L’ « équilibre » entre le bien et le mal est une imposture.

Posté par leblogdegaudius le 20 août 2013

Une affirmation qui me fait  le plus bouillir intérieurement est celle qui prétend qu’au nom d’un certain équilibre cosmique, il faut nécessairement un bien pour compenser un mal et un mal pour compenser un bien, sinon, l’équilibre n’est pas respecté et le monde devient chaotique. A-t-on bien réfléchi aux conséquences d’une telle affirmation sur les comportements si on l’accepte telle quelle et si on ne la remet pas en question ?

Cela veut-il donc dire que si, par exemple, nous venons en aide à une personne, ou que nous lui sauvons la vie, une autre personne, « quelque part », devra se voir priver de tout secours ou même devra mourir, tout cela pour respecter ce fameux « équilibre » ?  Est-ce que ça veut dire également que nous devons nous abstenir d’agir dans le sens du bien, parce que nous violerions cet «équilibre », cette « justice cosmique »,  parce que nous aurions peur des conséquences de nos actions parce que, par ricochet, nous pourrions nuire à quelqu’un d’autre, ou que cette personne à qui nous portons assistance devra par la suite s’attendre à de nouveaux malheurs parce que « l’équilibre » aura été rompu, ou bien ce sera nous-mêmes et, que, par conséquent, il aurait mieux valu s’abstenir pour laisser s’accomplir la justice immanente  parce qu’il ou elle devait en passer par là et que si on interfère dans les décrets divins, n’est-ce pas…

Encore plus affreux : est-ce que ce n’est pas encourager explicitement le mal, et est-ce qu’on ne risque pas de trouver des individus suffisamment cyniques pour dire qu’ils agissaient dans le sens du bien, ou qu’ils ont été les instruments de la justice divine parce que si ça n’avait pas été eux, ça aurait été un ou une autre et que, de toute façon, c’était prévu que ça arrive, donc que ce qui arrive est « un mal pour un bien » ?

Ho, Ho, Ho ! On arrête de spéculer et on réfléchit un moment. Comment peut-on affirmer tranquillement, et avec le sourire, ce genre d’âneries ? Ce n’est pas parce qu’on a une mauvaise compréhension de certaines lois, ou encore pire, qu’on les connaît bien, qu’il faille laisser faire et se retirer de la course, pour éviter de se salir les mains, parce qu’on se sera donné bonne conscience à peu de frais, et que si nous évitons d’intervenir, au moins, nous n’aurons pas fait de mal, et nous n’aurons nui à personne. A ce compte-là, ce ne sera pas la peine de protester si une tuile nous tombe sur la tête, si nous sommes victimes d’une injustice, si un quidam s’en prend à nous ou aux nôtres : l’équilibre du monde aura été respecté, voyons !

Personne n’a la science infuse, ni la connaissance de ce qui se passe ici et là, ou l’aperçu des « trames du destin », ou des motifs des uns et des autres et bien malin celui ou celle qui saura d’avance ce qui arrivera s’il agit ou n’agit pas de telle ou telle façon. Bien sûr, on évoquera le fameux proverbe « l’enfer est pavé de bonnes intentions », ou son équivalent, mais entre agir sans réfléchir et réfléchir sans agir, il y a quand même moyen de trouver la manière appropriée pour ce genre de choses. Si nous écoutons la voix de notre conscience, si nous nous connaissons suffisamment pour agir de façon réfléchie, si nous estimons devoir intervenir, alors pourquoi tergiverser ? Entendons-nous bien, l’univers n’est pas statique, il est en perpétuel mouvement, donc en perpétuel déséquilibre. Penser que tout est stable, que tout est tranquille et que nous ne devons pas bouger de notre stèle est un leurre. Nous sommes impliqués dans la marche du monde, qu’on le veuille ou non, nous sommes aussi sans cesse en déséquilibre et nous devons sans cesse agir pour nous maintenir et sauvegarder notre intégrité. Si, au nom d’un certain « équilibre », nous ne faisons rien, alors il ne faut pas donner cher de notre peau. Et cela concerne aussi notre « tranquillité d’esprit ». Equilibre n’est pas indifférence et rien n’est plus révoltant que ces prétendus « sages » qui restent de marbre, comme des sphinx, alors qu’autour d’eux, leurs prochains se débattent dans des difficultés sans nom, luttent résistent, agissent non seulement pour améliorer leur sort, mais aussi celui des autres. Un tel comportement n’est pas digne d’un sage digne de ce nom, mais de sa caricature la plus éhontée. Méfions-nous donc d’une certaine « sagesse » qui s’accommode très bien des malheurs du monde et des autres, et plutôt que de se triturer inutilement les méninges et de sortir des arguments «capilotractés », il vaut mieux renoncer à cette « sagesse » et agir comme il se doit.

L'

Gaudius

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