La queste de Sire Olivier de Saint-Omer – 6ème et dernière partie

Posté par leblogdegaudius le 13 juillet 2013

Arrivés à la basilique, Sire Olivier nous réunit autour de lui et nous déclara gravement:

- Mes amis; c’est la première fois que je vous appelle ainsi, car vous m’avez vraiment aidé contre vents et marées, à triompher de tous les périls. Cette journée qui s’annonce sera avant tout la vôtre.

Je voulais que vous le sachiez; après cette cérémonie, j’aurai le droit d’armer chevalier tous ceux qui auront bien combattu, dans l’honneur, le courage et la dignité. Et c’est vous, fidèles entre les fidèles, qui serez mes pareils, pour continuer dans notre recherche commune, si tel est votre désir.

Le brave Dominique répondit pour nous:

- Sire Olivier, c’est plus que chacun peut espérer. C’est grande surprise et grand honneur qui nous échoit là. Redoutable, même. Aussi, vous demandons-nous une faveur. C’est la première en tout ce temps que nous avons été avec vous et vous ne pouvez nous la refuser.

- Parle, mon bon.

- Laissez-nous faire oraison avec vous. Nous voulons remercier le ciel de nous avoir épargnés de terribles dangers et de nous avoir donné un seigneur que nous avons plaisir à servir.

- Mes amis, j’allais vous demander la même faveur: prier avec moi. C’est une grande joie pour mon cœur d’avoir des amis tels que vous. Des frères, même. C’est ce que nous serons demain. Il n’y aura désormais plus de distance entre nous.

L’assemblée acclama Sire Olivier; « Noël au noble Sire Olivier! Noël! Noël!  » Soudain, une petite voix s’éleva du milieu de notre groupe.

- Moi aussi je veux devenir chevalier!

C’est un enfant qui avait parlé; une petite fille qui avait l’air admirative. Sire Olivier se pencha vers elle et lui sourit:

- Jeune dame, cela ne se peut. Le noble métier de chevalerie est réservé aux hommes. Mais peut-être serez-vous un jour compagne ou mère d’un chevalier? Votre tâche sera tout aussi exaltante, car c’est vous qui l’inspirerez et participerez à sa formation.

- Et vous, comment avez-vous fait?

- Mon père, le Sire de Saint-Omer, m’a donné très tôt le goût de la chevalerie. Ma noble mère m’a enseigné aussi tout ce qu’un bon fils doit savoir, et mes maître et devanciers m’ont initié au métier des armes. J’ai du prouver ma valeur et j’ai dû affronter mille épreuves qui m’ont forgé le caractère.

J’ai affronté le mal sous toutes ses formes, combattu bien des méchants et grâce à cela, le bon roi Régis m’honore de sa confiance et de son estime. Un grand chevalier se doit d’acquérir toutes les vertus s’il veut être respecté…

Le chevalier s’arrêta net et prit conscience qu’il était en train de se vanter.

- Mon dieu, que suis-je en train de faire?, disait-il, enfouissant son visage entre ses mains. Je me glorifie moi même et je déshonore la chevalerie toute entière… Je trahis mes engagements et de plus, je suis en train de tromper cet enfant innocent… Je ne suis pas digne de porter les armes… Je suis indigne de la confiance de ma Dame et de notre bon roi… Je ne suis rien… Je ne suis plus rien… Je me suis gonflé de moi-même… Puisse le ciel me pardonner mon fol orgueil.

Le chevalier courba la tête et s’effondra sur lui même.

Ah, enfant! Devais-tu être l’ultime obstacle que devait franchir notre bon et vaillant seigneur? Fus-tu un ange envoyé du ciel pour l’éprouver, comme on éprouve l’or?

Pendant que notre bon maître gisait ainsi, l’âme tourmentée et le cœur labouré, l’enfant posa sa main sur son épaule. Et la paix descendit dans son être torturé. Et l’enfant lui dit :

- Allons, relève-toi, bachelier .Tu a pris la mesure de ta propre vanité et tu connais à présent la vraie valeur de l’humilité.

Elle lui tendit un poignard.

- Prends cette miséricorde. Qu’elle te rappelle que tu ne dois te fier qu’à Dieu si tu veux vraiment œuvrer pour le bien de tous. A présent, suis-moi.

Guidés par l’enfant, Sire Olivier et nous-mêmes, ses compagnons fûmes conduits devant le roi Régis, qui attendait dans un recoin. Il nous accueillit avec un grand sourire.

