des épreuves et des tribulations de toutes sortes pour accéder, à ses côtés, à la l’Illumination, but ultime de note cheminement.   Et nous-mêmes? Nous devrions même lui être reconnaissants de nous avoir donné, malgré lui, une telle leçon sur nous-mêmes en s’étant ainsi travesti, car il devient un exemple vivant de ce que nous devrions éviter. Si nous nous interrogeons sur nous-mêmes, nous découvririons sans doute quelques ressemblances plus ou moins marquées avec tel ou tel aspect de son personnage. Qu’est ce qui nous enchante, ou au contraire, nous révolte chez lui? N’est-ce pas ceci ou cela, qui est aussi présent en nous? Pourquoi le fréquentons-nous? N’est-ce pas faire comme les fans de telle vedette qui, en suivant leur idole pas à pas, ont l’impression de recevoir, par osmose, un peu de son talent et de sa grandeur? Et pour pouvoir ensuite recevoir l’admiration de ceux à qui on aura dit: « Je le connais très bien. J’ai même eu l’occasion de le rencontrer un jour »? C’est comme se croire sage, parce qu’on parle très bien de la sagesse et de ses maîtres.   Finalement, le super mystique, n’est-ce pas un peu nous-mêmes, à chaque fois que nous écoutons quelqu’un d’autre que le Dieu de nos cœurs?   Si nous prions pour recevoir la lumière, alors nous aurons la lumière; mais nous devrons la supporter car elle éclairera aussi bien des recoins obscurs de notre personnalité. Si nous ne faisons pas preuve d’honnêteté et de courage pour accepter de reconnaître ces faiblesses et ces manques qui sont en nous; alors, tôt ou tard, nous finirons par ressembler à cette fausse image de l’homme. Souvenons-nous toujours que se connaître soi-même, c’est accepter parfois de douloureuses révisions sur nous-mêmes, mais la vérité est à ce prix.   Qu’un tel exemple nous rende prudents et circonspect en toute circonstance. Nous n’en chérirons que plus sûrement le Vrai, le Beau et le Bien et nous contribuerons ainsi, par notre modeste travail, à l’extension de la lumière dans le monde. Rappelons-nous de ce que disait Khalil GIBRAN dans son ouvrage, « Le prophète » :   « Et lorsque l’un d’entre vous tombe, il tombe pour ceux qui sont derrière lui, les prévenant de la pierre d’achoppement. Oui ,et il tombe pour ceux qui sont devant lui, qui bien qu’ayant le pied plus rapide et plus sûr, n’ont pourtant pas écarté la pierre ».* Le super mystique dans Coups de dents 3911976-hypocrite-businessman-hiding-behind-a-big-smile-symbol-150x150 Gaudius

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