La queste de Sire Olivier de Saint-Omer – 4ème partie

Posté par leblogdegaudius le 4 mai 2013

Mais nos épreuves n’étaient pas terminées, loin de là. Jusqu’à présent, il avait suffit de braver des obstacles qui mettaient le corps en jeu.

Or, le combat qui s’annonçait maintenant était encore plus redoutable que l’autre, puisqu’il s’agissait d’un combat de l’esprit. Notre noble seigneur avait entendu parler d’un terrible sorcier qui vivait au cœur d’une étrange forêt. Il était très puissant et pouvait foudroyer d’un seul regard. Le pacte qu’il avait passé avec le Démon le rendait invincible. Nul, jusqu’à présent n’avait osé l’affronter et seul notre cher Sire Olivier avait décidé d’en finir.

Aussi, avait-il besoin plus que jamais de notre secours, car les forces démoniaques étaient encore plus redoutables que les plus redoutables brigands, comme Philippe le Terrible.

Après nous être recueillis un instant, nous allâmes rejoindre Sire Olivier, qui avait de même fait oraison, un peu à l’écart.

- Chers et loyaux amis, nous dit-il, l’épreuve qui vient s’annonce rude. Jusqu’à présent, vous n’avez pas encore failli et si Dieu veut bien nous prêter vie, c’est ensemble que nous vaincrons; et c’est ensemble que nous atteindrons le but.

Cependant, si l’un de vous doit renoncer, qu’il sache dès à présent qu’il ne lui sera pas tenu rigueur et qu’il aura droit à notre gratitude éternelle. En est-il qui désirent abandonner?

Personne ne répondit. Et qui ne dit mot, c’est qu’il consentait. Notre Sire Olivier en fut ravi et reprit ainsi:

- Soyez tous remerciés de votre indéfectible soutien. A présent, sus au sorcier!

Nous nous enfonçâmes dans la forêt, à la recherche de ce maudit magicien noir. Le décor était fantastique, et au fur et à mesure que nous marchions, les arbres devenaient de plus en plus tordus et rabougris, comme si un mauvais sort leur avait été jeté.

Assurément, c’était là le domaine de Satan, et il fallait bien du courage pour oser l’affronter sans le viatique de la prière. Mais le Seigneur était avec nous et nous serions vainqueurs!

Nous nous retrouvâmes comme par enchantement dans une petite clairière, devant une petite cabane où sortait de la fumée. Assis sous un hêtre tout tordu, une lance dans la main, un être tout aussi chétif et rabougri nous attendait.

Il était vêtu simplement, tout en noir. Avec son crâne dégarni et ses cheveux qui pendaient sur les côtés, il faisait penser à un charognard. Ajoutons à cela qu’il avait le nez proéminent, le menton en avant et que son regard brillait comme escarboucles.

En nous voyant arriver, il se leva et nous salua fort courtoisement.

- Mes nobles seigneurs et gentes dames, soyez les bienvenus dans mon humble domaine. Les visiteurs sont si rares! Grand honneur me faites, mes seigneurs, grand honneur me faites, et vous nobles dames!

Mais je vous en prie, avancez! J’attendais votre venue. Mieux, je l’espérais.

S’adressant à Sire Olivier:

- Voilà donc le très haut, très noble et très vaillant Sire Olivier de Saint-Omer. J’ai suivi tous vos exploits, noble bachelier.

- Comment cela, l’homme?

- Oui, beau Sire. Avec les yeux de l’esprit. Grands exploits avez accompli, en vérité. Dignes d’un grand chevalier. Vous avez su triompher de tous les obstacles et prouver votre valeur. Fort bien, fort bien. Vous êtes bien digne de votre rang.

- Que signifie tout cela?

Il montrait les arbres tordus.

- Ces arbres? Oh, simple caprice de jeunesse. Ils ont obéi à ma seule volonté. Grâce à ma science, j’ai pu me rendre maître des forces d’en bas. La nature n’a plus aucun secret pour moi et j’ai pu atteindre la plus haute connaissance qui soit. Et depuis, j’ai cherché partout un disciple qui soit digne de la recevoir à son tour.

C’est pourquoi, quand j’ai senti votre présence, j’ai su que vous parviendriez jusqu’à moi. Il me suffisait de vous attendre.

- Sorcellerie! Blasphémateur! Suppôt de Satan!

- Oh, noble seigneur, ne croyez pas cela. De méchantes gens vous auront abusés. Les médiocres ne peuvent que salir ce qui les dépasse.

Je sais que votre route ne s’arrêtera pas ici, et je connais le but de votre quête. Mais vous aurez besoin de tous les atouts pour triompher. Il vous faudra commander à la nature pour commander aux autres, et pour être leur providence. Qu’est-ce qu’un seigneur, s’il ne peut assurer aide et protection à ses sujets?