- Je vois, Sire Olivier, que tu as franchi la dernière épreuve. Jamais la princesse Gaëlle ne t’aurait conduit ici si elle ne s’en portait garante par sa présence céans. En vérité, tu es l’image vivante du vrai et pur chevalier. Par ton exemple, tu seras l’inspirateur de beaucoup. Et l’offre généreuse que tu as faite à tes compagnons de devenir tes égaux me pousse à te demander une faveur.

- A moi, Sire? Qui suis-je pour accorder une faveur à celui de qui vient toute faveur?

- Il se trouve, beau chevalier, que je suis moi-même serviteur d’une cause qui nous dépasse tous. C’est une tâche qui demande beaucoup d’efforts et de sacrifices. Il s’agit de tout faire pour que les hommes, nos frères, puissent enfin connaître la Paix Profonde et s’unir à Dieu. Voilà le Grand Œuvre dont tant on a parlé.

Cette tâche, je ne puis l’accomplir seul. Aussi, je te demande si tu veux bien travailler à mes côtés, silencieux et inconnu, au bonheur de ton prochain, sous le signe de la Rose et de la Croix?

Notre sire répondit avec enthousiasme:

- Majesté, oui, mille fois oui!

Le roi lui remit alors une Rose-Croix, ainsi qu’un bouclier.

- Alors, Frère Olivier, reçois ce nouvel emblème sous lequel tu travailleras désormais. Et que ce bouclier soit pour toi le rappel constant de la protection dont tu entoureras les faibles et les démunis.

Et vous, ses fidèles compagnons, acceptez-vous de l’aider encore et toujours dans la grande tâche qui l’attend? Acceptez-vous d’œuvrer avec mes compagnons et moi-même, sans craindre déceptions et trahisons?

Tout le monde accepta. Ce fut encore Dominique qui prit la parole:

- Sire, lorsque nous avons décidé se servir notre noble seigneur, Sire Olivier, jamais nous n’aurions pensé que notre périple nous amènerait à de si grandes choses. Ce que nous avons donné n’est rien en comparaison de ce que nous avons reçu. Et voilà que de nouvelles faveurs pleuvent sur nous. Nous serions bien ingrats si nous nous arrêtions là.

A présent, nous savons tous que quel que soit l’endroit où nous serons, les moyens ne nous manqueront jamais de faire œuvres bonnes et utiles. Peut-être, nous ne deviendrons pas tous chevaliers, mais tous, aurons à cœur de servir notre roi et notre Seigneur de notre mieux.

- Je vous en remercie tous. Allons de ce pas offrir une action de grâce au bon Saint Rémi. Après quoi, nous nous réunirons en chapitre et ferons grand banquet pour fêter notre nouvelle alliance. D’ici là, que notre Seigneur Jésus-Christ vous ait en sa sainte garde et qu’il vous accorde tous les bienfaits du ciel. Amen.

Le roi, la princesse, Sire Olivier et tous les compagnons rentrèrent enfin dans la basilique et rendirent grâce. Puis nous laissâmes notre cher seigneur seul, comme le veut l’usage.

Le lendemain, il y eut grande messe, et ce fut notre bon roi lui-même qui l’arma chevalier et qui lui remit des armes toutes neuves, fabriquées toutes exprès dans les forges royales, et du plus bel aloi.

Après quoi il y eut de grandes réjouissances et de grands tournois.

Puis ce fut notre première réunion de chapitre, où nous prîmes connaissance des vœux de notre souverain et de la nouvelle mission qui nous serait impartie. Quelques uns d’entre nous devraient repartir sur les routes du royaume et aller là où on aurait le plus besoin de nous. Avant le départ, notre bon roi fit venir tout exprès un troubadour, qui était de notre Ordre, et qui nous livra un de ses plus beaux chants.

Vous révéler le nom de notre Ordre et notre mission précise, cher lecteur, je ne le puis. Qu’il vous soit permis toutefois de méditer sur ce beau texte que vous trouverez ci-après. Puisse-t-il vous inspirer et vous donner envie de vous mettre, vous aussi, en quête de la Rose des Sages.

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Pendant ce temps, dans l’espace, Dark Kador punissait un officier pour sa maladresse: ayant besoin d’échantillons biologiques, celui-ci avait téléporté plusieurs échantillons avec succès mais lorsqu’il en était arrivé à l’espèce humaine, il n’avait réussi qu’à téléporter une sorte d’armure, comme ils en portaient, mais de facture primitive. Dark Kador avait dû s’en débarrasser en vitesse avant de prendre la fuite car le vaisseau du Professeur Mars-El s’approchait dangereusement de lui

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