La queste de Sire Olivier de Saint-Omer – 3ème partie

Posté par leblogdegaudius le 6 avril 2013

Or, le lion en question regardait vers la prochaine ruelle, sombre, tortueuse, inquiétante, telle la Cour des Miracles de Paris. En tournant et retournant, elle aboutissait à des souterrains si nombreux et si profonds qu’une armée entière pourrait s’y abriter des années durant sans qu’on puisse la retrouver.

C’est là que se terrait Philippe le Terrible, chef de tous les brigands de la région, et qui en avait fait son fief. La légende veut qu’il ait été chevalier et qu’il ait forfait à l’honneur. Banni par le roi, il s’était réfugié dans ce coupe-gorge d’où il faisait régner depuis la terreur. Même les sergents du roi le craignent et n’osaient investir ses quartiers, plus sûrs que la forteresse la mieux défendue. Avant de s’engager dans ce dédale, Sire Olivier se tourna vers nous:

- Mes amis, un rude combat nous attend. Celui qui vit dans cette tanière est bien l’être le plus féroce et le plus malfaisant que cette terre aie jamais portée. Je crains quelque fourberie du félon, aussi, je vous prie de veiller avec moi à la régularité du combat que nous ne manquerons pas de mener. Et si jamais je devais perdre la vie, promettez-moi de continuer ce que je n’aurai pas pu réaliser.

Dominique, son serviteur prit la parole:

- Monseigneur, en vérité, je crois que tous ici veilleront à leur devoir et ne vous failliront point. S’il le faut, nous occirons le traître si jamais il s’avisait de quelque fourberie à votre égard.

- Grand merci, amis chers et fidèles. fit notre cher et valeureux seigneur. A présent, avançons, mais restons sur nos gardes, car le scélérat nous guette sûrement.

 

Nous suivîmes Sire Olivier dans la ruelle d’Enfer, la bien nommée, craignant qu’à chaque détour, une armée de brigands redoutables nous assaille par surprise sans que nous puissions riposter. S’engager dans ce boyau avait été une lourde erreur, et je faillis le dire à notre sire quand nous aboutîmes à une place dégagée. Là, quelqu’un nous attendait. C’était Philippe le Terrible, ce maudit, bien décidé à nous faire mauvais sort.

- Et bien, mes nobles seigneurs! Je vous trouve bien hardis d’oser vous promener sur mes terres sans m’en avoir demandé la permission. Vous mériteriez le gibet pour un tel affront!

Sire Olivier intervint:

- Il suffit, mauvais chevalier! Nous savons comment vous avez acquis vos biens: par traîtrise et félonie. Vous déshonorez la chevalerie et vous devrez être puni!

- Ces terres, enfant, je les ai conquises de haute lutte et en combat loyal. Elles sont miennes de par le droit du plus fort et de la volonté de Dieu. Nul ne me les contestera sans périr.

- Je suis prêt à mourir pour que justice soit rendue.

- Voyez-vous ce drôle! Il veut tâter de mon épée! Je te ferai voler la tête avant que tu aie pu faire un seul geste. Alors, renonce, pendant qu’il en est encore temps. Et ne crois pas que j’épargnerai tes compagnons. Je ne crains rien ni personne!

- Laisse mes amis en dehors de notre querelle et bats-toi, lâche!

- Un combat singulier? Soit! Je relève le défi. Mais pas ici. A trois lieues d’ici se trouve un endroit dégagé où nul ne nous dérangera. Mais il faut que tes compagnons s’engagent à ne rien tenter, quoiqu’il arrive.

Il se tourna vers nous et nous ordonna:

- Jurez!

Sire Olivier nous regarda et acquiesça. Il nous fallut donc tous jurer.

- Bien, reprit le brigand, j’ai votre parole. Faisons diligence, car je veux rentrer pour souper. Chez moi, bien sûr. Toi, beau bachelier, tu souperas ce soir chez messire Belzébuth.