Vous devrez être au dessus du bien et du mal si vous voulez juger sagement. Mais pour cela, vous avez besoin de la connaissance que moi seul consens à vous offrir, puisque tant vous la méritez. Elle demandera de nombreux sacrifices et de nombreux efforts, car il faudra payer le prix. Mais c’est la seule voie si vous désirez vous élever encore.

Sire Olivier était fort troublé et se mit à réfléchir:

- Maîtriser les forces inférieures … Du pain pour les pauvres… La justice pour tous… Me serais-je trompé?

Je croyais trouver un être maléfique et me voilà face à un ermite… Par tous les saints du Paradis, le bonhomme n’est pas commun… Il est presque plaisant, même… Qui sait quelle sagesse il a acquise et par quelles macérations il est passé…

Son regard se perdait dans le vague. Pendant ce temps, le sorcier se rapprochait tout doucement de lui, et semblait le charmer insensiblement. Et nous, ses fidèles compagnons, sentions petit à petit les pensées nous fuir, puis les sensations. Seul un délicieux engourdissement nous saisissait chacun notre tour.

- En vérité, noble sire, reprit-il, c’est la Divine Providence qui vous a envoyé devers moi pour que j’achève votre formation. Obéissons donc à sa volonté, vous et moi. Ne repoussons pas notre destinée. Vous êtes promis à de hautes choses. Ma plus grande gloire aura été de vous aider à vous y préparer, et vous, à y parvenir.

Sire Olivier ne bougeait plus et son regard était vague. Le triomphe du sorcier était total, et nous, nous ne pouvions plus rien faire. Il s’adressa à nous en ces termes:

- Et vous, braves compagnons qui avez si bien soutenu Sire Olivier, vous aurez sa destinée en partage. Tout ce qui sera sien sera également vôtre. Et quand il atteindra aux plus hautes récompenses, vous serez là. Et quand on chantera ses hauts faits, pourrez-vous dire également:  »j’étais là ! »

Plus rien ne bougeait. Ah, ce regard pénétrant et envoûtant et cette voix de miel et de velours! Etait-il possible d’échouer aussi lamentablement? J’essayais de bouger et mon regard se posa par hasard sur le sol. Le mauvais avait profité de notre inattention pour tracer des signes magiques, plus efficaces que des lacs, et qui nous empêchaient de nous mouvoir.

Dans peu de temps, le sorcier nous aurait à sa merci. Allait-il faire de nous les esclaves du démon, nous faire rôtir, nous faire bouillir ou tout simplement nous tuer?

Non, il n’était pas possible que cela finisse ainsi, non, non, NON!

Je ne me rendis pas compte que j’avais crié. Mais cela brisa d’un seul coup le charme et réveilla notre cher seigneur, qui était furieux.

- Ah, méchant sorcier! , rugissait-il .Tu voulais me tordre l’âme tout comme tu as tordu ces arbres! Fourbe! Sans mes braves compagnons, j’étais à ta merci et me laissais pétrir comme cire molle! Tu as oublié que notre Seigneur Jésus-Christ est avec moi et me protège de sa grâce. Ton pouvoir maléfique ne peut plus rien contre moi et ta magie est définitivement brisée. Aussi, prépare-toi à mourir!

- Tu te trompes, noble bachelier, je ne désirais que ton bien et t’aider en tout.

- Il suffit! Tu vas payer pour tous tes crimes!

Sire Olivier dégaina aussitôt son épée. Le sorcier prit peur, lâcha sa lance et s’enfuit en hurlant avant qu’on ait pu le rattraper.

Sire Olivier ramassa alors la lance, s’empara d’une cotte de maille qui était suspendue et les confia à un compagnon. Le brave Dominique intervint:

- Pourquoi ne pas l’avoir poursuivi, Monseigneur? C’était chose aisée, à présent que vous avez détruit sa magie.

- C’est pourquoi cela n’était plus nécessaire. Il ne peut plus rien contre personne, à présent. Nous avons triomphé du mal et cela doit nous suffire. Pour le moment, nous devons continuer notre chemin.

- Où irons-nous, Monseigneur?

- Dans une auberge. J’ai grand-faim.

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Pendant ce temps-là, le Professeur Mars-El faisait des recherches sur une lointaine planète, à la recherche de traces d’humanoïdes. Il avait trouvé, non loin de grottes, des squelettes d’un petit rongeur dont les images ornaient les les murs des grottes, en compagnie d’animaux beaucoup plus imposants, dont les canines dépassaient de la bouche. On avait là la preuve indiscutable d’un culte rendu aux forces de la nature et le Professeur Mars-El avait bien l’intention d’en faire la disputation avec son grand rival, le Docteur Zo-Zot-An.

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