Chagrin et révolte

Posté par leblogdegaudius le 17 avril 2015

Je suis en colère. Le meurtre de la petite Chloé par un barbare à Calais me met hors de moi. Quand se décidera-t-on enfin à appliquer la perpétuité réelle, c’est à dire sans limitation de temps à de tels individus, le plus souvent récidivistes?

En premier lieu, mes pensées de consolation vont vers la famille de la petite Chloé, bien sûr, et vers tous les parents des victimes de ce genre d’individus. Et puis c’est une occasion de réfléchir sur la nature humaine, si tant est qu’on puisse la définir clairement.

Je suis toujours touché quand, lors de tels événements touchant des innocents, de façon spontanée accourent des messages et des témoignages de soutien. Les « marches blanches », les dépôts de gerbes sont l’occasion de montrer aux familles et aux victimes qu’on partage leur peine, qu’on cherche à l’alléger dans la mesure du possible et qu’ils ne sont pas seuls. On dirait qu’il y a comme une sorte de loi, non écrite mais inscrite en nous, qui nous pousse à faire acte de solidarité avec notre prochain et à secourir et protéger les plus faibles, comme un pacte. En s’en prenant à des innocents (et cela touche aussi bien les enfants que les vieillards, les handicapés, et même nos frères animaux) ,en prenant une vie humaine, les violeurs, les pédophiles, les tortionnaires, les assassins, les terroristes et les criminels de tout acabit ont brisé ce pacte et se sont mis ipso-facto au ban du reste de l’humanité; d’où indignation et colère bien légitimes.

Ce genre d’actes appelle punition, réparation et compensation. En dehors de la loi karmique, il faut bien que la loi des hommes s’accomplisse et il faut bien rendre justice. Nos sociétés on établi des lois pour se rapprocher de l’idéal de justice qu’on porte tous en nous (voir à ce sujet le mythe d’Oreste), sous peine de tomber (ou de retomber) dans la barbarie. Cela demande de la confiance envers les magistrats, les experts, bref, tous ceux qui sont suffisamment qualifiés pour rendre la justice. Or, à tort ou à raison, on a l’impression que cette confiance est sérieusement mise à mal et à tort ou à raison, on a l’impression qu’il y a trop de laxisme, trop de laisser faire, trop de faiblesse en somme là où il faudrait de la rigueur. Faut-il pour autant rétablir la peine de mort? Ou au contraire, laisser pourrir ce genre d’individus en prison de haute sécurité, en isolation totale, comme aux USA? D’un côté, la mort physique, de l’autre côté, la mort mentale et cérébrale. Quelle solution?

En Belgique, un pédophile réclame pour lui-même l’euthanasie. Faut-il la lui accorder? D’un point de vue général, comment faut-il « gérer » tous ces individus? Sont-ils seulement « gérables »? Dans la négative, faut-il faire un procès verbal de constat, renoncer à chercher à améliorer ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas le faire? Restent les victimes. A force de s’intéresser à la vie, aux motivations et à la psyché de ces individus, on en oublie le traumatisme de leurs victimes. C’est pour cela que, à notre niveau, dans notre sanctum ou ailleurs, il est nécessaire de les entourer de nos plus chaleureuses et de nos plus fraternelles pensées. Et, partant de là, continuer notre oeuvre d’assistance spirituelle dans l’impersonnalité. Pour ceux qui ont la lourde tâche de s’occuper des criminels dont je viens de parler, notre soutien est aussi nécessaire.

Et pour les criminels, me direz-vous? A l’heure où j’en suis, je ne peux pas encore, je suis trop en colère. Peuvent-ils s’amender? Le veulent-ils seulement? Comme tout un chacun, ils ont leur libre arbitre. Mais il leur faudra beaucoup, mais beaucoup de temps avant de voir leur dette réglée. J’ai appris que, parfois, les familles des victimes avaient pardonné à l’agresseur d’un des leurs. C’est admirable, et c’est tout à leur honneur. Qu’ont fait ensuite ces criminels? Je ne sais pas. Je ne suis pas un « seigneur du karma » je ne suis pas juge ni avocat, je ne suis pas assez sage pour juger en toute impartialité, je ne suis qu’un homme qui s’émeut, qui se révolte, qui s’inquiète, qui peut désespérer parfois, mais qui ne peut ni ne veut rester indifférent. Je me suis épanché peut-être un peu trop, je vous ai pris du temps, mais il fallait que je vide un peu mon coeur.

Gaudius

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