Le félon enfourcha une monture qu’une de ses âmes damnées lui amena puis partit prestement vers la forêt. Sire Olivier n’eut d’autre recours que de le suivre, accompagné de son fidèle serviteur, nous laissant là avec nos charrettes et nos bagages que nous avions laissés à l’entrée de la ruelle d’Enfer. Il nous fallut rebrousser chemin et sortir de la ville par une autre porte, tant bien que mal, nous hâtant pour ne pas laisser notre sire tout seul.Nous parvînmes après deux bonnes heures dans une petite clairière où nous eûmes la joie de retrouver Sire Olivier en un seul morceau. Au moins, le traître tenait parole. D’ailleurs, il vint nous rejoindre par un autre chemin, seul, arrogant, tellement sûr de sa victoire qu’il n’avait même pas pris la peine de se faire accompagner. Plein de morgue, il s’adressa à notre bon sire en ces termes:

- L’endroit est-il à ta convenance, enfant?

- Certes. Mais pour faire bonne mesure, mes hardis compagnons formeront eux-mêmes l’enceinte. Ainsi combattrons-nous en champ clos. Y es-tu?

- Il suffit! Battons-nous enfin!

Ils se ruèrent l’un sur l’autre, frappant d’estoc et de taille, tenant leur épée à deux mains. Le brigand était d’une force peu commune et de plus, il avait la pratique du combat, ce que, malheureusement, Sire Olivier ne possédait pas bien. Mais il avait pour lui la bravoure, la noblesse d’un cœur généreux et le courage du lion. De plus, Notre Dame la Vierge et tous les anges et les saints du paradis étaient à ses côtés.

Il se battait bravement, vaillamment, mais commençait à perdre pied. Le brigand, lui, semblait de plus en plus fort à chaque coup et Sire Olivier avait du mal à faire front.

Il était prêt de succomber quand il se rappela le doux visage de sa Dame. Celle-ci, toute en prières, l’encourageait de chez elle. Voyant cela, un ange du paradis vint apporter sa prière jusques à notre Seigneur Jésus-Christ qui fit souffler sur lui son esprit et lui restaura toutes ses forces. Cela, c’est la pure vérité. Finalement, Sire Olivier parvint à vaincre le mauvais guerrier et à le désarmer. Celui-ci tenta de faire front bravement et lança un dernier défi :

- Et bien qu’attends-tu? Achève ce que tu as commencé et tue-moi, puisque tu en as le pouvoir. Un peu de courage!

Sire Olivier resta un moment silencieux, puis il reprit :

- Ta vie n’appartient qu’à notre Seigneur. Te tuer ne rendrait pas justice à ceux que tu as outragés. Il faut que tu sois jugé en toute équité. Je ne chercherai donc pas vengeance.Tu m’as demandé de faire preuve de courage, et bien le courage, c’est cela: renoncer à la vengeance pour laisser place à la justice. Et c’est assez causer pour ce jour. Allons, compagnons. Confions-le aux prévôts du roi et continuons notre route.

Il confia l’épée à un des compagnons pour le garder comme trophée, et deux d’entre nous allâmes livrer le félon aux sergents du roi qui se firent un plaisir de l’accueillir en leur hostellerie.

La queste de Sire Olivier de Saint-Omer - 3ème partie dans Les histoires de Gaudius combat-chevalier-232x300

Pendant ce temps là, sur une planète dont on a oublié le nom, une race humanoïde était responsable de la disparition du dernier shepiok mordoré (petit rongeur ressemblant à nos écureuils, mais avec des bajoues). Pour se couvrir et avoir chaud, ils devraient se résoudre désormais à chasser le papouth (mammifère ressemblant vaguement à nos éléphant, mais avec de la fourrure). Un papouth valait 150 shepioks, mais sa peau était plus difficile à tanner et sa fourrure était beaucoup moins douce. Les humanoïdes en question élaboraient déjà d’autres stratégies…

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