La queste de Sire Olivier de Saint-Omer – 2ème partie

Posté par leblogdegaudius le 3 mars 2013

Mais l’heure du repas approchait et chez certains, messire Gaster se rappelait à leur attention. Nous entamâmes sans plus tarder les rôtis et les pâtés, ainsi que le bon pain de froment que nous avions emporté dans nos bagages, sans oublier de dire les grâces, et fîmes honneur aux barriques de vin qu’un compagnon eut la bonne idée d’emmener.

Phébus dardait ses rayons sur nous tandis qu’un oiselet guilleret nous régalait l’ouïe de sa mélodie enchanteresse. En vérité, nous étions bien, et notre repas bien garni commençait à faire ses effets. Déjà, certains dormaient benoîtement et se mettaient à ronfler. Mais l’heure s’avançait et il fallait reprendre la route.

L’un de nous demanda:

- Noble sire Olivier, n’est-il pas grand temps de repartir? Il nous faut trouver ce lion qui nous mettra sur la voie.

- C’est bien conseillé, compagnon, concéda notre sire. Allons, remettons-nous en chemin!

- Mais où est ce lion dont la dame nous a parlé?

- Te souviens-tu de l’énigme?

- Aller à la place du Roi. Au palais, donc. Mais y trouverons des lions? Notre Sire n’aime que les chiens. Peut-être sous le trône, qui sait? Il y a bien des lions sculptés, mais jamais on ne nous laissera commettre un tel sacrilège!

- Ta raison t’égare, mon bon. Place du Roi, c’est Place Royale. Quant au lion parlant que nous y trouverons, et bien… Advienne que pourra!

 

Péniblement, lourdement, nous nous remîmes donc en route. Après avoir fait bien du chemin, nous arrivâmes devant une fontaine. Voilà qui serait bien pour faire boire les chevaux. Devant elle se trouvait une femme, qui semblait attendre on ne sait quoi ou qui. Elle était richement parée et ne se gênait pas pour dévoiler ses « avantages ». Bien des yeux s’allumèrent, car nous avions compris ce qu’elle faisait ordinairement. Lorsqu’elle aperçut Sire Olivier, elle fit la plus gracieuse des révérences.

- Bonjour à vous, gentil bachelier, dit-elle dans un grand sourire. Belle journée, en vérité. Désirez-vous vous délasser? Je connais un endroit fort agréable, ma foi, ou de belles dames se feraient grande joie de vous accorder tout ce que vous désirez. Et si moi-même, je puis vous être agréable…

Sire Olivier ne répondit pas, car il était fort troublé. On l’aurait été à moins devant si charmant tableau. Mâtin la belle fille!

Notre Sire Olivier avait été formé à la dure école des armes et il avait trempé son corps et son esprit à toutes disciplines. Rarement avait-il eu l’occasion de goûter aux délices de la vie. On raconte même qu’il n’avait jamais connu femme ou pucelle. Et voilà qu’une fille folieuse lui tombait tel un cadeau du ciel. Grand prodige, en vérité. Allait-il enfin succomber? La donzelle avait un je-ne-sais-quoi qui chavirait l’âme et les sens.

La belle se faisait plus insistante:

- Allons, noble sire, vous n’allez pas faire l’affront de refuser mon hospitalité! Ma maison est accueillante et mes gens fort dévoués envers les braves et nobles soldats. Dites un mot, parlez, par la grâce de Dieu!

Après un moment, Sire Olivier prit une grande respiration:

- Dame, soyez remerciée pour votre hospitalité. Mais je ne puis accepter ce que vous m’offrez si … généreusement. En vérité, ce serait grandement offenser le Seigneur que d’offenser dame ou pucelle. Je devine qu’on vous a contrainte à exercer ce vilain métier. Parlez sans crainte, dites qui vous force. Au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, je châtierai les coupables et vous rendrai votre honneur!

Dès lors, la belle changea complètement d’attitude. Comme par magie, d’autres vêtements la recouvrirent, lui donnant allure plus noble.

- Doux Sire, lui dit-elle enfin, point n’aurez besoin d’en arriver là, car ce que vous voyez là n’est qu’apparences et masques, et vous avez bien passé l’épreuve. Vous avez su domestiquer vos appétits sensuels et faire preuve de chasteté.

Vous avez prouvé que vous étiez digne de votre titre. En vérité, votre noblesse et votre grandeur d’âme m’ont touchée à ce point que je désire être à vous et à nul autre.

- Noble Dame, votre offre me trouble plus encore, mais je dois encore refuser. J’ai fait serment de ne point prendre épouse et de me consacrer à notre Seigneur et à Notre-Dame, Madame Marie.

J’en ai le cœur tout navré car j’éprouve pour vous un sentiment qui ne vient pas de la chair. Mon esprit en est tout exalté, comme si je touchais à la suprême félicité.

- Ce sont nos âmes qui ont communié. Et ce dont vous parlez s’appelle l’Amour. Un amour épuré, sincère et vrai. Un de ces amours terrestres qui touche à l’Amour Céleste.

- Dame, je vous serai fidèle à jamais. Mais je dois également respecter mon serment. Aussi, pourquoi ne pas nous lier par le serment du sang? Nous serons plus proches que frère et sœur, et nous resterons tous deux purs.

- Qu’il en soit ainsi!

Et ainsi fut fait. Sire Olivier et la Darne s’entaillèrent chacun le doigt et mélangèrent leur sang. Puis elle lui demanda d’attendre un moment et rentra dans une petite maisonnette, bien coquette et bien proprette. Elle en ressortit, portant un heaume et des jambières, ainsi qu’une épée qu’elle remit à notre Sire.

- C’était l »épée de mon père. Il a combattu vaillamment toutes les forces du mal et me l’a remise pour l’offrir au chevalier qui serait digne d’elle. Elle vous aidera à débarrasser notre bonne ville d’un brigand qui infeste nos rues et nous rend la vie dure.

-Madame, je jure de me montrer toujours digne d’elle et de votre confiance. Mais avant de repartir, je dois trouver un lion qui me mettra sur la voie. Où le trouverai-je?

La Dame l’emmena devant un lion de bronze, de l’autre côté de la fontaine.

- Voici votre lion, beau bachelier. Interrogez-le.

Comme notre sire n’y entendait goutte, elle reprit:

- Vous avez dompté votre lion intérieur, pour devenir vous-même un lion. Sa force et son courage vous sont acquises pour le bien d’autrui.

Mais il y a d’autres lions dans cette vie, et qui se terrent dans leur tanière. Le brigand dont je vous ai parlé est de ceux-là. Allez, et faites bonne justice. Le lion vous montre le chemin.

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Pendant ce temps là,sur la planète Tatawinn, Luke Whitesoccer avait une explication orageuse avec son coach, Dark Kador:

- Luke, je suis ton père!

- Même pas vrai! Ma mère me l’aurait dit!

-Mais, Luke…

- Nan! D’ailleurs, j’en mettrais ma main à couper!

2 Réponses à “La queste de Sire Olivier de Saint-Omer – 2ème partie”

  1. affilorama dit :

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