Histoire inconnue des hommes depuis (plus de) 100 000 ans. (histoire drôle)

Posté par leblogdegaudius le 7 mars 2015

J’ai retrouvé l’histoire de notre espèce dans certaines « archives ». Ca remonté à loin, il y a très, très, très longtemps. Voilà comment ça s’est passé : à cette époque-là, on vivait en Afrique de l’Est, dans une profonde vallée. Les arbres commençaient à se faire rares et on était de plus en plus souvent obligés de se poser à terre. A cette époque, je faisais partie des « pattes cassées » ; c’était un petit clan d’éclopés qui avaient raté un arbre et qui s’étaient ramassés lamentablement.

 

Plus question de remonter aux arbres, aussi, on s’était trouvé quelques grottes ici et là pour s’abriter pour la nuit. Et puis on s’est organisés comme on a pu, et pendant que les autres continuaient à batifoler dans les branches et à cueillir les meilleurs fruits ; nous, il a bien fallu qu’on se mette à chasser pour se nourrir.

Heureusement, à l’époque, il y avait des shepioks mordorés en grande quantité. (Le shepiok était un petit rongeur à bajoues, de la grosseur d’un chat, qui vivait dans des terriers et qui se nourrissait des restes de ce que laissaient tomber les mastodons). On savait où en trouver, il suffisait de repérer un troupeau de mastodons (ancêtres des éléphants) car là où il y avait des mastodons, il y avait aussi des shepioks.

 

Et puis les années, les siècles et les millénaires ont passé, on s’est adaptés, notre morphologie s’est adaptée, on est devenus un peu plus grands, ce qui nous a obligés à chasser davantage. Le problème, c’est que la végétation devenait rare, et que les mastodons commençaient à prendre le large, et avec eux les shepioks.

 

Que faire ? C’est Bébête, l’idiot du clan qui a eu l’idée :

 

-          « ben, on n’a qu’à les suivre, on verra bien où ils iront et on fera comme eux ».

 

Alors on s’est mis à les suivre. On a marché loin, loin, longtemps, très longtemps. Et puis un jour, on a trouvé un petit coin de paradis. C’était tout vert, plein d’arbres, plein de hautes herbes, de quoi nourrir les mastodons, les shepioks, les équis, les rinos et les capris (qui n’étaient pas tout à fait finis mais ceci est une autre histoire).Ca se situait dans ce qu’on appellerait plus tard l’Europe.

 

Bref, on a prospéré, on s’est fortifiés, tout allait bien mais une nouvelle épreuve se profilait à l’horizon : le froid. Comme il fallait bien se protéger, on a dû apprendre à assembler des peaux ensemble pour se tenir chaud. Il fallait 100 peaux de shepioks pour avoir une protection convenable. La suite, vous vous en doutez : extinction de l’espèce (ou alors c’est qu’ils étaient et sont toujours bien cachés).

 

Que faire ? C’est Bêta, un descendant de Bébête, l’idiot de la tribu, qui a eu l’idée :

 

-          « ben, on n’a qu’à chasser le mastodon ! c’est plus grand qu’un shepiok, il y a plus de viande et avec sa fourrure, on a de quoi tenir longtemps »


Il faut dire qu’à l’époque, à cause du froid, les mastodons, les équis, les rinos, les capris et autres bestioles s’étaient recouverts d’une épaisse fourrure, bien isolante.

Alors on s’est mis à chasser le mastodon, et puis les rinos, et puis les équis et puis les capris et puis les autres. Mais on avait de plus en plus froid et les hivers duraient de plus en plus longtemps. Dans nos grottes, même serrés, on n’arrivait pas à se réchauffer. Les troupeaux s’en allaient ailleurs et les proies se faisaient plus rares.

 

Que faire ? C’est Balour, un descendant de Bêta qui a eu l’idée :

 

-          « ben, on n’a qu’à partir ailleurs ! Je ne sais pas, moi, le sud ?

 

Grande discussion dans la tribu. Certains étaient d’avis d’aller plutôt vers l’ouest, d’autres voulaient rester parce que, parait-il, une autre tribu avait découvert un secret pour avoir bien chaud, et que ce secret, il fallait absolument s’en emparer. Certaines rumeurs disaient qu’il fallait attendre l’orage (ridicule !), d’autres affirmaient qu’il fallait taper sur des cailloux (et puis quoi encore ?) mais ça n’était sûrement destiné qu’à égarer l’adversaire. D’autres, enfin, étaient d’avis de tenter leur chance avec Balour. Finalement, après bien des palabres, on s’est mis d’accord sur un mode d’action. La tribu ne pouvait nourrir tout le monde, aussi, il fallait bien se séparer : un groupe irait à la recherche du secret, un autre suivrait Balour,  un autre irait vers l’ouest et le reste garderait les grottes pour leur retour éventuel. Et ainsi fut fait.

 

Ce fut une chance pour notre espèce, car en restant tous au même endroit, on aurait couru le risque de disparaître de la surface de la terre. Les groupes se sont dispersés, se sont déployés et quand ils ont trouvé un endroit accueillant, ils ont pu prospérer. Un petit incident cependant avec l’équipe de Balour : des dissensions étaient apparues. Il faut dire aussi que Balour manquait bigrement du sens de l’orientation le plus élémentaire, mais comme il était le descendant (dégénéré, il est vrai) des vénérés Bébête et Béta, on l’écoutait respectueusement.

Bref, on se demandait où aller parce que la tribu avait l’impression de tourner en rond. Ce fut Gropif qui se décida à intervenir :

 

-          « moi, je dis que le sud, c’est par là !

-          Et moi, rétorqua Balour, je dis que c’est par là ! Je sais ce que je dis, quand même !

-          Justement, on se le demande.

-          Dis tout de suite que tu veux ma place !

-          Ta place ? Mais tu peux te la garder, ta place ! Pour ce que ça nous sert…

-          Ah oui ? Et bien qu’est-ce que tu as de mieux à proposer ?

-          De me suivre, parce que le sud, moi, je sais où c’est, le sud ! Je le sens, je le sais ! Alors, les gars, tous derrière moi !

-          (la tribu) : Ouais !

-          Et moi, rétorqua, Balour, fils d’Himb et Cil,  descendant des vénérés Bébête et Béta, je vous ordonne de me suivre !

-          (la tribu) : Ouais !

 

La situation était bloquée et on allait bientôt en venir aux mains. Les uns se rangèrent derrière Balour, et les autres derrière Gropif. Mais personne n’osait prendre l’initiative de la bataille et c’est ce qui sauva les 2 groupes. Finalement, la solution s’imposa d’elle-même : puisque la rupture était consommée, il n’y avait plus qu’à se séparer sans autre forme de procès. Et cela fut fait.

 

Le groupe de Gropif parvint, après bien des embûches, à regagner la terre de nos ancêtres, mais cette fois-ci en bifurquant sur la droite au lieu d’aller tout droit, grâce à une intuition du sage Gropif.

Quant au groupe de Balour, on ne sait trop ce qu’il est devenu. A l’heure actuelle, on suppose qu’ils sont encore à la recherche de leurs terres perdues et qu’ils errent quelque part, dans des contrées lointaines et inconnues.

 

Voilà toute l’histoire de notre espèce et je garantis l’(in)authenticité de ce témoignage.

 

Tout ceci pour dire que si l’homme descend du singe, c’est parce qu’un jour, il y a bien longtemps, le singe est descendu de l’arbre.

Evolution

Gaudius

PS: le titre est emprunté à un ouvrage de Robert Charroux.

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